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6 blessés et des habitations détruites par des sous-munitions iraniennes dans le centre d’Israël

Des avions israéliens ont ciblé une installation pétrochimique ; des frappes ont visé une cimenterie et les abords de la centrale nucléaire de Bushehr ; les US recherchent le pilote abattu, l'Iran offre une récompense à qui le livrera

Le ministre iranien des Sciences, de la Recherche et de la Technologie, Hossein Simaei Sarraf (au centre), se rend sur les lieux touchés par les frappes aériennes américano-israéliennes de vendredi à l'université Shahid Beheshti de Téhéran, en Iran, le samedi 4 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Le ministre iranien des Sciences, de la Recherche et de la Technologie, Hossein Simaei Sarraf (au centre), se rend sur les lieux touchés par les frappes aériennes américano-israéliennes de vendredi à l'université Shahid Beheshti de Téhéran, en Iran, le samedi 4 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Samedi, l’Iran a tiré plusieurs salves de missiles balistiques en direction d’Israël, provoquant d’importants dégâts matériels dans des habitations et blessant légèrement six personnes, ont indiqué des responsables. L’armée de l’air israélienne a quant à elle mené une vague de frappes visant des infrastructures de la république islamique, à Téhéran et au-delà.

Ces frappes sont intervenues alors que l’armée américaine recherchait activement, samedi, le pilote qui a été porté-disparu après que son appareil a été victime d’un tir de l’Iran. Téhéran, pour sa part, a appelé la population à livrer l’homme si elle devait le retrouver, faisant miroiter une récompense.

De plus, plusieurs dizaines de sites du centre d’Israël ont été touchés par des missiles équipés de bombes à sous-munitions dans la journée de samedi, a noté Tsahal en fin d’après-midi.

Peu après 1 heure du matin, un missile balistique doté d’une ogive conventionnelle de plusieurs centaines de kilogrammes s’est écrasé dans la zone industrielle de Neot Hovav, au sud de Beer Sheva, provoquant un incendie.

« À leur arrivée sur les lieux, les pompiers ont constaté l’existence d’un incendie, qu’ils s’efforcent désormais de maîtriser, tout en poursuivant leurs recherches. À l’heure actuelle, aucun blessé n’est à déplorer, et aucune présence de matières dangereuses n’a été signalée », a fait savoir le Service des pompiers et des secours dans un communiqué.

Une heure plus tard, l’Iran a lancé un missile balistique muni de bombes à sous-munitions en direction du centre d’Israël.

Les sous-munitions ont provoqué l’effondrement partiel d’un immeuble à Ramat Gan. Une ligne électrique à haute tension a également été endommagée lors de l’attaque à Rosh Haayin, entraînant une coupure de courant dans certains secteurs de la ville.

Un cratère causé par l’impact d’un missile balistique iranien à Neot Hovav, le 4 avril 2026. (Crédit : Police israélienne)

Selon les secours, un homme de 45 ans a été légèrement blessé par des éclats de verre à Bnei Brak. Il a été conduit à l’hôpital pour y recevoir des soins.

Des membres des forces de sécurité israéliennes et des habitants inspectent les dégâts causés à un immeuble d’habitation touché par un missile iranien à Bnei Brak, en Israël, le samedi 4 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Deux sous-munitions se sont également abattues non loin de la Kirya, le quartier général de l’armée israélienne à Tel Aviv. Un parking situé à proximité de la base a été endommagé. Aucun blessé n’est à déplorer.

Après une accalmie de dix heures, une deuxième salve de missiles balistiques a été tirée en direction du centre d’Israël. Cette salve contenait notamment des ogives à sous-munitions, lesquelles ont dispersé de manière aveugle de petites bombes dans toute la zone.

L’attaque a considérablement endommagé des bâtiments résidentiels dans les villes de Bnei Brak et Ramat Gan, dans le centre du pays. Des sous-munitions ont également touché Tel Aviv et Petah Tikva, détruisant des routes et des voitures.

Les forces de sécurité et de secours israéliennes sur les lieux où un missile tiré depuis l’Iran en direction d’Israël a causé des dégâts à Tel Aviv, le 4 avril 2026. (Crédit : Flash90)

Quatre personnes ont été légèrement blessées pendant l’attaque. Selon le Magen David Adom, un homme de 24 ans a été intoxiqué par la fumée, deux hommes d’une vingtaine d’années ont été touchés par des éclats de verre, et un autre homme a été blessé par le souffle de l’explosion.

Dans l’après-midi de samedi, l’explosion d’un autre missile iranien chargé de bombes à sous-munitions et tiré sur le centre d’Israël a légèrement blessé un homme âgé de 52 ans.

Les dégâts causés par un missile tiré depuis l’Iran en direction d’Israël à Ramat Gan, le 4 avril 2026 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des dégâts ont également été rapportés dans plusieurs banlieues de Tel Aviv, notamment à Ramat Gan, Givatayim et Bnei Brak.

