Une Cour US refuse la plainte de Palestino-Américains qui exigeaient d’être sauvés de Gaza
La juge se dit incompétente pour évaluer les "difficiles décisions de politique étrangère", faisant preuve d'empathie par rapport à « la situation impossible dans laquelle se trouvent nombre de plaignants »
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Jeudi, une juge fédérale a rejeté une plainte exigeant que le gouvernement américain procède au sauvetage d’urgence de Palestino-Américains et de leurs proches piégés à Gaza – désireux d’échapper aux difficultés induites par la guerre entre Israël et le Hamas.
C’est la juge en chef Virginia Kendall, du tribunal des États-Unis à Chicago, qui s’est déclarée incompétente, sur le plan légal et matériel, pour évaluer les « difficiles décisions de politique étrangère » prises par le pouvoir exécutif, tout en faisant preuve d’empathie par rapport à « la situation impossible dans laquelle se trouvent nombre de plaignants ».
En décembre 2024, neuf Palestino-Américains, ressortissants américains ou résidents permanents, ont porté plainte contre le gouvernement américain pour la violation de leur droit constitutionnel à une protection égalitaire, considérant que l’administration les avait abandonnés en zone de guerre sans tenter de les évacuer, comme il l’aurait fait pour d’autres Américains.
Ils estiment que la destruction de leur maison, les pénuries alimentaires, les soins médicaux médiocres, la souffrance mentale et d’autres difficultés ont fait peser sur le gouvernement une « obligation non discrétionnaire » d’évacuer les populations de Gaza.
La juge s’est déclarée incompétente pour évaluer les difficultés à coordonner une évacuation avec les pays voisins, avec la nécessité de guider les évacués à travers les « zones rouges » dangereuses ou de déterminer les personnes éligibles à une telle évacuation – des questions épineuses encore compliquées par une présence diplomatique américaine à Gaza quasi-inexistante.
« Le fait de tenter de répondre à ces questions — et à bien d’autres du même type — depuis le confort de nos bureaux est tout à la fois impossible et de nature à empiéter sur les attributions du pouvoir exécutif appelé à déterminer quand, comment et dans quelles circonstances doivent se dérouler les évacuations des zones de guerre » écrit Kendall.
La juge a par ailleurs indiqué que les preuves en sa possession attestaient que le gouvernement américain avait élaboré un plan d’évacuation et que les neuf plaignants avaient été pour certains évacués, d’autres ayant refusé des offres qui ne permettaient pas de sauver des membres de leur famille proche.
Les avocats du groupe de défense du Council on American-Islamic Relations, qui représente les plaignants, n’ont pas fait de commentaire et le Département d’État américain n’a pas répondu à une demande de réaction.
Des terroristes placés sous la direction du Hamas avaient tué plus de 1 200 personnes et ils avaient enlevé 251 lors d’un pogrom dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, ce qui avait déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas et dont les chiffres non vérifiés ne font pas le distinguo entre civils et hommes armés, plus de 71 000 Palestiniens ont été tués lors des combats.
Intentée contre l’ex-président américain Joe Biden, l’ex-Secrétaire d’État Antony Blinken et l’ex-Secrétaire à la Défense Lloyd Austin, cette plainte a été étendue à ceux qui leur ont succédé, à savoir Donald Trump, Marco Rubio et Pete Hegseth.
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