Rechercher

7-Octobre : Après le suicide de son frère, une sœur réclame un meilleur soutien pour les soldats traumatisés

Le frère de Karolina, Thomas Adzgauskas, combattant de la brigade Givati venu de Lituanie, s’est suicidé après son expérience à Kfar Aza le 7-Octobre

Des soldats de l’armée israélienne de la brigade Givati, à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)
Des soldats de l’armée israélienne de la brigade Givati, à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Le suicide de Thomas Adzgauskas, soldat et commandant de la brigade Givati immigré de Lituanie pour servir dans l’armée israélienne, a de nouveau mis à jour un angle mort du traumatisme du 7-Octobre : l’absence d’accompagnement des familles confrontées à la détresse psychologique de leurs proches revenus du front.

Sa sœur Karolina, qui a témoigné à plusieurs reprises dans les médias israéliens, réclame désormais une prise en charge bien plus large que celle actuellement proposée par l’État.

Thomas faisait partie des premiers soldats entrés dans le kibboutz Kfar Aza le matin du 7-Octobre. Les scènes auxquelles il avait assisté l’avaient profondément marqué. Selon sa sœur, il décrivait des maisons dévastées, des civils paniqués qu’il tentait d’évacuer sous le feu, et une succession de corps qui revenaient hanter chacune de ses nuits.

Après sa démobilisation, chaque détail du quotidien semblait le ramener à cette journée. Ses proches assistaient impuissants à ses crises. Il répétait qu’eux « n’avaient pas vu ce qu’il avait vu », qu’ils ne pouvaient pas comprendre.

Malgré un état psychologique fragile, il avait essayé de retourner combattre à Gaza, mais n’en avait plus été capable. Dans la lettre laissée avant sa mort, il écrivait que le 7-Octobre avait « détruit sa vie » et qu’il ne se reconnaissait plus. La procédure visant à faire reconnaître son traumatisme n’ayant pas abouti avant son décès, il n’a pas été considéré comme soldat tombé au combat et n’a donc pas bénéficié de funérailles militaires.

Pour Karolina, cette situation révèle un problème beaucoup plus large. Selon elle, l’accompagnement psychologique ne doit pas se limiter au soldat. Les familles, dit-elle, se retrouvent seules, démunies, face à des traumatismes qu’elles ne savent ni comprendre ni gérer. Elle appelle les autorités à mettre en place un suivi structuré, à offrir une aide spécialisée et à reconnaître les proches comme des victimes indirectes du 7 -Octobre.

Son témoignage trouve un écho dans une étude menée l’an dernier par la chercheuse Masada Bouchris de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a perdu son frère Chen. Cette dernière a interrogé plusieurs centaines de personnes ayant perdu un frère ou une sœur lors des attaques. Elle constate que le deuil fraternel est largement négligé et rarement reconnu.

Beaucoup des personnes interrogées n’ont pas repris le travail, certaines se sentent inutiles ou honteuses, d’autres décrivent une détresse émotionnelle intense et un sentiment d’être invisibles dans la hiérarchie du chagrin. La chercheuse souligne que ce deuil est d’autant plus difficile que les frères et sœurs doivent souvent soutenir des parents submergés par la douleur, reléguant leur propre souffrance au second plan.

Un soldat de la brigade Givati pleurant pendant les funérailles de l’un de ses camarades. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Karolina demande que l’on se souvienne de son frère comme du soldat qui a sauvé des vies, et non comme d’une statistique de plus. Elle affirme que sa mort doit servir d’avertissement : sans soutien psychologique prolongé et sans reconnaissance officielle des traumatismes subis, d’autres familles risquent de connaître le même drame.

Elle espère que l’État comprendra que le fardeau du 7-Octobre ne repose pas seulement sur les épaules des soldats, mais aussi sur celles de leurs proches, qui tentent encore de comprendre comment accompagner ceux que la guerre a brisés.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.