Un tunnel antique, qui pourrait avoir des milliers d’années, découvert à Jérusalem
La datation et la fonction restent à déterminer ; la construction a nécessité d’importantes ressources et une main-d’œuvre considérable selon les archéologues
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Un tunnel antique, dont la fonction et la datation demeurent encore mystérieuses, a été découvert près du kibboutz Ramat Rachel, a annoncé jeudi l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA).
Le tunnel, long d’environ 50 mètres, a été mis au jour lors de fouilles de sauvetage menées avant la construction d’un nouveau quartier résidentiel dans la zone. En Israël, la loi impose des études archéologiques préalables à tout grand projet de construction.
« Au début, nous pensions qu’il s’agissait peut-être d’une grotte naturelle, mais nous avons rapidement réalisé que cela ne pouvait pas être le cas », a expliqué au Times of Israel Zinovi Matskevich, codirecteur des fouilles pour l’IAA dans un entretien téléphonique. « La construction d’un tel tunnel a nécessité des ressources importantes et une main-d’œuvre considérable. »
Le tunnel comprend notamment un escalier ainsi qu’une entrée aménagée.
« Nous n’avons pas encore pu le fouiller entièrement », a ajouté Matskevich. « Même pour nous, cela représenterait un chantier colossal. Nous avons toutefois creusé plusieurs sondages et constaté qu’à certains endroits, la hauteur sous plafond atteint près de cinq mètres, ce qui est énorme. Nous avons alors commencé à nous demander quand ce tunnel avait été construit et dans quel but. »
À ce stade, les archéologues ne disposent toutefois d’aucune réponse définitive.
« Nous avons envisagé l’hypothèse d’une structure moderne liée à l’histoire complexe du 20e siècle », a poursuivi Matskevich. « Mais cela ne correspond pas aux éléments observés. Une importante accumulation de matériaux s’est formée en plusieurs phases, ce qui exclut une origine récente. »
Le tunnel était rempli de débris qui, selon les spécialistes de l’IAA, se seraient accumulés sur plusieurs centaines, voire des milliers d’années.
Interrogé sur la présence d’objets permettant de dater précisément la structure, Matskevich a expliqué que les archéologues avaient découvert des fragments de poterie ainsi que des outils préhistoriques en silex datant du Néolithique, sans que ceux-ci puissent être directement reliés à la construction du tunnel.
Le secteur où se trouve le tunnel abrite également plusieurs autres structures anciennes susceptibles d’y être liées.
« Ramat Rachel se situe à seulement un demi-kilomètre à l’ouest du site, et l’endroit a été occupé depuis l’âge du Fer [1200-586 avant notre ère] jusqu’à l’époque islamique [7e-11e siècle] », a indiqué Matskevich. « Nous observons de nombreux bâtiments administratifs datant aussi bien de l’âge du Fer que de la période romaine, dont la construction nécessitait d’importantes quantités de pierre. Notre hypothèse principale est donc que ce tunnel servait en réalité de carrière souterraine. »
Des résidus d’extraction ont été retrouvés au sol, tandis qu’un puits creusé dans le plafond pourrait avoir servi à ventiler le tunnel. Ces éléments renforcent l’hypothèse d’un site d’extraction, peut-être destiné à atteindre une couche de calcaire tendre.
Selon Matskevich, le tunnel aurait probablement été creusé il y a au moins 2 000 ans, à l’époque romaine, voire plus tôt, sans qu’il soit encore possible de l’affirmer avec certitude.
Ce qui semble certain, en revanche, c’est que sa construction a mobilisé d’importants efforts humains et logistiques, révélant un projet mûrement planifié.
« L’archéologie à Jérusalem réserve toujours des surprises », a conclu Matskevich. « Pourtant, cela fait plus de vingt ans que je travaille à Jérusalem et je n’ai jamais découvert quelque chose d’aussi surprenant et fascinant que ce tunnel, qui soulève encore tant de questions. »
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