Un rabbin israélien reproche au pape de comparer les guerres à Gaza et en Ukraine
Le rabbin a mis en garde contre le risque de fragilisation du dialogue interreligieux entre Juifs et Chrétiens, acquis de haute lutte
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Le rabbin Eliezer Simcha Weisz, membre du Conseil interreligieux du Grand Rabbinat d’Israël, a adressé dimanche une lettre au pape Léon XIV pour lui exprimer son inquiétude suite aux propos du pontife concernant de prétendus similitudes entre la situation à Gaza et en Ukraine.
« Faire preuve de compassion envers ceux qui souffrent est proprement admirable et profondément humain. Toutefois, en entendant parler de Gaza et de l’Ukraine dans la même phrase – sans faire de distinguo moral, sans parler des otages israéliens toujours aux mains du Hamas – nous sommes nombreux, au sein du monde juif, à avoir entendu une équivalence douloureuse et profondément blessante », a écrit Weisz mercredi, selon le texte de la lettre, communiqué au Times of Israel par un porte-parole du rabbinat.
C’est devant un million de jeunes rassemblés dans la banlieue de Rome pour le « Jubilé de la jeunesse », dimanche dernier, que le pape Léon a déclaré : « Nous sommes avec les jeunes de Gaza, nous sommes avec les jeunes d’Ukraine. »
Depuis son élection en mai dernier, le pape Léon a régulièrement parlé de paix et fait part de son inquiétude vis-à-vis de la situation à Gaza, en mentionnant très rarement les otages israéliens qui y sont séquestrés. Il reste 50 otages aux mains des organisstions terroristes à Gaza – 49 d’entre eux enlevés lors du pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, plus le corps d’un soldat israélien tué et capturé en 2014. Vingt de ces otages seraient encore en vie d’après les autorités israéliennes.
« La compassion enevrs un peuple ne devrait jamais se faire au détriment de la justice envers un autre peuple », a écrit Weisz. « Toutes les souffrances sont dignes de prières, mais toutes les souffrances ne sont pas infligées par les mêmes mains et il ne faut pas parler de tous les conflits dans les mêmes termes. »
Le rabbin a mis en garde contre le risque, à l’occasion du 60e anniversaire de Nostra Aetate – la déclaration historique rejetant la notion de culpabilité juive collective pour la mort de Jésus et appelant au dialogue avec les religions non chrétiennes –, que cette réconciliation chèrement acquise soit fragilisée.
« C’est dans l’esprit de ce pacte que je fais part de mes préoccupations », a écrit Weisz.
« À un moment où l’antisémitisme se répand, une fois encore – dans les rues des capitales occidentales, les universités et, tragiquement, au sein-même de certaines églises – la clarté morale est plus essentielle que jamais. L’absence d’empathie envers les victimes israéliennes, en particulier celles qui sont toujours en captivité, envoie un message douloureux et risque de saper les bases de l’extraordinaire réconciliation opérée depuis Nostra Aetate. »
Weisz est par ailleurs membre du puissant Conseil du Grand Rabbinat, organe directeur composé de 10 rabbins et dirigé par les deux grands rabbins d’Israël. Cette organisation est la plus importante autorité en matière de loi juive pour le gouvernement et le fournisseur de services religieux partout dans le pays.
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