Violence des résidents d’implantations : pour Tamir Pardo, le problème peut être résolu, mais au risque d’une guerre civile
Il s'agit d'une « menace existentielle », a notamment déclaré l'ex-chef du Mossad, qui a dit avoir "honte"
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L’ancien chef de l’agence de renseignement du Mossad, Tamir Pardo, a qualifié lundi la vague actuelle d’attaques terroristes menées par des résidents d’implantations contre des Palestiniens de « menace existentielle » pour l’État d’Israël.
Pardo a fait ces déclarations à Treizième chaîne alors qu’il visitait certains des villages palestiniens qui ont subi des attaques répétées de résidents d’implantations ces derniers mois.
« Ma mère était une survivante de la Shoah, et ce que j’ai vu m’a rappelé les événements qui se sont produits contre les Juifs au siècle dernier. J’ai honte », a déclaré Pardo.
Les attaques perpétrées par des résidents d’implantations en Cisjordanie se sont multipliées pendant la guerre contre la République islamique d’Iran, qui a débuté le 28 février et a pris fin le 8 avril avec un cessez-le-feu. Au cours de cette période, l’ONG de défense des droits de l’Homme de gauche Yesh Din a recensé 378 actes de violence commis par des résidents d’implantations contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie.
Ces chiffres s’appuient sur des déclarations publiques et des rapports croisés provenant de différentes sources concernant la violence des résidents d’implantations.
Huit Palestiniens auraient été tués par balle et 200 autres blessés par des résidents d’implantations extrémistes pendant la période de la guerre en Iran, a ajouté le groupe.
Des résidents d’implantations extrémistes, parfois en groupes, ont été filmés en train d’agresser des Palestiniens, d’incendier des voitures et de causer des dégâts matériels.
Pardo s’est rendu dans ces zones en compagnie de Matan Vilnaï, ancien commandant adjoint de l’armée israélienne, et d’Amram Mitzna, ancien commandant du Commandement du Centre.
Pardo a averti que les résidents d’implantations à l’origine de ces attaques et le gouvernement, qui n’a pas réussi à les arrêter, créaient les conditions d’une nouvelle attaque comme celle du 7-Octobre soit perpétrée depuis la Cisjordanie, faisant référence au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et aux massacres perpétrés dans le sud d’Israël, au cours desquels plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otage.
« À mon grand regret, ce à quoi nous assistons aujourd’hui » en Cisjordanie, a-t-il déclaré, « c’est le prochain 7-Octobre ».
תמיר פרדו בסיור בעקבות הטרור היהודי ביו"ש: "אימי ניצולת שואה, ומה שראיתי פה הזכיר את אירועי המאה הקודמת כלפי היהודים"https://t.co/YaQjUeg4iY@baruchikra pic.twitter.com/6E28yObih2
— חדשות 13 (@newsisrael13) April 27, 2026
« Ce sera sous une forme différente, bien plus douloureuse, car la région est bien plus complexe. L’État a choisi de semer les graines du prochain 7-Octobre. »
Selon Pardo, les autorités chargées de l’application de la loi sont conscientes de la situation, « mais ont choisi de l’ignorer ».
Interrogé sur la possibilité de résoudre ce problème, Pardo a répondu que c’était possible, mais a déploré le coût élevé de cette solution.
« Ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est une menace existentielle pour l’État d’Israël », a-t-il déclaré, en raison de la difficulté et du risque de violentes réactions si les autorités devaient sévir contre les résidents d’implantations extrémistes.
Tamir Pardo, the former Mossad head, saw the lawless anarchy underway in the West Bank and recoiled in horror: "I feel ashamed to be a Jew."
Pardo, who was accompanied by other former security chiefs, described what he saw in the West Bank as reminiscent of "events perpetrated… pic.twitter.com/gZp0h1CgBc
— UnXeptable (@UnxeptableD) April 28, 2026
Selon lui, le fait de repousser les résidents d’implantations violents, dont beaucoup sont armés par l’État, pourrait déclencher une guerre civile, compte tenu des liens étroits que beaucoup d’extrémistes entretiennent avec les sphères du pouvoir – une référence manifeste au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui supervise la police, et à son collègue, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui occupe également un deuxième poste au sein du ministère de la Défense.
« Si nous le voulons, nous pouvons y remédier, mais le prix à payer sera très élevé », a déclaré Pardo.
« Cela pourrait entraîner tout le pays dans une situation comparable à celle du Liban », a-t-il ajouté, faisant référence aux troubles civils et politiques qui secouent ce pays, où le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah utilise ses moyens armés pour asseoir son autorité sur le pays.
« Nous avons tout intérêt à ne pas en arriver là », a-t-il ajouté.
Il a évoqué le regretté philosophe israélien Yeshayahu Leibowitz, qui avait lancé un avertissement controversé selon lequel le contrôle de millions de Palestiniens dans les Territoires palestiniens finirait par corrompre la société israélienne.
Pardo a déclaré que, par le passé, il pensait que Leibowitz avait perdu la tête, mais qu’après avoir été témoin de ce que les résidents d’implantations radicaux ont fait subir aux Palestiniens ces derniers mois, il estime désormais qu’il y avait « beaucoup de vérité » dans les propos du philosophe.
En réponse à ce reportage, la police israélienne a déclaré à la Treizième chaîne qu’elle intervenait en Cisjordanie « conformément aux responsabilités qui lui incombent », ajoutant que depuis janvier, 48 suspects avaient été arrêtés pour leur implication présumée dans des actes de violence commis par des résidents d’implantations, et que 33 actes d’accusation avaient été déposés.
Les détracteurs accusent le gouvernement de fermer les yeux sur les attaques violentes perpétrées par des extrémistes juifs, de plus en plus meurtrières ces dernières années.
Les arrestations dans ce type d’affaires sont rares, et les condamnations encore plus rares, alors que les attaques ont lieu quotidiennement.
L’armée israélienne est également critiquée lorsque ses soldats restent les bras croisés pendant que les attaques se déroulent, voire y participent, ou lorsqu’elle ne poursuit pas les responsables.
Certains critiques affirment que l’impunité quasi totale dont jouissent les agresseurs démontre que la violence est sanctionnée, voire encouragée, par le gouvernement.
Le mois dernier, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a publié une condamnation sévère de la violence des résidents d’implantations, qualifiant les attaques contre les civils palestiniens et les soldats en Cisjordanie de « moralement et éthiquement inacceptables » et d’obstacle stratégique majeur.
la Communauté du Times of Israël !







