13-Novembre: une « course pour la liberté » sillonne les lieux des attentats
L'idée de ce triptyque a germé dans l'esprit de Catherine Bertrand, vice-présidente de l'association, dans le sillon des Jeux olympiques de Paris 2024, "une euphorie collective"
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Au pied du Stade de France embrumé, plus de 1 500 personnes se sont élancées dimanche matin dans une « course pour la liberté » sillonnant ensuite l’est parisien, reliant les lieux où, le 13 novembre 2015, des commandos du groupe Etat islamique tuaient 130 personnes et blessaient des centaines d’autres.
L’arche de départ a symboliquement été placée devant la plaque rendant hommage à Manuel Dias, tué devant l’enceinte sportive, première victime de la série d’attaques perpétrées il y a presque dix ans.
L’Association française des victimes du terrorisme a été à l’initiative de la manifestation, déclinée en une « marche de l’égalité » à Paris dans l’après-midi et un « village de la fraternité », installé sur le parvis de l’Hôtel de ville de la capitale.
L’idée de ce triptyque a germé dans l’esprit de Catherine Bertrand, vice-présidente de l’association, dans le sillon des Jeux olympiques de Paris 2024, « une euphorie collective », constellation de « moments extrêmement fédérateurs » qui fut réconfortante pour cette rescapée des attentats de 2015.
« C’est la France qui a été attaquée ce soir-là, ce n’est pas moi. Tout le monde est concerné de près ou de loin par les attentats du 13 novembre », rappelle-t-elle.
Contre la déferlante mortifère des jihadistes d’il y a dix ans, la course a été pensée comme « une vague positive qui passe par là, pour ajouter de la vie là où il y a eu des morts », explique Catherine Bertrand.
Elle tient également à « ne jamais oublier les victimes des attentats des terrasses et du Stade de France, qu’on oublie trop souvent », contrairement à celles du Bataclan.
Dans la nuée de coureurs qui s’échauffent avant le départ, Julie Leblanc tient à immortaliser sa matinée en prenant en photo son dossard, auréole du Stade de France en perspective.
« Cela passe très vite dix ans et ça a été marquant pour tout le monde, donc il ne faut pas l’oublier et on court pour ça, » témoigne la jeune femme de 30 ans portant l’uniforme du jour: T-shirt orange floqué du logo « 13-Unis », nom donné à la manifestation sportive.
Le Petit Cambodge et le Carillon, la Bonne Bière et Casa Nostra, le Bataclan, le Comptoir Voltaire, la Belle Equipe: la course de 16 kilomètres passe par les zones mémorielles et le peloton n’y est pas insensible.
« Je suis déjà passé sur certains de ces endroits dans mes sorties hebdomadaires », explique Eric Letranchant, coureur régulier, « mais avec tout cet engouement et ce soutien, ça risque effectivement d’être chargé d’émotion », reconnait l’homme de 62 ans.
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Très émue, Sofia Dias, fille de la seule personne tuée le 13-Novembre au Stade de France, a été longuement applaudie par la foule transie par le froid matinal. « N’oublions pas les valeurs de la République, » a-t-elle sobrement plaidé juste avant de donner le départ de la course.
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