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Vienne : L’HIAS ferme son bureau après la suppression de son financement par Trump

L’organisation d'aide aux réfugiés dit que la décision met en danger des milliers de familles et promet de défendre le rôle des États-Unis comme refuge pour les persécutés religieux

Des réfugiés hongrois exprimant leur désir d’immigrer aux États-Unis et en Australie, où ils ont de la famille, dans les bureaux de l'HIAS à Vienne. (Crédit : HIAS/JTA)
Des réfugiés hongrois exprimant leur désir d’immigrer aux États-Unis et en Australie, où ils ont de la famille, dans les bureaux de l'HIAS à Vienne. (Crédit : HIAS/JTA)

JTA – Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Vienne a servi de sorte d’Ellis Island pour les réfugiés juifs d’Europe et du Moyen-Orient, un lieu de transit où survivants, dissidents et minorités religieuses arrivaient avec souvent pour seuls bagages leurs papiers et leur espoir, avant de repartir vers une nouvelle vie.

Cette page se tourne désormais avec la fermeture des bureaux de l’HIAS à Vienne et le licenciement de la dizaine d’employés qui y travaillaient, après la décision de l’administration Trump de mettre fin au programme américain d’accueil des réfugiés et de supprimer la subvention fédérale finançant le Centre d’aide à la réinstallation en Autriche, que l’HIAS gérait depuis plus de vingt-cinq ans.

L’HIAS a indiqué que plus de 14 000 membres de minorités religieuses iraniennes se retrouvaient de fait bloqués en Iran, parmi lesquels des centaines de Juifs et des milliers de bahaïs, de chrétiens, de zoroastriens et de sabéens mandéens. Ces demandeurs se voient désormais empêchés de quitter le pays alors même que leur dossier avait déjà été contrôlé et approuvé pour une réinstallation aux États-Unis. Plusieurs centaines d’Érythréens et d’autres demandeurs d’asile présents en Israël ont également perdu toute perspective d’obtenir le statut de réfugié à la suite de cette fermeture.

« Cette décision met en danger des milliers de familles, qui n’ont désormais plus aucun moyen d’accéder à la sécurité », a déclaré Beth Oppenheim, directrice générale de l’HIAS, dans un communiqué.

L’administration Trump a justifié la suspension du programme d’accueil des réfugiés en invoquant l’incapacité des communautés locales à absorber de nouveaux arrivants et des préoccupations liées à leur intégration. Dans un décret, la Maison Blanche a indiqué que l’accueil des réfugiés ne reprendrait que s’il correspond aux intérêts nationaux des États-Unis et ne compromet ni la sécurité publique, ni la sécurité nationale, ni les ressources des contribuables.

Oppenheim a ajouté que l’HIAS continuait à plaider en faveur de la reprise des admissions de réfugiés et de la réouverture des voies légales pour les personnes fuyant les persécutions religieuses, tout en poursuivant son assistance à des milliers de réfugiés et de demandeurs d’asile à travers le monde.

« Depuis des générations, les États-Unis sont un phare pour ceux qui fuient l’oppression religieuse, et nous nous battrons pour préserver cet héritage », a-t-elle déclaré.

La fermeture du bureau de Vienne marque la fin d’une institution dont l’histoire reflète étroitement celle des déplacements des populations juives au 20e siècle.

Un Juif décrit à un employé de la Hebrew Immigrant Aid Society (HIAS) les persécutions en Europe afin d’obtenir l’autorisation de faire venir sa fille de Pologne aux États-Unis, New York, le 24 novembre 1933. Illustration (Crédit : AP)

Connue à l’origine sous le nom de Hebrew Immigrant Aid Society, l’HIAS a commencé ses activités à Vienne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Autriche est devenue un pays de transit majeur pour les survivants de la Shoah quittant les camps de personnes déplacées en Europe. L’organisation a alors contribué à la réinstallation d’environ 150 000 survivants dans des communautés aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Amérique du Sud et, plus tard, en Israël.

Vienne est redevenue un carrefour pour les réfugiés après la révolution hongroise de 1956, lorsque des milliers de Juifs ont fui la répression soutenue par l’Union soviétique en passant par l’Autriche pour rejoindre de nouveaux pays d’accueil. Au cours des décennies suivantes, la ville est devenue une étape essentielle pour les Juifs quittant l’ex-Union soviétique, notamment entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980.

Durant cette période, Vienne constituait la première étape de ce qui est devenu le « pipeline Vienne-Rome », route migratoire empruntée par plus de 400 000 Juifs de l’URSS pour se réinstaller aux États-Unis et ailleurs. Le bureau de Vienne coordonnait alors la préparation des dossiers, les formalités administratives et les entretiens avec les autorités américaines.

La chanteuse Regina Spektor et le cofondateur de Google Sergey Brin comptent parmi les nombreuses personnalités juives passées par l’Autriche lors de leur parcours migratoire de l’Union soviétique vers les États-Unis.

« Si votre famille est arrivée après la guerre ou dans le cadre de l’émigration des Juifs soviétiques, le bureau de l’HIAS à Vienne leur a peut-être servi de passerelle vers les États-Unis », a ajouté Oppenheim.

Sous sa forme actuelle, les activités de l’HIAS en Autriche sont devenues en 2000 un centre d’aide à la réinstallation financé par les États-Unis et opérant sous contrat avec le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations du Département d’État. L’un des neuf centres de ce type dans le monde, celui de Vienne, traitait principalement les dossiers de minorités religieuses iraniennes et de demandeurs d’asile vulnérables présents en Israël.

Entre 2001 et 2025, l’HIAS affirme avoir permis la réinstallation de plus de 33 000 personnes issues de minorités religieuses iraniennes aux États-Unis via le centre autrichien et ses antennes. Ce travail s’inscrivait dans le cadre de l’amendement Lautenberg, une loi américaine adoptée en 1990 pour faciliter la réinstallation des Juifs de l’ex-Union soviétique, puis étendue aux minorités religieuses persécutées d’Iran.

Depuis que Trump a suspendu le programme de réinstallation des réfugiés dès son retour au pouvoir, plus aucun réfugié n’est entré aux États-Unis dans le cadre du programme Lautenberg

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