Une balade à Tel Aviv à Yom HaAtsmaout : dans un calme fragile, la ville respire
Après des semaines de guerre et dans un contexte de cessez-le-feu précaires, les foules ont envahi les plages et les parcs, profitant des barbecues, de la musique et partageant le même sentiment de soulagement
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Après de longues semaines de combats contre l’Iran et le Liban, il était compliqué de savoir vraiment comment – ou même si – les Israéliens seraient en mesure célébrer Yom HaAtsmaout, cette année. Mais les conflits étant désormais suspendus par de fragiles cessez-le-feu, les habitants de Tel-Aviv se sont rués dehors, dans la journée de mercredi, pour faire la fête comme à leur habitude, se réunissant autour de barbecues, allant à la plage et se relaxant en buvant une bière fraîche.
En se promenant dans la ville, difficile de croire qu’il y a à peine deux semaines, cette dernière était sous le feu incessant des missiles iraniens.
La fête de l’Indépendance étant un jour férié dans toute la nation, l’agitation habituelle des jours de semaine a laissé la place à une atmosphère plus douce. Pas tout à fait normale – mais suffisamment pour procurer un sentiment de soulagement.
La majorité des magasins sont restés fermés aujourd’hui, mais les rues sont loin d’avoir été désertées. Ainsi, des familles se promènent à vélo sur des routes tranquilles. Les enfants courent entre les trottoirs et dans les parcs. Des groupes s’attardent au soleil, sans nulle part où se dépêcher d’aller.
Les couleurs bleu et blanc sont omniprésentes : certains ont intégré subtilement les couleurs nationales à leur tenue, tandis que d’autres ont arboré des coiffes festives, portant des drapeaux sur leurs épaules. Des drapeaux, il y en a aussi aux balcons et devant les vitrines, où ils sont accrochés à côté de banderoles en papier qui se balancent dans la brise printanière.
À la terrasse des cafés, de nombreux jeunes sirotent un café, se remettant d’une longue nuit de fête.
Parmi ces jeunes, il y a Leeor, qui a assisté mardi soir à un concert qui a mis en vedette les artistes Netta Barzilai et Dana International. Elle confie combien elle se sent soulagée de voir Tel Aviv enfin reprendre vie.
« Après la guerre, c’est tellement agréable de pouvoir sortir à nouveau », s’exclame-t-elle. « On a l’impression que les choses reviennent lentement à la normale ».
A proximité de la plage, la ville vibre d’une énergie nouvelle. Des ballons de volley fendent l’air. De la musique s’échappe des enceintes portables. Certains se sont étendus sur le sable pour bronzer, profitant du soleil d’avril.
La promenade est bondée — la foule se faufile entre les platines de DJ improvisés et les cercles de danseurs qui bougent au rythme des chansons folkloriques israéliennes traditionnelles.
Au milieu de la foule, il y a Max, un étudiant en yeshiva qui envisage d’immigrer en Israël et qui distribuedes boissons fraîches et des bonbons depuis un stand improvisé.
Debout à côté d’un ami, il indique qu’en compagnie de son camarade, il a « seulement voulu apporter de la joie au monde. Nous aimons Am Yisrael [la nation d’Israël] et nous voulons aider les gens ».
« La fête de l’Indépendance est un jour où tout le peuple juif peut se rassembler et célébrer l’État d’Israël », ajoute-t-il.
Max est revenu hier en Israël, après avoir quitté le pays en plein milieu de la guerre contre l’Iran qui a duré six semaines. Ces épreuves, dit-il, n’ont fait que renforcer son attachement.
« L’amour entre les Juifs est si fort que nous sommes capables de persévérer », affirme-t-il.
À quelques kilomètres au sud, l’odeur de la viande grillée flotte dans l’air au parc Charles Clore, où des familles et des amis se sont rassemblés autour de chaises pliantes et de couvertures de pique-nique — un rituel autant qu’une célébration.
Melanie est là, entourée de sa famille, dont sa petite-fille, une soldate de combat de l’armée israélienne en permission.
Elle explique être venue au parc pour « se détendre après la guerre ».
« Nous voulions nous libérer, respirer un peu d’air frais et passer du temps en famille », dit-elle. « Nous apprécions l’ambiance… Il n’y a rien de comparable à l’ambiance qui règne en Israël. Nous sommes tous unis ».
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