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Washington : Trump, Vance et l’Iranien Ghalibaf ont signé un accord « numérique » dimanche

Les termes du protocole n’ont pas été publiés, mais il ne serait pas subordonné au retrait de Tsahal du Liban ; Trump assure qu’Ormuz rouvrira totalement avant la signature en Suisse

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump arrive au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le 15 juin 2026. (Crédit : AP) ; le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Islamabad, au Pakistan, le 11 avril 2026. (Crédit : Bureau du Premier ministre pakistanais/AP)
Le président américain Donald Trump arrive au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le 15 juin 2026. (Crédit : AP) ; le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Islamabad, au Pakistan, le 11 avril 2026. (Crédit : Bureau du Premier ministre pakistanais/AP)

Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré lundi que le mémorandum d’entente entre les États-Unis et la République islamique d’Iran avait été signé « par voie numérique » la veille, précisant qu’une cérémonie de signature en présentiel était prévue vendredi en Suisse, en présence de hauts responsables américains et iraniens.

Le texte de l’accord entre les deux pays, censé mettre fin au blocus américain contre Téhéran, rouvrir le détroit d’Ormuz et ouvrir 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien, n’a pas été rendu public. De hauts responsables américains, dont Vance et le président américain Donald Trump, ont donné des indications contradictoires quant à son contenu lors de différentes interviews et points presse tout au long de la journée de lundi.

« Nous avons déjà signé l’accord par voie numérique hier », a déclaré Vance dans l’émission « Good Morning America » de la chaîne ABC.

Un haut responsable américain a ensuite confirmé que le protocole d’accord avait été signé numériquement par Vance et Trump dimanche, tandis que Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, avait signé au nom de Téhéran. L’accord met ainsi officiellement fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février.

La publication de l’intégralité du texte de l’accord demeure inconnue, les déclarations de Trump étant contradictoires. Le président américain avait d’abord affirmé qu’il le serait « très bientôt », avant de changer d’avis et de préciser que cela se produirait « quelque temps après vendredi ».

Quelques instants avant les déclarations de Trump depuis la France, où il participait au sommet du G7, deux de ses principaux conseillers ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle l’un d’eux a indiqué que le texte serait publié dans les 24 à 48 heures suivantes.

Lundi, deux hauts responsables de l’administration Trump ont également tenu une conférence téléphonique à huis clos avec des journalistes, apportant quelques éclaircissements sur le contenu de l’accord et la manière dont il sera mis en œuvre.

Le président américain Donald Trump arrive au sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, le 15 juin 2026. (Crédit : AP)

Le protocole d’accord a établi la « structure » selon laquelle les négociations sur le programme nucléaire iranien se dérouleront au cours des 60 prochains jours, mais l’un des hauts responsables américains a déclaré que Washington saurait « dans les deux ou trois prochaines semaines » si un accord de suivi pouvait effectivement être conclu.

Trump a menacé dimanche de reprendre les frappes contre le régime iranien si les parties ne parvenaient pas à conclure un accord sur le nucléaire.

La situation autour d’Ormuz reste floue

Un autre haut responsable, s’adressant aux journalistes, a déclaré que bien que l’accord prévoie la réouverture « immédiate » du détroit d’Ormuz, sa mise en œuvre prendrait encore « un peu de temps », car des mines doivent être retirées et les armateurs ont leur propre évaluation des risques liés à l’utilisation de cette voie maritime.

« Nous ne reviendrons probablement pas à la normale dans deux semaines, mais nous assisterons à une augmentation significative du trafic dans le détroit », a déclaré ce haut responsable américain.

Plus tôt dans la journée de lundi, Trump a déclaré que le détroit d’Ormuz avait déjà été « partiellement » rouvert et qu’il serait « entièrement ouvert » d’ici la cérémonie de signature de vendredi.

Pour ajouter à la confusion, Vance a déclaré à CNBC que Washington « s’attendait » à une ouverture du détroit d’Ormuz « sans péage à long terme ».

« C’est le genre de choses que nous allons déterminer lors de ces négociations techniques », a-t-il déclaré.

Le vice-président n’a pas non plus confirmé que le protocole d’accord garantirait la liberté de navigation dans cette voie maritime et ses propos laissaient entendre que Téhéran pourrait percevoir des droits de passage sur les navires traversant le détroit. Un haut responsable américain a indiqué par la suite que le protocole d’accord garantirait le libre passage dans le détroit d’Ormuz pendant les 60 prochains jours, mais a laissé entendre que des droits de passage pourraient être réintroduits par la suite.

Éloges de Washington à l’égard des dirigeants iraniens

Vance a également déclaré à CNBC qu’il assisterait à la cérémonie de signature en Suisse vendredi et qu’il serait accompagné de Ghalibaf et du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Un haut responsable américain s’adressant aux journalistes a déclaré plus tard que les principaux conseillers de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, seraient également présents.

Vance a déclaré que les États-Unis avaient « traité avec tous les acteurs du système iranien », des partisans de la ligne dure au sein de l’armée aux dirigeants politiques, affirmant que Washington l’avait parfois fait directement et avait établi de bonnes relations avec ses homologues à Téhéran, ce qui permettrait de mener des négociations fructueuses.

Selon un responsable américain, il était nécessaire d’établir des relations directes entre Washington et Téhéran pour permettre aux États-Unis de cerner les lignes rouges du régime iranien et les domaines dans lesquels celui-ci serait prêt à faire des compromis.

