Un pendentif orné d’une menorah, vieux de 1300 ans, découvert près du mont du Temple
Les archéologues l'ont découvert dans les vestiges d'un bâtiment byzantin tardif datant de la fin du 6e siècle ou du début du 7e siècle - une période où, selon les sources historiques, les Juifs n'étaient pas autorisés à entrer à Jérusalem
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Pendant des siècles après que la destruction du Second Temple en 70 après l’ère commune par les Romains., puis rasé Jérusalem en 135 après J.-C. pour la rebaptiser Aelia Capitolina, les Juifs ont été interdits de séjour dans la ville qui avait représenté pendant un millénaire le cœur battant de leur identité nationale et religieuse.
Et pourtant, une nouvelle découverte archéologique suggère que certains Juifs, au cours des derniers siècles de la période byzantine, auraient pu revenir dans la ville, voire y vivre, à l’ombre du mont du Temple.
L’Autorité des antiquités d’Israël (IAA) a annoncé lundi la découverte d’un pendentif rond en plomb moulé, décoré d’une menorah à sept branches sur les deux faces, datant d’environ 1 300 ans, lors de fouilles archéologiques au parc archéologique Davidson à Jérusalem.
« Nous avons fouillé entre deux murs datant de la période omeyyade [638-750 après l’ère commune] et nous avons examiné les remblais laissés dans un bâtiment byzantin », a déclaré Esther Rakow-Mellet, archéologue à l’IAA, au Times of Israel, tout en montrant le site de fouilles à notre journaliste. « C’est dans les fondations que nous avons trouvé [l’artefact]. »
« Selon des sources historiques, depuis la période romaine, les Juifs avaient l’interdiction d’entrer à Jérusalem, mais il s’agit clairement d’un symbole juif », a-t-elle ajouté.
L’endroit où l’artefact a été découvert ne pouvait être plus frappant. Le site est situé au pied du mont du Temple, dans la zone de l’arche de Robinson, qui soutenait autrefois l’escalier menant au Temple, à l’extrémité sud du mur Occidental. Les visiteurs qui visitent le parc archéologique Davidson peuvent encore marcher sur une partie de la rue du Ier siècle de l’ère commune.
Les fouilles actuelles se situent entre cette zone et le début de la route dite « route du pèlerinage » menant au mont du Temple, un chemin de 600 mètres de long qui part du bassin de Siloé, dont les vestiges se trouvent aujourd’hui dans le parc national de la Cité de David, situé dans le quartier majoritairement palestinien de Silwan. Les chercheurs pensent que les pèlerins se purifiaient dans le bassin avant de monter la rue.
Selon Rakow-Mellet, la zone de fouilles comprend les vestiges omeyyades, le bâtiment byzantin et une structure qui, d’après les premières conclusions, semble dater de la période romaine (Ier siècle à IVe siècle de l’ère commune).
Le pendentif a été daté sur la base des nombreuses poteries, pièces de monnaie et autres objets retrouvés dans la même couche archéologique.
« Tout indique qu’il date de la fin de la période byzantine, soit du VIe au VIIe siècle », a déclaré Rakow-Mellet. « Cela vaut également pour le style de la menorah, même si, malheureusement, il nous manque la partie du pendentif représentant sa base, qui nous aurait fourni davantage d’informations. »
Selon Rakow-Mellet, cet artefact n’est pas la première découverte suggérant une présence juive dans la région à une époque où les Juifs n’étaient pas censés s’y trouver.
« Il y a environ 50 ans, [le défunt archéologue] Eilat Mazar a fouillé une maison qui est devenue connue sous le nom de « maison de la menorah » parce que quelqu’un avait recouvert d’un enduit une croix sur l’arcade au-dessus d’une porte et peint deux menorot », explique Rakow-Mellet.
La maison, qui date également de la fin de la période byzantine et qui ressemble beaucoup au bâtiment actuellement en cours de fouille, est située à quelques pas de l’endroit où le pendentif a été trouvé.
« Cela semble suggérer que les Juifs ne se sont pas contentés de visiter Jérusalem, mais qu’ils y ont vécu, même s’il ne s’agit que d’une hypothèse », a-t-elle déclaré.
Entre-temps, selon l’archéologue, l’arcade qui portait la décoration a disparu, ce qui ne fait qu’épaissir le mystère.
« Peut-être réapparaîtra-t-elle un jour dans un entrepôt », a déclaré Rakow-Mellet.
En outre, un médaillon en or plus grand, gravé d’une menorah, a été trouvé il y a plusieurs décennies lors des fouilles menées par Mazar dans le quartier voisin d’Ophel. Il date approximativement de la même période que le pendentif en plomb.
Une autre explication possible de la présence de Juifs au cœur de Jérusalem est qu’ils sont revenus pendant les quelques années où la ville était sous domination perse sassanide, entre 614 et 628 de l’ère commune.
« Nous savons que les Perses ont autorisé les Juifs à revenir », a expliqué Rakow-Mellet. « Sur le plan archéologique, il est très difficile d’identifier les vestiges de ces années, car la période est trop courte et les découvertes sont pour la plupart similaires à celles de la fin de la période byzantine. Cependant, nous continuons à analyser de nombreuses pièces de monnaie et autres découvertes, notamment des vestiges de verre, que nous avons trouvés dans le bâtiment. Nous aurons peut-être plus de réponses à l’avenir. »
S’il n’est pas possible de dater le pendentif de manière indépendante, l’archéologue a toutefois déclaré qu’ils avaient prélevé des échantillons organiques dans le bâtiment pour les dater au radiocarbone.
« Nous devons attendre les résultats », a noté Rakow-Mellet.
Ce pendentif constitue également une découverte sans précédent, car aucun artefact en plomb de ce type n’avait jamais été découvert lors de fouilles archéologiques.
« Nous n’avons qu’un seul exemple de pendentif similaire dans un musée américain, mais nous ne connaissons pas son origine », a déclaré Rakow-Mellet, en référence à un médaillon qui fait partie de la collection du Walters Art Museum de Baltimore. « En revanche, des objets similaires fabriqués dans des matériaux différents et datant de la même période ont déjà été trouvés. »
Les chercheurs de l’IAA pensent que cet artefact pourrait être une amulette, ou un objet censé posséder des pouvoirs spéciaux, plutôt qu’un simple bijou, car le plomb était souvent utilisé à l’époque pour fabriquer des amulettes.
Les fouilles, menées par l’IAA en coopération avec la Fondation de la Cité de David et la Société pour la restauration et le développement du quartier juif, se poursuivent. Les archéologues ont encore de grandes quantités de terre à retirer et à analyser, ainsi que d’autres structures à mettre au jour.
« Pour l’instant, nous avons beaucoup de questions et peu de réponses », a déclaré Rakow-Mellet. « Nous espérons en savoir plus. »
À l’occasion de Hanoukka, qui se déroule du 14 au 22 décembre, le pendentif décoré d’une menorah sera exposé au Campus national Jay et Jeanie Schottenstein pour l’archéologie d’Israël à Jérusalem.
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







