Une cour de NY ordonne de libérer ou de rejuger l’homme condamné pour le meurtre d’Etan Patz
La disparition et la mort présumée de cet enfant juif de 6 ans à New York en 1979 ont changé l'approche de la société américaine à l'égard des cas d'enfants disparus
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JTA — Une cour d’appel fédérale de New York a décidé lundi d’annuler le verdict de culpabilité prononcé contre Pedro Hernandez, l’homme condamné pour la disparition en 1979 d’Etan Patz, un enfant juif de 6 ans dont l’enlèvement et le meurtre présumé ont changé la façon dont les Etats-Unis traitent les cas d’enfants disparus.
Hernandez, 64 ans, avait été condamné en 2017 pour l’enlèvement et le meurtre d’Etan et purgeait une peine de 25 ans de prison jusqu’à ce que la cour d’appel ordonne lundi sa libération, à moins qu’il ne bénéficie d’un nouveau procès dans un « délai raisonnable ».
Etan avait disparu en mai 1979, le jour où sa mère l’avait autorisé pour la première fois à se rendre seul à l’arrêt de bus scolaire, à New York. Il avait été l’un des premiers enfants disparus dont la photo avait été placée sur des briques de lait afin de solliciter l’aide du public pour le retrouver. Malgré des recherches approfondies, il n’a jamais été retrouvé.
En 1998, l’oncle d’Etan, le rabbin Norman Patz, avait déclaré au New York Jewish Week que la famille souffrait de ne pas savoir ce qui était arrivé à leur fils : « Cela ne s’en va pas. Et tant qu’on n’aura pas retrouvé son corps, on ne pourra pas tourner la page. »
Après la condamnation de Hernandez en 2017, les parents d’Etan, Julie et Stan, ont quitté l’appartement qu’ils occupaient toujours sur Prince Street pour s’installer à Hawaï, où leur autre fils, Ari, vit avec sa famille. (Ari avait 2 ans lorsque son frère a disparu ; sa sœur, Shira, en avait 8). Un voisin avait déclaré à l’époque qu’ils se sentaient soulagés de partir après être restés dans la maison pendant des dizaines d’années, dans l’espoir qu’Etan revienne.
Dans son arrêt, la cour d’appel a estimé que le juge de première instance qui avait condamné Hernandez en 2017 avait donné une réponse « manifestement erronée » et « manifestement préjudiciable » à une note du jury demandant si les aveux initiaux de Hernandez, faits avant qu’il soit informé de ses droits, étaient valables.
Selon l’Associated Press, la cour d’appel a déclaré que le jury aurait dû recevoir une explication plus détaillée de ses options, qui auraient pu inclure le rejet de tous les aveux de Hernandez.
Les parents d’Etan ont passé des décennies à demander l’arrestation du responsable de la disparition de leur fils, et leur combat a contribué à la création d’une ligne d’urgence nationale pour les enfants disparus. La date anniversaire de la disparition d’Etan, le 25 mai, est également devenue la Journée nationale des enfants disparus.
« Ils ont attendu et persévéré pendant 35 ans pour que justice soit rendue à Etan, ce qui semble aujourd’hui compromis », a déclaré à l’Associated Press Cyrus Vance Jr., ancien procureur de Manhattan, après avoir appris le revirement de lundi.
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