Une Iranienne condamnée à mort en appelle à la communauté internationale
Selon l'organisation Iran Human R,ights depuis le 19 mars, au moins 33 manifestants ont été exécutés en lien avec les manifestations de janvier ou celles de 2022
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L’Iranienne Mahboubeh Shahbani, condamnée à mort pour avoir participé aux manifestations de janvier, a appelé la communauté internationale à lui sauver la vie, ainsi que celle d’autres détenus, dans un message audio enregistré en prison et diffusé mercredi par des ONG.
« Je lance un appel à tout le monde: au grand public, à l’ONU, aux organisations de défense des droits humains. Pas seulement pour moi, mais pour tous ceux (…) qui passent leurs nuits dans la peur (…) depuis des mois », a-t-elle déclaré, dans un extrait audio enregistré pendant un appel à sa famille, depuis la prison de Vakilabad, à Machhad, dans l’est de l’Iran.
« Je leur demande d’agir », a ajouté cette femme de 33 ans, dont le message a été partagé par l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, et le Centre pour les droits de l’Homme en Iran (CHRI), basé aux Etats-Unis. « Les conditions de vie des prisonniers sont extrêmement difficiles », a-t-elle encore dit.
Des organisations de défense des droits humains accusent l’Iran de médiatiser les exécutions dans le but d’intimider la population et d’empêcher toute répétition des manifestations antigouvernementales de janvier, quelques semaines avant l’offensive israélo-américaine contre la République islamique, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient le 28 février.
Mme Shahbani a enregistré son message après avoir été informé le 26 septembre de sa peine par son avocat.
L’authenticité de l’extrait n’a pu être vérifiée dans l’immédiat. Un message vocal automatique caractéristique des appels provenant des prisons iraniennes signale toutefois que l’appelant est détenu.
Selon l’agence Human Rights Activists (HRANA), basée aux Etats-Unis, Mahboubeh Shahbani a été reconnue coupable d’actions visant à « renforcer Israël, les Etats-Unis et des personnes affiliées à des groupes d’opposition » lors des manifestations.
Pour l’IHR, la jeune femme a simplement transporté des manifestants blessés sur sa moto. Après son appel à sa fammille, elle a été placée à l’isolement, précise l’ONG.
L’Iran a annoncé plus tôt mercredi l’exécution de deux hommes accusés d’être impliqués dans la mort de quatre membres des forces de sécurité cet hiver.
Selon l’IHR, depuis le 19 mars, au moins 33 manifestants ont été exécutés en lien avec les manifestations de janvier ou celles de 2022, déclenchées par la mort en détention d’une jeune femme arrêtée à Téhéran pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire.
Le CHRI dénombre neuf femmes qui encourent une exécution en Iran pour des chefs d’accusation liés à la politique et à la sécurité.
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