Une ex-conseillère de Netanyahu dénonce la suppression par le gouvernement des instances de contrôle
Selon Shlomit Barnea, c'est précisément ce qui aurait conduit aux dysfonctionnements de l'appareil d'État avant et après la tragédie du 7-Octobre
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Selon les médias israéliens, l’ex-conseillère juridique du cabinet du Premier ministre, Shlomit Barnea Farago, aurait expliqué que les pressions politiques exercées depuis des années sur les contre-pouvoirs ont contribué au dysfonctionnement du gouvernement pendant et après l’attaque du Hamas du 7-octobre.
S’exprimant pour la première fois depuis qu’elle a quitté ses fonctions, il y a de cela six mois, après 24 années de service, Barnea Farago a déclaré vendredi, à l’occasion de la conférence de l’Association pour le Droit Public qu’elle avait elle-même fait face à des pressions du cabinet Netanyahu pour la forcer au départ.
Selon elle, le chef du cabinet de Netanyahu lui aurait laissé entendre que le Premier ministre souhaitait son départ, ce qu’elle a refusé : « J’ai répondu que je travaillais pour l’État, que c’était lui mon employeur. J’ai décliné les offres alléchantes qui m’ont été faites pour que je parte. »
Des médias se sont déjà fait l’écho de proches du Premier ministre selon lesquels son départ est le fruit de son opposition aux demandes de rénovation de la résidence privée des Netanyahu à Césarée.
Lors de la conférence, Barnea Farago a accusé le gouvernement d’évincer les fonctionnaires respectueux des règles et insensibles aux pressions politiques. Elle a d’ailleurs cité plusieurs cas survenus au sein du cabinet du Premier ministre, avec des comptables et des hauts fonctionnaires réaffectés ou destitués suite à leur opposition à des décisions politiques.
« Chaque nouveau renvoi repousse les limites », a-t-elle déclaré en ajoutant que les ministères composés de loyalistes politiques récemment affectés avaient « été incapables d’apporter l’aide et les soins » requis lors du pogrom du 7-Octobre et de la guerre qui s’en est suivis, que ce soit au bénéfice des populations évacuées, des victimes ou encore des familles d’otages.
Selon les médias israéliens, Barnea Farago aurait par ailleurs révélé que Netanyahu lui avait demandé de l’aider à faire limoger le chef du Shin Bet, Ronen Bar, en qui il n’avait « plus confiance », mais qu’elle avait refusé de le faire, faute de preuves factuelles — selon elle, inexistantes.
Elle a évoqué de pareilles tentatives, selon elle tout aussi irrégulières, pour faire limoger la procureure générale Gali Baharav-Miara, qu’elle a qualifiées de « totalement infondées », sans base juridique valable.
Barnea Farago a en outre accusé les ministres de ne pas tenir compte des avis juridiques et des ordonnances judiciaires tout en s’appuyant sur les services de la procureure générale lorsque cela servait leurs intérêts.
Elle a enfin expliqué que les nominations politiques faisaient de la fonction publique, « un service normalement indépendant et apolitique, un service fondé sur les accointances personnelles et le loyalisme politique. »
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