Donald Trump s’est également exprimé en termes élogieux au sujet des dirigeants iraniens, affirmant lors du sommet du G7 que Washington « s’entendait très bien » avec la « nouvelle équipe dirigeante » de Téhéran, et réitérant qu’il avait provoqué un changement de régime, bien qu’il s’agisse toujours du même régime.

Un homme passe en scooter devant un panneau d’affichage géant représentant l’ancien dirigeant iranien Ali Khamenei, au centre, et son fils, le guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, avec une inscription en arabe disant « Merci, Iran », à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 15 juin 2026. (Crédit : AP)

Le protocole d’accord initial inclurait un engagement de l’Iran à ne pas se doter de l’arme nucléaire, bien que cet engagement n’ait guère de poids, Téhéran affirmant depuis longtemps ne pas chercher à obtenir l’arme nucléaire.

Le régime iranien s’était déjà engagé à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire dans l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPOA), que Trump a dénoncé et dont il s’est retiré en 2018. Les deux administrations Trump, ainsi qu’Israël, ont jusqu’à présent refusé de croire Téhéran sur parole. Le président semble désormais prêt à le faire.

Pour convaincre les sceptiques, Vance a insisté auprès de CNBC sur le fait que les États-Unis détenaient « toutes les cartes », car ils n’accorderaient pas de levée des sanctions à Téhéran sans concessions de la part du régime iranien lors des prochaines négociations sur le nucléaire.

« Même si nous nous arrêtions là, quelle serait la réalité ? Leur armée est détruite, le détroit d’Ormuz est ouvert, leur programme nucléaire a été démantelé, et nous disposons d’un incroyable levier économique sur eux, ce que nous n’avions pas il y a un an et demi », a déclaré Vance.

Le programme de missiles du régime iranien reste intact, même s’il a été durement touché, et le pays conserve pour l’instant ses stocks d’uranium hautement enrichi, qui peuvent servir à fabriquer une arme nucléaire. Il convient également de noter que le détroit d’Ormuz n’a été fermé qu’en réponse directe à l’offensive américano-israélienne.

« Une petite discussion » avec le Hezbollah

Des sources iraniennes et pakistanaises ont indiqué que le protocole d’accord étendait également le cessez-le-feu au Liban, empêchant ainsi Israël de poursuivre son offensive contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. Jérusalem a néanmoins insisté sur le fait qu’elle n’accepterait pas de le faire.

L’annonce de l’accord, dimanche soir, est intervenue après des efforts intenses de la part de Washington pour éviter de nouvelles attaques iraniennes contre Israël, en réponse à une frappe aérienne menée à Beyrouth plus tôt dans la journée. Trump avait laissé entendre qu’Israël avait « réagi de manière excessive » aux tirs du Hezbollah sur le nord du pays et déclaré que Tsahal ne devait plus opérer au Liban.

Abordant à nouveau le sujet lundi, Trump a déclaré que les États-Unis voulaient « voir si nous pouvons régler cette affaire au Liban ».

« Ça n’en finit jamais », a-t-il déclaré aux journalistes à Versailles.

« Il va falloir qu’on ait une petite discussion avec le Hezbollah », a ajouté Trump, sans préciser qu’il souhaitait s’entretenir avec Israël. Axios a rapporté dimanche que le président américain s’était entretenu avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la suite de la frappe sur Beyrouth et lui avait dit qu’il « n’avait aucun putain de jugement ».

Pour clarifier davantage la situation, un responsable américain a déclaré aux journalistes que le protocole d’accord n’était pas subordonné au retrait d’Israël du territoire libanais, mais qu’il prévoyait néanmoins un cessez-le-feu couvrant à la fois le régime iranien et le Liban.

« L’accord est un cessez-le-feu, mais ce ne sera pas un cessez-le-feu à sens unique. Si l’Iran n’est pas en mesure de contrôler le Hezbollah, et si celui-ci attaque des positions ou des villes israéliennes, Israël aura le droit de se défendre et de riposter », a déclaré le responsable américain.

Un homme inspecte sa maison détruite à son retour dans son village natal de Tibnin, dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (Crédit : AFP)

Il a salué les pourparlers en cours entre les gouvernements israélien et libanais à Washington, que ses détracteurs estiment voués à l’échec en raison du refus du Hezbollah de coopérer.

Le responsable américain a insisté sur le fait que ces pourparlers, ainsi que le protocole d’accord, constituaient une opportunité.

« Le premier point du protocole d’accord traite de la manière dont l’Iran et ses alliés, ainsi que les États-Unis et leurs alliés, cherchent à mettre fin aux hostilités et, espérons-le, à instaurer une paix durable qui inclura bon nombre de ces groupes intermédiaires », a déclaré le responsable américain. « Nous espérons que cela nous aidera à mener à bien la normalisation des relations entre Israël et le Liban et à instaurer la paix. »

La présidence libanaise a déclaré lundi soir dans un communiqué que le président libanais Joseph Aoun avait salué l’accord annoncé entre les États-Unis et l’Iran lors d’un appel téléphonique avec le ministre iranien des Affaires étrangères.

Le dirigeant libanais a déclaré espérer que cet accord constituerait « une avancée positive vers la réduction des tensions et l’ouverture d’une voie diplomatique », tandis qu’Araghchi a souligné « l’importance de respecter la souveraineté du Liban », selon le communiqué.

Dans un communiqué publié sur Telegram, Araghchi a également indiqué avoir discuté avec Nabih Berri, président du Parlement libanais et allié de longue date du Hezbollah, des clauses du protocole d’accord concernant le Liban.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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