Israël a dénoncé l’utilisation par l’Iran d’armes à sous-munitions contre des zones civiles, estimant qu’il s’agissait d’un crime de guerre.

Au cours d’une autre série de tirs survenue dans l’après-midi et visant le nord d’Israël, un missile a touché une zone découverte. Les autres auraient été interceptés, selon les estimations de l’armée israélienne. Aucun blessé n’a été signalé.

Les forces de sécurité et de secours à Ramat Gan, sur les lieux où un missile tiré depuis l’Iran en direction d’Israël a causé des dégâts, le 4 avril 2026 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’Iran a par ailleurs continué à bombarder différentes cibles dans le Golfe.

Vendredi, une attaque de drone qui visait une raffinerie appartenant à la compagnie pétrolière nationale du Koweït a déclenché des incendies. Une autre attaque iranienne a endommagé un complexe énergétique et de dessalement.

Samedi, des débris provenant de drones interceptés ont touché et blessé quatre personnes à Bahreïn.

En outre, selon les autorités des Émirats arabes unis, ce sont deux bâtiments qui ont été touchés à Dubaï par des chutes de débris. L’un d’eux abritait la société américaine de cloud computing Oracle.

Infrastructures iraniennes

L’armée israélienne a annoncé avoir mené samedi une série de frappes contre des infrastructures à Téhéran, sans toutefois donner plus de précisions. Un journaliste de l’AFP, après avoir entendu plusieurs explosions dans la capitale, a décrit un épais nuage de fumée grise enveloppant la ville. On ignore pour l’instant quelles cibles ont été visées.

Les médias iraniens ont également fait état de frappes dans le sud de l’Iran qui ont visé des installations pétrochimiques et une cimenterie. Une attaque a également touché le périmètre de la centrale nucléaire de Bushehr, provoquant la mort d’une personne.

Un avion de chasse de l’armée de l’air israélienne survole le centre d’Israël alors que la guerre fait rage, le 4 avril 2026 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Plusieurs installations de la zone pétrochimique spéciale de Mahshahr, dans la province du Khuzestan, ont été touchées par des frappes, a indiqué l’agence de presse Fars.

Des sources proches des services de sécurité d’Israël ont confirmé que ces frappes avaient été menées par l’armée de l’air israélienne.

Le vice-gouverneur de la province du Khuzestan, Valiollah Hayati, a confié à Fars que les attaques avaient ciblé trois entreprises de la zone. L’agence de presse Tasnim a quant à elle repris ses propos, selon lesquels « l’ampleur des dégâts reste à déterminer ».

Cinq personnes ont été blessées à la suite de ces frappes. Mais on ignore pour l’instant s’il y a eu des morts, a-t-il ajouté.

Des images publiées sur les réseaux sociaux ont montré, sur place, une épaisse fumée noire s’élevant dans les airs.

Le Times of Israel a fait état, la semaine dernière, de l’instruction donnée par les dirigeants politiques israéliens à l’armée israélienne de se concentrer dorénavant sur des « cibles économiques » en Iran, avec pour objectif d’infliger des dégâts financiers massifs au régime.

Les médias iraniens ont par ailleurs fait savoir que des frappes avaient touché une cimenterie dans le sud de l’Iran.

« L’attaque américano-sioniste contre la cimenterie de Bandar Khamir » n’a fait aucune victime, a affirmé l’agence de presse Tasnim, citant un responsable de la sécurité de la province d’Hormozgan.

L’agence a également précisé que « la chaîne de production » de l’usine « n’avait pas été perturbée » par cet incident.

Le ministre iranien des Sciences, de la Recherche et de la Technologie, Hossein Simaei Sarraf (au centre), se rend sur les lieux touchés par les frappes aériennes américano-israéliennes de vendredi à l’université Shahid Beheshti de Téhéran, en Iran, le samedi 4 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Dans un message publié samedi sur les réseaux sociaux, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a annoncé qu’une frappe aérienne à proximité de la centrale nucléaire de Bushehr avait entraîné la mort d’un agent de sécurité et endommagé un bâtiment annexe.

C’est la quatrième fois que cette infrastructure est prise pour cible depuis le début de la guerre.

La centrale nucléaire de Bushehr utilise de l’uranium faiblement enrichi provenant de Russie pour fournir environ 1 000 mégawatts d’électricité à l’Iran, avec l’aide de techniciens russes.

Son réacteur à eau pressurisée suffit à alimenter en électricité des centaines de milliers de foyers, d’entreprises et d’industries. Il ne couvre toutefois que 1 à 2 % des besoins énergétiques de l’Iran.

Téhéran cherche à agrandir le site pour y installer plusieurs réacteurs. En 2019, le pays a lancé un projet prévoyant l’ajout de deux réacteurs supplémentaires sur place, chacun d’une capacité de 1 000 mégawatts.

