Université de l’Oregon : La fac d’études juives épargnée par les coupes budgétaires
Malgré l’inquiétude de certains professeurs, les coupes budgétaires visant à combler le déficit de 29 M de $ de l'établissement n'auront aucune incidence sur la chaire d'études sur la Shoah
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JTA — La vague de licenciements à l’université de l’Oregon (UO) qui, selon les professeurs d’études juives, risquait d’affecter leur programme, semble les avoir épargnés.
Aucun professeur titulaire ou en voie de titularisation, ni aucun programme d’études, ne sera affecté par la dernière série de coupes budgétaires visant à combler un déficit de 29 millions de dollars, ont annoncé les administrateurs de l’université lundi soir. Une vingtaine de postes de « professeurs de carrière » non précisés seront supprimés et les postes vacants ne seront pas pourvus, mais les coupes annoncées ne toucheront pas les postes, y compris celui d’une chaire en voie de titularisation en études sur la Shoah.
Les demandes de commentaires adressées à l’université et aux professeurs chevronnés du département d’études juives sont restées sans réponse pour le moment. Le vice-recteur de l’université a déclaré à KLCC, la station locale de la radio publique nationale, que l’établissement avait « donné la priorité à la mission académique et à la réussite des étudiants », tandis que le responsable du syndicat des enseignants attribuait à leur action le mérite d’avoir évité les pires coupes budgétaires.
Cette annonce fait suite à plusieurs semaines d’avertissements alarmants de la part du corps enseignant de l’université, qui s’était mobilisé face à ce qu’il considérait comme des menaces concrètes pesant sur les études juives, les études sur la Shoah et les postes permanents en général. Ces inquiétudes surviennent dans un contexte de coupes budgétaires dans plusieurs universités et de pressions exercées sur l’enseignement supérieur par l’administration Trump, qui a supprimé le financement de certains établissements dans le but déclaré de lutter contre l’antisémitisme.
Les dirigeants de l’Association for Jewish Studies (AJS), du Genocide and Holocaust Studies Crisis Network (GHSCN), ainsi que des dizaines d’universitaires spécialisés dans les études juives à travers le monde, se sont joints à une campagne médiatique visant à préserver les études juives. Dans une lettre adressée au président et au vice-recteur de l’université, le GHSCN a demandé sans détour : « Pourquoi les dirigeants administratifs de l’UO ne veulent-ils pas que les étudiants de l’UO apprennent à connaître les Juifs ? »
Cependant, Jordan Schnitzer, un philanthrope juif de la région de Portland dont la famille a financé le département d’études juives de l’université de l’Oregon et qui a récemment fait un don supplémentaire de 25 millions de dollars à l’établissement, a déclaré à la JTA avant l’annonce des coupes budgétaires qu’il était convaincu que le corps enseignant serait épargné.
Cette effervescence survient dans un contexte de pression particulière sur les études juives, certaines universités ayant conclu des accords avec l’administration Trump pour rétablir leur financement et s’étant engagées à soutenir cette filière. Certains professeurs d’études juives restent méfiants, car ils estiment que leur discipline bénéficie d’une protection particulière de la part d’une administration qui prétend lutter contre l’antisémitisme.
« Les ‘accords’ conclus par l’administration Trump transforment les études juives en bouc émissaire juif, comme autrefois », ont écrit trois éminents chercheurs dans ce domaine dans une récente tribune publiée dans le Chronicle of Higher Education.
« Si rien n’est fait, cela risque d’entraîner une catastrophe dans ce domaine. En attisant le ressentiment et en détournant les critiques des personnes au pouvoir, ces accords créent des conditions qui, par le passé, ont conduit à des formes virulentes d’antisémitisme. »
la Communauté du Times of Israël !







