25 morts à Gaza par des frappes israéliennes, selon les médias palestiniens ; afflux massif d’aide
Un navire transportant 1 200 tonnes de vivres est en approche du port d’Ashdod ; l’ONU reproche à Israël de ne pas laisser entrer suffisamment d’aide pour éviter la famine ; la GHF teste un nouveau système
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Au moins 25 Palestiniens auraient été tués par des frappes aériennes israéliennes dans la bande de Gaza, mardi matin, selon des sources médicales anonymes citées par les médias palestiniens tandis que l’offensive israélienne dans la ville de Gaza se profile et que les ONG humanitaires redoublent d’efforts pour faire parvenir des vivres aux Gazaouis.
Les bilans cités par les médias palestiniens n’ont pas été vérifiés et les autorités du Hamas dans la bande de Gaza ne se sont pas prononcées, pas davantage que l’armée israélienne, qui a fait savoir qu’elle examinait les faits.
À Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, une frappe de drone nocturne aurait touché une tente abritant des personnes déplacées, tuant cinq personnes. Parmi les morts figureraient un enfant âgé d’un an, deux de 12 et 13 ans et deux adultes.
Ailleurs, à Deir al-Balah, tôt mardi matin, une autre frappe aurait tué cinq personnes, selon les médias palestiniens.
Huit autres personnes auraient été tuées à Khan Younès, cette fois dans le sud de Gaza.
Les décès ont été signalés après l’annonce faite aux médiateurs par le Hamas, lundi, qu’il acceptait la proposition d’accord de libération d’otages soumise la veille.
Des sources ont déclaré que l’accord prévoyait une pause de 60 jours et la libération de 10 otages vivants, tandis que les médiateurs s’efforcent de trouver un accord avant qu’Israël ne se lance, comme prévu, à la conquête de la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a toutefois semblé rejeter la réponse du Hamas et signalé qu’Israël mettrait à exécution son projet de prise de contrôle de la plus grande ville de l’enclave palestinienne et de transfert de sa population vers le sud.
« Nous voyons bien que le Hamas est sous pression », s’est contenté de dire le Premier ministre.
Un navire chargé d’aide s’approche du port d’Ashdod
Par ailleurs, la communauté internationale a poursuivi ses efforts, mardi, pour faire parvenir à la bande de Gaza toute l’aide humanitaire possible. Un navire chargé de 1 200 tonnes de denrées alimentaires à destination de Gaza serait d’ailleurs en approche du port d’Ashdod, dans le sud d’Israël.
Le navire battant pavillon panaméen transporte 52 conteneurs d’aide alimentaire avec des pâtes, du riz, des aliments pour bébés et des conserves.
Les douaniers israéliens ont contrôlé le chargement dans le port chypriote de Limassol, d’où le navire a appareillé lundi.
700 tonnes d’aide proviennent de Chypre, financées par les fonds donnés par les Émirats arabes unis au Fonds Amalthea, créé l’an dernier pour aider les donateurs à acheminer l’aide par voie maritime. Le reste vient d’Italie, du gouvernement maltais, d’un ordre religieux catholique de Malte et de l’ONG koweïtienne Al Salam Association.
« La situation est plus que désastreuse », a déclaré à l’Associated Press le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos.
L’année dernière, Chypre a permis à 22 000 tonnes d’aide, livrée par bateau à Gaza via une jetée installée par l’armée américaine et exploitée par l’ONG caritative internationale World Central Kitchen, connue sous le nom de Joint Logistics Over-the-Shore system, de parvenir à Gaza.
Fin juillet 2024, les ONG d’aide humanitaire se sont retirées du projet et mis fin à une mission marquée par des difficultés météorologiques et de sécurité répétées qui n’ont pas permis d’acheminer aux personnes dans le besoin les vivres qui leur faisaient défaut.
L’acheminement par voie maritime permet de mobiliser des volumes d’aide bien supérieurs aux largages aériens effectués par plusieurs pays depuis qu’Israël les a autorisés à reprendre ces activités, le 27 juillet dernier, sous une forte pression internationale.
