84 ans après la rafle du Vel d’Hiv, une plaque en hommage à des Justes brisée à Paris
La plaque se situe au 15 rue Louis-Braille, dans le 12e arrondissement ; l'enfant caché Edmond Richemond a survécu
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Une plaque commémorative rendant hommage à un couple de Justes a été vandalisée dans le sud-est de Paris, 84 ans jour pour jour après la rafle du Vel d’Hiv, a annoncé samedi le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire.
« Une plaque commémorative rendant hommage à un couple de Justes et à leur fille, qui sauvèrent un enfant lors de la rafle du Vel d’Hiv a été dégradée », a dénoncé l’élu socialiste sur les réseaux sociaux, réaffirmant son « soutien indéfectible à la communauté juive », « à l’heure où l’antisémitisme progresse chaque jour dans la société et à la veille d’un week-end de commémoration de la rafle ».
« S’attaquer aux Justes, c’est profaner l’univers entier. La plaque sera reposée. Leur mémoire demeure intacte. Face à l’antisémitisme, sous toutes ses formes, la République ne cède rien », a déclaré Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants (MIDARM) lors de la cérémonie annuelle organisée aux côtés du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (Crif) au Square des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver, sur le Quai de Grenelle.
Aujourd’hui, dans tout notre pays, nous commémorons la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France.
Il y a quatre-vingt-quatre ans, les 16 et 17 juillet 1942 puis dans les jours suivants,… pic.twitter.com/fPKAoV2Zli
— Alice Rufo (@RufoAlice) July 19, 2026
La plaque se situe au 15 rue Louis-Braille, dans le 12e arrondissement.
Sur une photo que le maire a publiée, elle apparaît largement vandalisée.
La partie supérieure de la stèle, « En hommage à Arsène et Angèle Richard et à leur fille Marcelle, Justes parmi les nations », est encore visible, mais la partie inférieure – « qui sauvèrent la vie de leur jeune voisin Edmond Richemond en le cachant dans cet immeuble lors de la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1942 » – a été partiellement détruite.
Une enquête a été confiée au commissariat du 12e arrondissement des chefs de violation de sépulture ou monument édifié à la mémoire des morts commise en raison de la race l’ethnie, la nation ou la religion, a de son côté indiqué le parquet de Paris, sollicité par l’AFP. Les investigations se poursuivent, a-t-il ajouté.
Au 15 rue Louis Braille, dans le 12e arrondissement de Paris, une plaque commémorative rendant hommage à un couple de Justes et à leur fille, qui sauvèrent un enfant lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’ a été dégradée.
À l’heure où l’antisémitisme progresse chaque jour dans la… pic.twitter.com/5wYjgqjbFA— Emmanuel Grégoire (@egregoire) July 17, 2026
« Paris est et restera une terre de résistance face à toutes les formes de haine et la lutte contre l’antisémitisme sera toujours une priorité absolue de mon engagement politique », a assuré Emmanuel Grégoire, alors que les actes antisémites – 1 320 en 2025 – n’ont jamais été aussi nombreux en France que depuis le pogrom du 7-Octobre, selon le ministère de l’Intérieur.
13 152 personnes ont été arrêtées lors de la Rafle du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942 à Paris, dont 4 115 enfants. Aucun d’entre eux n’est revenu de déportation.
La France compte plus de 4 300 « Justes parmi les Nations » reconnus pour avoir sauvé des juifs pendant la Shoah, selon l’institut Yad Vashem de Jérusalem.
Il a fallu attendre 50 ans après la Seconde Guerre mondiale pour que les dirigeants français reconnaissent officiellement l’implication de l’État dans la Shoah, lorsque le président Jacques Chirac a présenté ses excuses pour le rôle des autorités françaises dans la rafle du Vel d’Hiv.
Selon le Mémorial de la Shoah, Edmond Richemond avait 13 ans lorsque sa mère a été arrêtée pendant la rafle du Vel d’Hiv. Parvenu à s’échapper, il avait été recueilli par des voisins puis confié plus tard aux Eclaireurs israélites qui l’avaient fait passer en Suisse. Il avait ensuite retrouvé son frère et son père, tous deux survivants du camp d’Auschwitz.
De nombreuses cérémonies ont lieu chaque année pour rendre hommage aux victimes dans le cadre de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France.
la Communauté du Times of Israël !







