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Visa rachète la firme israélienne de prévention de la fraude BioCatch pour 2,4 Mds $

La société israélienne spécialisée dans la cybersécurité a développé une plateforme de biométrie comportementale pour détecter les fraudes financières avant les paiements

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Illustration : Le logiciel BioCatch utilisé sur un téléphone. (Capture d'écran YouTube)
Illustration : Le logiciel BioCatch utilisé sur un téléphone. (Capture d'écran YouTube)

Le géant des cartes de crédit Visa Inc. a accepté d’acquérir BioCatch, une société israélienne spécialisée dans la détection de la fraude en ligne et de la criminalité financière, pour un montant de 2,4 milliards de dollars. Cette opération vise à renforcer les outils de cybersécurité de Visa et à protéger les consommateurs et les institutions contre les piratages de comptes et les escroqueries basées sur l’intelligence artificielle (IA).

Visa a indiqué qu’elle rachetait BioCatch à la société de capital-investissement londonienne Permira et à d’autres investisseurs. Dans le cadre de cette opération, le pionnier israélien de la biométrie comportementale intégrera Visa tout en continuant à travailler avec la même équipe. La transaction devrait être finalisée d’ici la fin du deuxième trimestre fiscal 2027 de Visa, sous réserve des autorisations réglementaires habituelles et du respect des conditions prévues.

« Les piratages de comptes et les escroqueries coûtent à l’économie mondiale plus de 1 000 milliards de dollars par an, et l’IA permet à ces attaques de se produire à une échelle sans précédent », a expliqué Andrew Torre, président des services à valeur ajoutée chez Visa.

« BioCatch aidera nos clients à stopper la fraude avant qu’elle n’atteigne l’étape du paiement. »

Au cours des cinq dernières années, Visa a investi plus de 13 milliards de dollars dans la technologie et les infrastructures afin de protéger son écosystème de paiement et de réduire les taux de fraude.

« La réalité est que, en tant que société et secteur d’activité, nous ne sommes pas en train de gagner cette bataille », a déclaré Gadi Mazor, PDG de BioCatch.

Gadi Mazor, PDG de BioCatch (3ᵉ à partir de la gauche au premier rang), aux côtés de l’équipe de direction du fournisseur de solutions de lutte contre la fraude. (Crédit : Autorisation)

« À tous les égards, les acteurs malveillants [de plus en plus souvent issus du crime organisé] qui se livrent à la fraude, aux escroqueries et à la criminalité financière continuent de bénéficier de rendements plus élevés, d’une croissance explosive et d’une multitude de nouveaux outils qui les aident à se développer, à innover et à affiner leurs attaques. »

« Les banques et les marchés qui déploient BioCatch constituent la seule exception à cette tendance », a affirmé Mazor.

Fondée en 2011 par Avi Turgeman et Uri Rivner, BioCatch a développé une plateforme de biométrie comportementale qui analyse des milliers de signaux réseau, comme les frappes sur le clavier, les mouvements de la souris et les interactions tactiles sur l’écran, lors de l’utilisation d’applications bancaires numériques ou d’appareils. Chacun a en effet une manière distinctive de déplacer une souris, de tapoter sur un téléphone ou de taper sur un clavier, et la biométrie comportementale est capable de mesurer et d’analyser ces schémas.

 

Alimentés par ces données, les modèles d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique de BioCatch permettent de détecter, en temps réel, les indices qui distinguent les utilisateurs légitimes des fraudeurs.

BioCatch a indiqué que sa plateforme dessert plus de 350 clients du secteur bancaire dans 21 pays, dont plus de 100 des plus grandes banques, et protège 1,8 milliard d’appareils et 760 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Visa collabore avec 14 500 établissements financiers et traite chaque année plus de 329 milliards de transactions, pour une valeur totale de 17 000 milliards de dollars.

« Lorsque nous pouvons appliquer nos analyses comportementales et nos données issues des appareils pour évaluer l’authenticité et la sécurité de ces centaines de milliards de transactions, nous protégeons de manière proactive ces milliards de comptes de cartes et ces dizaines de milliers d’établissements financiers », a déclaré Mazor.

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