À Dubaï, les ultra-riches déboursent des fortunes pour fuir les missiles iraniens
Une famille de quatre a payé 200 000 $ pour s'envoler du sultanat d'Oman, voisin des Émirats, vers Genève, où ils comptent s'installer jusqu'à la fin de la guerre
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

« Il est temps de partir » : les grandes fortunes de Dubaï cherchent par tous les moyens à quitter ce paradis fiscal cosmopolite, déboursant parfois des centaines de milliers de dollars pour fuir une guerre régionale dont elles redoutent la durée.
Située entre le désert et la mer, la ville des Émirats arabes unis attire depuis longtemps les millionnaires, séduits par sa fiscalité avantageuse, sa sécurité et des autorités favorables à l’entrepreneuriat et au commerce.
Mais lorsque des missiles et des drones iraniens ont commencé à pleuvoir au-dessus des gratte-ciels, samedi, certains ont déboursé des sommes astronomiques pour s’assurer une voie de sortie, l’espace aérien émirati étant partiellement fermé et les vols commerciaux extrêmement rares.
« Quand on a vu le feu, on s’est dit : ‘OK, il est temps de partir’, raconte Evrim, une résidente turque, en référence à l’incendie survenu dans un hôtel de luxe près de chez elle, sur le célèbre archipel d’îles artificielles The Palm, après la chute d’éclats de missiles.
Evrim, son époux et leurs deux jeunes enfants ont payé 200 000 dollars pour s’envoler du sultanat d’Oman, voisin des Émirats arabes unis, vers Genève, où ils comptent s’installer en attendant la fin de la guerre.
La famille ne voulait pas attendre, craignant que le conflit ne s’enlise, surtout en cas d’entrée en guerre de l’Arabie saoudite, qui contrôle une grande partie de l’espace aérien régional.
Pour rejoindre Mascate, ils ont conduit pendant six heures à travers le désert.
« On était très anxieux », dit-elle à l’AFP. « Surtout pour les enfants, quand ils ont entendu le son [des interceptions de missiles, NDLR], ils ont eu peur. »
Jets privés
Selon les autorités, les Émirats arabes unis ont été ciblés par plus de 800 drones et 200 missiles, faisant trois morts, et subissent de plein fouet les frappes iraniennes sur le Golfe suite à la campagne israélo-américaine.
Les aéroports et les installations pétrolières, au cœur de l’économie du pays, comptent parmi les cibles touchées.
Plusieurs gouvernements étrangers, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont envoyé des avions à Oman pour évacuer leurs ressortissants, tandis qu’un nombre réduit de vols commerciaux partent des aéroports émiratis.
Mais les plus aisés trouvent des alternatives.
Glenn Phillips, responsable des relations publiques chez Air Charter Service, un courtier proposant des services de jets privés à l’échelle internationale, indique que « la demande augmente clairement ».
« Nous avons déjà organisé un certain nombre de vols d’évacuation et d’autres sont prévus […] principalement au départ de Mascate », a-t-il déclaré à l’AFP.
L’itinéraire vers Oman est le plus prisé, ajoute Phillips, mais l’encombrement à la frontière nécessite d’attendre trois ou quatre heures.
Selon lui, les prix s’envolent en raison du manque d’avions, beaucoup étant cloués au sol. Les opérateurs de jets privés hésitent également à voler en raison de préoccupations sécuritaires.
« Clairement perturbé »
La demande de voitures privées pour quitter les Émirats a explosé, indique Mike D’Souza, coordinateur des opérations chez Indus Chauffeur à Dubaï. Sa clientèle est principalement composée de riches Occidentaux.
Beaucoup rejoignent l’Arabie saoudite, où les aéroports sont encore opérationnels, même si l’obtention de visas pour le royaume peut constituer un défi.
Pour les plus modestes, la fuite est ardue.
Un expatrié britannique, qui a souhaité garder l’anonymat, a confié à l’AFP qu’il lui avait été extrêmement difficile de trouver un vol commercial au départ de Mascate pour lui-même, son épouse enceinte et leur fils de trois ans.
« Les prix sont extrêmement élevés et les sièges disparaissent rapidement pendant que vous essayez de réserver », explique-t-il.
Ils ont finalement réussi à réserver un vol pour la ville indienne d’Hyderabad, d’où ils s’envoleront pour la Thaïlande.
« Même si mon fils ne comprend pas ce qu’il se passe, cela l’a clairement perturbé, et ma femme a également été anxieuse. Cela dit, nous aimons profondément Dubaï, que nous considérons comme notre chez-nous », témoigne-t-il.
« Nous avons pleinement l’intention d’y revenir une fois que notre bébé sera né et que la situation se sera calmée », poursuit-il. Sans savoir quand.
la Communauté du Times of Israël !







