Un policier interrogé sur les liens présumés entre un rappeur controversé et la police
Remis en liberté sous contrôle judiciaire, le policier est entendu alors que "The Shadow", est soupçonné d’avoir utilisé ses contacts dans la police pour éviter des poursuites
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Dimanche, le Département des enquêtes internes de la police (DIPI) a interrogé un agent dans le cadre d’allégations révélées par un reportage du journal Haaretz. Le rappeur et influenceur controversé Yoav Eliasi, connu sous le nom de scène « The Shadow », est accusé d’avoir abusé de ses relations avec la police.
L’interrogatoire de l’agent a duré plusieurs heures, après quoi il a été remis en liberté sous conditions restrictives, le DIPI ayant ouvert une enquête officielle sur cette affaire.
Des enregistrements et d’autres éléments cités dans l’enquête publiée la semaine dernière indiquaient qu’Eliasi avait utilisé ses liens avec la police pour éviter de lourdes sanctions à la suite d’incidents violents survenus dans une discothèque de Tel Aviv dont il était copropriétaire.
Eliasi était le capitaine de l’équipe de sécurité civile de la région de Tel Aviv et un fervent partisan du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a défendu ces brigades de volontaires à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Le rappeur a été suspendu de ses fonctions au sein de l’équipe de sécurité à la suite de la publication de l’enquête par Haaretz, qui affirmait qu’il s’était vanté d’avoir empêché la fermeture de la discothèque John Doe, située sur le très animé boulevard Rothschild, à Tel Aviv, après qu’un agent de sécurité y avait été poignardé en septembre.
Par ailleurs, le chef de la police israélienne, Danny Levy, a ouvert une enquête à ce sujet.
À l’époque, Eliasi était associé dans une société détenant une participation dans l’immeuble abritant la discothèque.
S’appuyant sur des enregistrements audio obtenus par le média, l’article indique qu’Eliasi aurait déclaré à l’un de ses associés qu’il « faisait comprendre » à la police qu’elle ne pouvait pas toucher à cette boîte de nuit.
Il aurait également exhorté son associé à l’appeler en cas de problème avec les forces de l’ordre. « Tu m’appelles tout de suite, quelle que soit l’heure », aurait-il dit.
Des employés ont déclaré au média qu’Eliasi avait réussi à faire fermer les locaux pendant une semaine, au lieu des 21 jours habituels, à la suite de l’agression à l’arme blanche survenue en septembre.
La semaine dernière, les avocats du rappeur ont déclaré à Haaretz et à la chaîne N12 qu’il n’avait pas été officiellement démis de ses fonctions, mais qu’il avait choisi de se mettre en retrait jusqu’à nouvel ordre, tandis que la police poursuit son enquête sur ces soupçons.
Eliasi a déjà suscité la polémique par le passé. Il est en effet accusé d’avoir abusé de ses pouvoirs, notamment lors d’un incident survenu en juin 2025, pendant la guerre contre la République islamique d’Iran. Lui et son équipe de sécurité civile avaient alors interpellé un groupe de journalistes étrangers sur le site d’un impact de missile à Tel Aviv, avant qu’un porte-parole de la police ne les libère.
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