Une Israélienne dénonce la pêche au drone, un « piège mortel » pour les humains et la faune marine
Une plongeuse du nord d'Israël, qui a sauvé cette année deux tortues de mer blessées par des lignes de pêche, a signalé avoir constaté une hausse des déchets dus à cette activité
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Une femme qui vit sur la côte nord d’Israël, au bord de la mer Méditerranée, et qui se consacre à la protection des tortues et autres espèces marines à proximité de chez elle, a mis en garde contre les lignes, hameçons et autres équipements tombés des drones de pêche, équipements qui mettent en péril la vie des êtres humains et des animaux.
Tal Raz, 49 ans, se rend quotidiennement à la mer à Bat Galim, une banlieue de la ville de Haïfa, au nord du pays, pour y observer la riche vie marine – avec entre autres des raies pastenagues, des raies bouclées, de nombreuses espèces de poissons, des calmars, des poulpes et plus de cent tortues auxquelles elle a donné un nom. Elle est parvenue à identifier chacune d’entre elles.
Et elle en revient à chaque fois avec des canettes, des bouteilles, des déchets en plastique et des restes d’équipement de pêche. Un filet laissé dans la mer a ainsi piégé et étouffé Berta, une tortue caouanne qu’elle suivait depuis longtemps.
Au cours de l’été, elle a sauvé deux tortues. L’une avait été piégée par une ligne de pêche, l’autre avait un hameçon enfoncé dans le corps. Toutes les deux ont été emmenées au Centre israélien de sauvetage et de réhabilitation des tortues marines, qui est situé dans le centre d’Israël. L’une d’elles a dû être amputée d’une nageoire.
« Le mois dernier a été particulièrement difficile », commente-t-elle auprès du Times of Israel. « Je tombe tous les jours sur des lignes et des hameçons ».
La pêche au drone, devenue populaire en Israël après que deux pêcheurs très habiles ont montré leurs prises sur les réseaux sociaux, permet aux amateurs de lancer leurs cannes à des centaines de mètres au large, là où évoluent des créatures plus grandes – comme les tortues de mer.
Une ligne de pêche, qui fait plusieurs centaines de mètres de long, relie la canne, sur la plage, au drone – puis au large, où se trouvent les hameçons et les appâts. L’hameçon est lancé ; le poisson est remonté à l’aide de la canne à pêche sur la plage et le drone revient à terre.
« Je ne sais pas comment le matériel finit en mer, mais j’en vois les résultats », explique Raz.
Elle continue : « Récemment, une personne qui plongeait au large de Bat Galim s’est retrouvée empêtrée dans une ligne de pêche et elle a dû être secourue par deux personnes à bord d’un kayak ».
« Deux surfeurs ont également été pris au piège – l’un d’entre eux à la gorge. C’est un piège mortel », s’exclame-t-elle.
La semaine dernière, plusieurs centaines de personnes, dont des nageurs, des plongeurs et des kayakistes, ont signé des lettres adressées à diverses autorités, demandant la fin de la pêche au drone.
Parmi elles, des représentants de l’organisation environnementale marine Zalul, du Forum pour la nature et l’environnement de Haïfa et de Kayaking Generation.
Raz, qui donne des conférences sur la vie marine et qui organise des excursions de plongée sous le nom de Tal Mermaid, ajoute : « N’importe qui peut obtenir un permis de pêche pour 225 shekels et faire absolument ce qu’il veut ».
Raz fait campagne pour que la réserve naturelle de Rosh Carmel soit élargie de manière à inclure dorénavant le récif de Bat Galim.
la Communauté du Times of Israël !







