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Un proche d’un officiel haredi soupçonné d’agression sexuelle placé en détention

Chaim Rotter, chef de l'organisation Shomrim à Bnei Brak, est soupçonné d'avoir agressé des femmes et des mineurs pendant des décennies

Chaïm Rotter, soupçonné d’agressions sexuelles en série, lors d'une audience au tribunal de Tel Aviv, le 2 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Chaïm Rotter, soupçonné d’agressions sexuelles en série, lors d'une audience au tribunal de Tel Aviv, le 2 juillet 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Un juge du tribunal de Tel Aviv a décidé lundi de maintenir en détention un proche de Chaim Rotter, le chef de la patrouille Shomrim à Bnei Brak, qui fait l’objet d’une enquête pour agressions sexuelles en série sur des mineurs et sur des femmes adultes.

Rotter, dont les agressions présumées remonteraient à plusieurs décennies, a été arrêté mercredi à l’aéroport Ben Gurion alors qu’il rentrait en Israël. Son identité, jusqu’alors placée sous embargo dans ce dossier, a été révélée le lendemain.

La police a fait savoir que ce bras droit de Rotter, un habitant de Bnei Brak qui est âgé d’une vingtaine d’années, resterait incarcéré jusqu’à mercredi dans le sillage d’un jugement rendu par le tribunal des magistrats de Tel Aviv. Le placement en détention provisoire de Rotter lui-même a été prolongé jusqu’à jeudi de cette semaine.

L’individu incriminé s’appelle Yoel Yosef. La police le soupçonne d’avoir utilisé des pratiques d’intimidation à l’encontre des victimes de Rotter afin de garantir qu’elles garderaient le silence. Il aurait été complice de ses crimes et il aurait fait obstruction aux investigations de la police.

Cinq personnes ont été arrêtées dans ce dossier depuis le début de la semaine – toutes sont liées à Rotter – mais il est le seul à avoir été amené devant les juges pour une prolongation de sa détention provisoire, lundi. Les quatre autres ont été remis en liberté dimanche, avec cinq jours d’assignation à résidence.

Rotter est le chef de la patrouille Shomrim, une organisation de sécurité privée qui mène des opérations à Bnei Brak en coordination avec les rabbins et avec les forces de l’ordre de cette ville à majorité haredi.

Illustration : La rue principale de Bnei Brak, le 17 août 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il est soupçonné d’agressions sexuelles à l’encontre de nombreux jeunes bénévoles de l’organisation. Il aurait aussi exploité sa position et ses relations avec les autorités rabbiniques et avec la police locale pour dissuader les victimes de porter plainte.

Certaines victimes de Rotter étaient, semble-t-il, âgées d’à peine de 12 ans.

Si l’enquête consacrée à Rotter avait été initialement menée par des agents du commissariat de police de Bnei Brak, elle a depuis été confiée à une équipe d’enquête spéciale de la police de la région de Dan, dans le district de Tel Aviv.

Yossi Rubenfeld, l’une des victimes présumées de Rotter qui avait déposé une plainte contre lui en 2016, a appelé les autres personnes agressées par le chef de patrouille à se manifester.

« Personne ne nous intimidera et personne ne nous menacera. Je lance un appel à tous ceux qui ont subi des atteintes – ne restez pas silencieux. Allez au poste de police, déposez plainte et exigez un traitement complet [de votre dossier]. C’est le moment de s’unir, de faire preuve de courage et de vérité. La justice est de notre côté », a écrit Rubenfeld sur Facebook.

Il a indiqué que les plaintes qu’il avait déposées contre Rotter au fil des ans étaient restées lettre morte du côté des enquêteurs.

« Pendant toutes ces années, j’ai parlé, je leur ai demandé de me croire, et personne ne m’a écouté. En 2016, j’ai eu le courage de me plaindre à la police. Je me suis mis à nu – exposé, blessé et sincère – et ils m’ont également tourné le dos à ce moment-là », a-t-il écrit.

Ces derniers jours, Rotter aurait été placé sous surveillance, les policiers craignant qu’il ne tente de se suicider. Les autorités l’ont placé dans une cellule équipée de caméras de surveillance pour s’assurer qu’il ne mettrait pas fin à ses jours, a fait savoir le quotidien Haaretz.

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