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies et prise le 14 février 2025 montre les nouveaux réacteurs de Bushehr en cours de construction, à 1 200 kilomètres au sud de Téhéran. (Crédit : Image satellite ©2021 Maxar Technologies/AFP)

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a dit avoir été informée par l’Iran de cette frappe, précisant que « aucune augmentation des niveaux de radiation n’avait été signalée ».

Plus tôt dans la journée de samedi, l’armée israélienne a rapporté avoir, lors d’une série de frappes aériennes menées vendredi à Téhéran, visé des sites de défense aérienne et des installations de stockage de missiles.

Selon l’armée israélienne, ces cibles comprenaient plusieurs sites de défense aérienne, dont un appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), dans lequel étaient stockés des missiles antiaériens.

L’armée de l’air israélienne a également bombardé un site militaire chargé de « protéger les installations de recherche et de développement d’armes du régime terroriste iranien ». L’armée israélienne a ajouté avoir touché un site de stockage de missiles balistiques ainsi qu’une installation de production, de recherche et de développement d’armes.

Une rangée de chaises est visible à travers un trou causé par les frappes aériennes américano-israéliennes de vendredi à l’université Shahid Beheshti de Téhéran, en Iran, le samedi 4 avril 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Des recherches effrénées pour retrouver le pilote de l’avion abattu

Samedi également, l’armée américaine a multiplié ses efforts pour retrouver le pilote porté disparu après que son appareil a été abattu par un tir de l’Iran. Téhéran, pour sa part, a appelé sa population à le livrer contre une récompense.

Identifié par l’Iran comme un F-15E Strike Eagle américain, cet avion était l’un des deux appareils attaqués vendredi. Si un militaire a été secouru, au moins un autre est porté disparu. C’est la première fois que les États-Unis perdent un avion en territoire iranien depuis le début de ce conflit qui en est désormais à sa sixième semaine. Cet incident pourrait marquer un nouveau tournant dans la campagne.

Ni la Maison Blanche ni le Pentagone n’ont communiqué d’informations publiques concernant les appareils abattus.

L’un des membres d’équipage de cet avion américain a pu être secouru. Le Pentagone a néanmoins informé la commission des forces armées de la Chambre des représentants que l’on ignorait ce qu’il était advenu du deuxième militaire qui se trouvait à bord de l’appareil. Les opérations de recherche et de sauvetage menées par l’armée américaine se sont poursuivies samedi.

Lors d’une brève interview téléphonique à NBC News, Trump a refusé de s’exprimer sur les opérations de recherche et de sauvetage en cours, tout en affirmant que cet incident n’affecterait pas les négociations avec l’Iran.

Les médias d’État iraniens ont en outre annoncé qu’un avion d’attaque américain de type A-10 s’était écrasé dans le golfe Persique après avoir été touché par les forces de défense iraniennes.

Illustration : un avion A-10 Thunderbolt II de l’US Air Force, appartenant à la 127e escadre de la Garde nationale aérienne du Michigan, survole la base de la Garde nationale aérienne de Selfridge, dans le Michigan, le 9 septembre 2025. (Crédit : US Air National Guard)

Un responsable américain, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour évoquer une situation militaire sensible, a expliqué qu’il était difficile de déterminer si l’appareil s’était écrasé ou s’il avait été abattu, et si l’Iran était impliqué. Le sort de l’équipage et le lieu exact de l’accident restent pour l’instant inconnus.

Par ailleurs, sur une chaîne affiliée à la télévision d’État iranienne, un présentateur a exhorté les Iraniens à livrer tout « pilote ennemi » à la police.

Depuis le début de la guerre, l’Iran a fait une série d’annonces concernant la destruction d’avions ennemis, qui se sont ensuite révélées fausses. Ce vendredi a marqué une première : le peuple iranien a été invité à rechercher un pilote.

Importants dégâts à l’ambassade américaine en Arabie saoudite

Samedi, des informations ont révélé qu’une attaque de drones lancée en mars par l’Iran contre l’ambassade américaine en Arabie saoudite avait provoqué plus de dégâts que ce qui avait été annoncé publiquement.

Selon le Wall Street Journal, qui a cité des responsables américains actuels et anciens, au cours de cette attaque nocturne survenue le 3 mars, deux drones iraniens se sont écrasés sur une zone sécurisée de l’ambassade dans laquelle travaillent des centaines de personnes durant la journée. Ils ont occasionné d’importants dégâts sur trois étages, et notamment dans une antenne de la CIA.

La frappe a déclenché un incendie qui a fait rage pendant une demi-journée, causant des dommages irréversibles à certaines parties du complexe, a expliqué une source proche du dossier.

D’après les responsables, si l’ambassade avait été attaquée aux heures de bureau, le bilan humain aurait été très lourd. À l’époque, le ministère saoudien de la Défense avait assuré que la frappe n’avait provoqué qu’un incendie limité et des dégâts mineurs.

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