La majeure partie de l’aide humanitaire arrive par camions.
Selon le ministère chypriote des Affaires étrangères, la mission de mardi est dirigée par les Nations unies, mais il s’agit d’une initiative coordonnée – une fois déchargée à Ashdod, l’acheminement de l’aide par camion sera orchestré par des personnels de l’ONU à destination des zones de stockage et stations de ravitaillement gérées par l’ONG World Kitchen Central.
L’organisation caritative, dirigée par le célèbre chef José Andrés, jouit d’une grande légitimité dans ce territoire meurtri par la guerre.
« La contribution de chacun est cruciale et leur engagement incroyable », a déclaré M. Kombos.
Les images de Gazaouis affamés ont suscité l’indignation internationale, le mois dernier, et ont fait pression sur Israël jusqu’à ce que, le 27 juillet, il annonce des mesures pour autoriser l’entrée de davantage d’aide humanitaire dans la bande de Gaza.
Les ONG humanitaires ont fait savoir que l’assouplissement partiel des mesures – dont la reprise des largages aériens sur Gaza – ne suffirait pas à combler le manque lié à de longs mois sans aide – ou très peu.
Mardi, l’ONU a réaffirmé qu’Israël laissait entrer certaines fournitures dans la bande de Gaza mais que ce n’était pas suffisant pour éviter la famine généralisée
« Ces dernières semaines, les autorités israéliennes n’ont autorisé l’entrée de l’aide qu’en quantités bien inférieures à ce qui serait nécessaire pour éviter une famine généralisée », a déclaré la porte-parole du bureau des droits de l’homme de l’ONU, Thameen Al-Kheetan, lors d’un point de presse à Genève.
Elle a ajouté que le risque de famine à Gaza était la conséquence directe du blocage de l’aide humanitaire par les autorités israéliennes. L’agence militaire israélienne qui coordonne l’aide, le coordinateur des activités gouvernementales, a déclaré qu’Israël faisait des « efforts considérables » pour faire distribuer l’aide à Gaza.
Lundi, près de 370 camions d’aide humanitaire sont entrés dans la bande de Gaza par les points de passage de Kerem Shalom et Zikim, a indiqué le COGAT.
Selon lui toujours, lundi, 350 camions ont été collectés par les Nations Unies et d’autres organisations internationales du côté gazaoui des points de passage en vue de leur distribution.
« Le chargement de centaines de camions attend toujours d’être collecté du côté gazaoui», a précisé le COGAT.
Par ailleurs, 180 palettes d’aide – soit 6 à 9 camions – ont été larguées par la Jordanie, les Émirats arabes unis, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, la France, les Pays-Bas, Singapour et l’Indonésie à Gaza lundi, selon l’armée israélienne. Chaque palette contient environ une tonne de nourriture.
Des quantités similaires d’aide sont signalées chaque jour depuis la semaine dernière.
L’ONU a déclaré qu’il fallait 600 camions d’aide par jour pour nourrir correctement les quelque deux millions d’habitants de la bande de Gaza en proie à la guerre.
La Fondation Humanitaire de Gaza tente de remettre un peu d’ordre au milieu du chaos
En plus des vivres acheminés par camion à Gaza depuis Israël, la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël, a annoncé dimanche la mise en œuvre d’un nouveau dispositif permettant aux familles de réserver de l’aide, et ce dans le but d’éviter le chaos au niveau des centres de distribution.
Jusqu’alors, l’aide est distribuée suivant le principe du premier arrivé, premier servi, ce qui favorise les hommes jeunes et en bonne santé capables de faire le long et dangereux périple à travers les lignes de Tsahal pour atteindre les centres de distribution de la GHF.
La GHF a tenté de pallier ces inégalités en établissant des horaires de distribution réservés aux femmes, mais les populations les plus vulnérables ont continué d’être négligées.
