6 ans après l’explosion au port de Beyrouth, Aoun appelle à émettre l’acte d’accusation
L'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire a dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise, faisant plus de 220 morts et 6 500 blessés
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Le président libanais Joseph Aoun a estimé lundi, à la veille du sixième anniversaire de l’explosion au port de Beyrouth, que la publication de l’acte d’accusation dans cette affaire était « une nécessité » ne pouvant plus attendre.
Le 4 août 2020, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire a dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise, faisant plus de 220 morts et 6 500 blessés.
Cette catastrophe a été déclenchée, selon les autorités, par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium servant d’engrais, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.
« La publication de l’acte d’accusation par le juge d’instruction est devenue une nécessité qui ne supporte plus aucun délai », a insisté Joseph Aoun dans un communiqué.
« La justice ne signifie pas la vengeance », a-t-il ajouté, estimant qu’il s’agissait de tenir pour responsables « tous ceux qui (…) ont failli à leur devoir ou ont causé cette catastrophe, quel que soit leur poste ou leur qualité ».
« La justice libanaise est aujourd’hui appelée, plus que jamais, à prouver son indépendance et sa capacité à rendre justice aux victimes », a-t-il aussi déclaré.
Le juge chargé du dossier a clôturé son enquête en mars, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal de près de 70 personnes auditionnées au cours des investigations, dont des responsables politiques, sécuritaires et militaires, et des fonctionnaires, avait alors indiqué une source judiciaire à l’AFP.
Le juge a transmis le dossier au parquet pour avis avant d’éventuelles inculpations.
Depuis, le dossier est toujours entre les mains du parquet et sans qu’il n’y ait actuellement de détenu dans cette affaire au Liban – il y en a en Bulgarie, où le propriétaire du bateau qui a transporté le nitrate est incarcéré.
Le juge d’instruction avait dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l’hostilité d’une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.
Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement et d’un nouveau président qui avaient promis de préserver l’indépendance de la justice.
Les familles des victimes n’ont cessé de réclamer justice et dénoncé les ingérences politiques, dans un pays où règne depuis des décennies une culture d’impunité.
« Il n’y aura pas de compromis au détriment de la justice (…) même si elle tarde parfois », a promis lundi sur X le Premier ministre Nawaf Salam, assurant qu’ « aucun responsable ne sera couvert ».
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