3 suspects arrêtés pour avoir agressé une femme arabe enceinte à Jaffa ce week-end
Le Shin Bet aurait participé à l'enquête ; contre la demande de la police, le tribunal libère 15 manifestants arrêtés après une marche dénonçant l'agression ; la communauté arabe de Jaffa se met en grève
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La police a arrêté lundi soir trois suspects dans le cadre d’une agression contre une femme arabe enceinte à Jaffa au cours du week-end, qui a exacerbé les tensions dans cette ville mixte juive et arabe.
Le tribunal de première instance de Tel Aviv a émis un embargo concernant les détails de l’enquête, interdisant la publication de toute information susceptible d’identifier les trois suspects.
La police a d’abord arrêté deux auteurs présumés, avant d’en appréhender un troisième plus tard dans la nuit de lundi. Ils ont été interrogés par des agents de l’unité de lutte contre la criminalité du district d’Ayalon.
Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir aspergé de spray au poivre Hanan Abu Shehadeh, 30 ans, alors qu’elle conduisait samedi avec ses deux enfants dans le quartier d’Ajami à Jaffa.
Les agresseurs ont crié des insultes racistes et craché sur sa fille de 7 ans, a-t-elle déclaré à des médias arabes.
La police a déclaré que l’incident s’était produit après une dispute entre Abu Shehadeh et les agresseurs, mais elle et sa famille ont rejeté cette affirmation, insistant sur le fait que les agresseurs étaient motivés par des sentiments anti-arabes.
Dimanche, la police a sollicité l’aide du public pour rechercher les trois jeunes hommes soupçonnés d’être les auteurs de l’agression, en diffusant une image tirée d’une vidéo de surveillance montrant leurs visages. Selon les médias israéliens, la police a bénéficié de l’aide du Shin Bet dans cette affaire.
L’agression a indigné les habitants et a conduit nombre d’entre eux à participer à une marche tumultueuse jusqu’au lieu de l’incident, accusant le gouvernement de complicité dans l’agression.
Les participants ont scandé « Dites aux chiens du Shin Bet que nous n’avons pas peur du conflit » et « Dans le sang, dans l’esprit, nous rachèterons Jaffa ».
Au lendemain de la marche, les forces de l’ordre ont arrêté 14 autres hommes à leur domicile, soupçonnés d’avoir eu un « comportement susceptible de troubler l’ordre public ».
De nombreux militants communautaires ont accusé la police d’appliquer deux poids deux mesures en arrêtant les participants à la marche de samedi soir, mais pas les auteurs de l’agression qui a déclenché la manifestation.
La police a également arrêté le cheikh Issam al-Satal, soupçonné d’incitation à la violence, après qu’il eut prononcé un discours enflammé lors de la manifestation, exhortant le maire de Tel-Aviv, Ron Huldai, à prendre des mesures contre le Garin Torani local, ou « noyau de la Torah ».
Jaffa est l’une des nombreuses régions où existe un Garin Torani, un groupe de résidents vaguement organisé autour de l’objectif d’ancrer une présence sioniste religieuse dans des villes où la plupart des habitants sont non juifs ou laïcs. Bien que l’identité des trois agresseurs ne soit pas encore connue, de nombreux militants communautaires accusent le Garin Torani d’être responsable de l’attaque.
« Nous devons choisir : rester silencieux, continuer ainsi et attendre la prochaine escalade violente du Garin Torani, ou descendre dans la rue, faire pression et faire comprendre aux autorités que cette situation ne peut pas durer », a écrit Abed Abu Shehadeh, président du Conseil islamique de Jaffa, sur Facebook.
Les 15 participants à la marche ont tous été libérés sous caution par le tribunal de première instance de Tel Aviv lundi après-midi, après que la juge Shelly Kotin eut rejeté la demande de la police de prolonger la détention des manifestants de cinq jours et de leur interdire temporairement l’accès à Jaffa.
La police a également demandé un sursis à l’exécution de la décision, mais celui-ci lui a été refusé.
معتقلو مدينة يافا المفرج عنهم في محكمة تل أبيب
تصوير: أمير بويرات (عرب 48)
التفاصيل: https://t.co/6PMqpLOsB4 pic.twitter.com/FWlxOYdQ6h— موقع عرب 48 (@arab48website) December 15, 2025
Les habitants arabes de Jaffa se sont par ailleurs mis en grève pour protester contre l’attaque, ce qui a conduit les écoles et les commerces à fermer leurs portes lundi.
Abu Shehadeh a déclaré à Ynet que la grève avait été largement suivie après avoir été annoncée la veille seulement. « Même deux écoles juives se sont jointes à la grève dans les deux premières heures de la journée », a-t-il déclaré au média.
Une autre manifestation contre l’attaque et ses conséquences est prévue vendredi à Jaffa, selon les médias arabes.
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