« Vous êtes ma famille » : À Central Park, un banc dédié aux otages de Gaza
Des centaines de personnes se sont retrouvées pour mettre le point final à deux années d'activisme de la communauté juive new-yorkaise en faveur des otages du Hamas
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Plusieurs centaines de New-Yorkais juifs et leurs soutiens se sont retrouvés dimanche matin à Central Park pour dédier un banc aux otages israéliens capturés par des terroristes de Gaza, pour mettre le point final à deux années de manifestations hebdomadaires en leur faveur.
« Nous avons toujours dit que nous nous retrouverions une toute dernière fois, une fois tous les otages libérés, ce qui est enfin le cas, raison pour laquelle nous avons tenu à être là, ensemble, pour cette occasion », a déclaré Dana Cwaigrach, directrice new-yorkaise du Forum des Otages et des Familles de Disparus aux États-Unis.
Les défenseurs américains des otages ont commencé à se retrouver le dimanche à Central Park, dans l’Upper West Side, très rapidement après le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023. Cet activisme en faveur de la libération des otages a rassemblé une grande partie de la communauté juive de New York, dont le million de membres se déchirent, le reste du temps, autour de rivalités politiques ou religieuses.
Ces rassemblements très chargés en émotions se sont parfois tenus en présence de membres de la famille des otages voire d’ex-otages et de représentants des autorités locales venus témoigner de leur soutien. Il est arrivé que les rassemblements de Central Park, à l’instar des autres événements semblables organisés ailleurs dans la ville, réunissent des milliers de participants.
Une communauté s’est créée en marge de ces rassemblements, que ce soit sous la neige et dans le froid glacial de l’hiver ou dans la chaleur accablante de l’été ; les participants ont appris à se connaître au fil des mois.
Le dernier rassemblement a eu lieu en février dernier, lorsque les corps des derniers otages ont été libérés de Gaza.
La réunion de ce dimanche a donné lieu à des adieux émouvants au sein de cette communauté, dont certains membres ont essuyé des larmes lors des discours d’inauguration du banc.
« Heureusement, c’est fini, mais malheureusement aussi, dirais-je, parce que nous sommes devenus une sorte de famille. Vous avez été là avec nous », a déclaré dimanche Maurice Shnaider, l’oncle de l’otage assassinée Shiri Bibas.
« J’ai perdu cinq membres de ma famille — une sœur, un beau-frère, une nièce et deux arrière-neveux », a rappelé Shnaider. « Ils sont dans votre mémoire. Vous savez qui ils étaient. On ne les oubliera pas. Ils ne sont pas allés au paradis en vain. »
Le banc dédié aux otages se trouve sur une petite place à l’angle de la 106e rue et de Central Park West, à l’entrée du parc, sous une falaise de pierre et des escaliers menant à la Grande Colline. Ce dimanche, les arbres qui surplombent le banc étaient couverts de fleurs blanches et roses, sous une petite bruine de printemps.
Le banc se trouve à 16 blocs au nord du point de rendez-vous habituel des rassemblements. Dès le début d’année, les organisateurs avaient contacté la Central Park Conservancy, l’association à but non lucratif qui gère le parc avec le conseil municipal, pour inaugurer un banc mais il n’y en avait pas de disponibles près du lieu habituel de réunion. Les organisateurs tenaient à ce que l’endroit choisi puisse servir de point de ralliement à l’avenir, d’où le choix de cette petite place.
Cwaigrach a déclaré qu’il pourrait à l’avenir y avoir des cérémonies anniversaires de l’attaque du Hamas ou des événements en hommage aux Américains tués.
Sur la plaque métallique rivée sur le banc, on peut lire : « En hommage aux otages enlevés avant et le-7-Octobre. Nous nous sommes battus pour vous sans relâche. Vous êtes enfin revenus chez vous. »
Ce banc est le fruit d’une initiative conjointe du Forum des otages et la UJA-Fédération de New York, qui a financé le banc à hauteur de 20 000 $.
Hindy Poupko, de la UJA-Federation of New-York, a déclaré que le banc se voulait un hommage aux otages et à ceux qui les ont défendus à New York.
« C’est à bien des égards l’aboutissement de leur action », a déclaré Poupko au Times of Israel.
« Il y a des Israéliens new-yorkais, qu’ils soient ashkénazes, séfarades, orthodoxes ou non-orthodoxes. C’est ça que le Forum des otages représente, le meilleur de la communauté juive new-yorkaise. Raison pour laquelle nous avons tenu à rendre hommage de manière très visible à leur activisme », a-t-elle ajouté. « Ce banc sera, espérons-le, le témoignage de ce courage, de cet activisme et de leur courage inlassable. »
L’événement a donné lieu à d’importantes mesures de sécurité. Des gardes du Community Security Service, association juive américaine qui forme des bénévoles pour protéger les synagogues et les événements juifs, ont formé un périmètre autour du rassemblement, aux côtés de plusieurs policiers. La sécurité des événements en faveur des otages est un gros sujet depuis qu’un assaillant a déclenché un incendie en marge d’un rassemblement à Boulder, dans le Colorado, l’an dernier, qui a fait une victime, une femme âgée.
En voyant les drapeaux israéliens, un homme à vélo sur un CitiBike a qualifié les participants de « tas de merde », un autre criant : « Libérez la Palestine ».
Il y a fort à craindre que le banc soit vandalisé. En leur temps, les affiches des otages ont souvent été arrachées immédiatement après leur installation, à New York, ce qui a pu donner lieu à des violences ou des menaces contre les Juifs qui intervenaient.
Cwaigrach a déclaré que la Parks Conservancy serait chargée de prendre des mesures en cas de vandalisme.
D’autres intervenants ont pris la parole lors de cet événement, comme par exemple le contrôleur de New York, Mark Levine, Moshe Emilio Lavi, beau-frère de l’ex-otage Omri Miran et des proches de l’ex-otage Omer Shem Tov.
À la fin de l’événement, les participants se sont rassemblés pour prendre des photos du banc, drapé de drapeaux américain et israélien, et Cwaigrach a lu les noms des otages décédés.
L’acteur et chanteur juif Ari Axelrod a fait chanter à la foule les hymnes israélien et américain. La UJA-Federation of New-York a collecté des plaques d’identité pour les otages, ce symbole porté par les défenseurs en vue d’une exposition organisée sous peu par la fédération.
La mère d’Omer Shem Tov, Shelly Shem Tov, a déclaré à la foule : « Vous êtes ma famille. »
« Frères et sœurs qui ne me connaissez pas, qui ne connaissaient pas Omer, vous avez ressenti ma douleur, notre douleur, et êtes venus ici chaque semaine pour crier notre douleur », a-t-elle dit. « Nous montrons au monde que, quand bien même on veuille nous détruire, nous sommes forts, nous sommes unis, où que nous soyons de par le monde, et nous serons là pour toujours. »
« Vous êtes ma grande, très grande famille, et grâce à chacun d’entre vous, je serre mon fils dans mes bras chaque jour », a-t-elle conclu.
la Communauté du Times of Israël !