Dans le cadre du nouveau dispositif, le personnel de la GHF prendra en photo les récipiendaires de l’aide qui souhaitent adhérer au programme, lesquels se verront délivrer une carte d’identité assortie d’un numéro.
Les bénéficiaires auront également la possibilité de créer un profil en ligne et de saisir des informations telles que la taille du ménage. L’aide qui leur sera allouée sera alors mise de côté, ce qui leur évitera d’avoir à se ruer chaque jour sur l’aide.
Le système permettra également à la GHF de communiquer directement aux participants les heures de distribution et autres mises à jour pertinentes, a-t-il déclaré.
Pour apaiser les inquiétudes des civils de Gaza craignant que leurs informations personnelles finissent entre les mains des autorités israéliennes, avec lesquelles l’organisation humanitaire travaille en étroite coordination, la GHF précise que toutes les données seront stockées en toute sécurité et ne seront pas partagées.
Le nouveau dispositif fonctionnera sur la base du volontariat, en plus du système du premier arrivé, premier servi, souligne la GHF.
L’organisation humanitaire rappelle qu’elle a lancé dimanche un projet pilote de l’initiative avec 350 participants dans l’un de ses centres de distribution de Rafah et qu’elle projette de le faire monter en puissance dans les semaines à venir.
Cela fait longtemps que les experts plaident en faveur de l’enregistrement des bénéficiaires de l’aide de la GHF, le chaos qui règne dans les lieux de distribution de l’aide aboutissant souvent à ce que les cartons disparaissent en l’espace de deux minutes sans que l’on sache qui en bénéficie.
« Offrir aux familles le moyen de réserver de l’aide et d’en garantir l’accès, comme le font d’autres ONG, est notre intention depuis toujours », a déclaré le directeur exécutif de la GHF, John Acree, à propos du nouveau plan.
« Jusqu’à présent, les conditions sur le terrain ont rendu impossible la mise en œuvre d’un tel programme. Mais avec l’afflux croissant d’aide à Gaza et les livraisons de la GHF qui permettent de stabiliser l’accès aux vivres, les conditions s’améliorent. »
Pour autant, la GHF ne dessert qu’une petite partie de la population de Gaza, qui compte en tout près de deux millions d’habitants, car elle exploite actuellement trois centres de distribution pour toute la bande de Gaza. Les autorités israéliennes et américaines assurent vouloir intensifier les opérations de la GHF, mais les autres ONG continuent de représenter l’essentiel de l’aide aux Gazaouis.
Au-delà des vivres, le COGAT a déclaré dimanche qu’il renouvellerait la fourniture de tentes et d’abris pour Gaza, avant la mise en œuvre des projets de l’armée d’évacuer la population civile de la ville de Gaza.
L’armée israélienne mène actuellement une opération dans le quartier de Zeitoun, à la périphérie de la ville, où l’agence de défense civile dirigée par le Hamas a déclaré que les habitants avaient peu ou pas d’accès à la nourriture et à l’eau, en raison des bombardements intensifs.
Le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les conditions de vie à Zeitoun se détérioraient rapidement et que la majorité des 50 000 personnes qui s’y trouvaient manquaient « du strict nécessaire ».
Israël récuse énergiquement toute volonté de limiter les livraisons d’aide et accuse le Hamas de s’arroger l’aide pour renforcer ses capacités militaires.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats dans la bande de Gaza, sans que ce bilan puisse être vérifié ou fasse le distinguo entre civils et hommes armés. En janvier dernier, Israël revendiquait la mort de 20 000 hommes armés lors des combats sans compter les 1 600 terroristes tués en territoire israélien lors du pogrom du 7 octobre.
Israël assure faire en sorte de limiter les pertes civiles et rappelle que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en combattant depuis des zones civiles -maisons, hôpitaux, écoles et mosquées.
Côté israélien, le bilan humain de la guerre contre le Hamas à Gaza et dans les opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 459, dont deux policiers et trois sous-traitants civils du ministère de la Défense.
la Communauté du Times of Israël !







