À Londres, la diaspora iranienne se mobilise pour soutenir les manifestants en Iran
"Le mécontentement, la colère et la frustration sont plus grands qu'ils ne l'ont jamais été, et pour la première fois, ils sont optimistes quant à la chute du régime," selon un participant
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Une centaine de membres de la diaspora iranienne au Royaume-Uni se sont réunis samedi à Londres pour exprimer leur solidarité avec les manifestants en Iran et faire part de leur espoir que ce mouvement de contestation conduise au « renversement » du régime au pouvoir à Téhéran.
Brandissant des drapeaux aux couleurs des Moudjahidin du peuple (MEK), une organisation interdite en Iran, ou de l’Iran impérial, ils se sont réunis devant Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, pour notamment exhorter Londres à exiger la fin de la répression des manifestations.
« Je suis heureuse de voir des gens se dresser contre ce régime brutal en Iran, et nous espérons que cela aboutira à son renversement […] mais voir ces jeunes et ces innocents se faire tuer, c’est vraiment douloureux », a déclaré à l’AFP Zohreh Zanjani, 65 ans.
Non loin, un nombre similaire de partisans du shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution islamique de 1979 et décédé l’année suivante en Égypte, et de son fils Reza Pahlavi, installé aux États-Unis, s’étaient également réunis.
Parti des commerçants de Téhéran et initialement lié au coût de la vie, ce mouvement s’est étendu et a évolué vers des revendications politiques.
Au moins 12 personnes ont été tuées depuis le 30 décembre lors d’affrontements localisés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan basé sur des annonces officielles.
« C’est important de manifester notre solidarité, car en Iran, le régime tente de vous faire croire, notamment grâce à la censure, que vous êtes seuls et qu’il n’y a pas d’espoir », a défendu Zanjani, partie d’Iran il y a 36 ans après avoir été emprisonnée.
Selon Omid Ebrahimi, un médecin de 28 ans né en Iran et ayant grandi au Royaume-Uni, « beaucoup de manifestants n’ont pas le choix : ils ne voient aucune autre alternative que de se soulever et de se débarrasser de ce régime, quel qu’en soit le prix ».
« Je pense qu’on a atteint un tournant, car ce ne sont plus seulement les femmes et les jeunes qui se soulèvent : ce sont des gens de tous les horizons, y compris des commerçants, historiquement assez conservateurs et plutôt pro-régime », ajoute Fara Hosseini, avocate de 38 ans née à Londres.
« Selon mes cousins qui sont en Iran, le mécontentement, la colère et la frustration sont plus grands qu’ils ne l’ont jamais été, et pour la première fois, ils sont optimistes quant à la chute du régime », souligne-t-elle.
Des rassemblements samedi soir à Téhéran ont été qualifiés de « limités » par l’agence de presse Fars et décrits comme étant « généralement composés de groupes de 50 à 200 jeunes ».
La capitale compte environ 10 millions d’habitants.
Ces rassemblements se sont tenus dans les quartiers Novobat et Tehran Pars (est), Ekbatan, Sadeghieh et Sattarkhan (ouest), Naziabad et Abdolabad (sud), a ajouté Fars.
Selon l’agence de presse, des slogans politiques tels que « +Mort au dictateur+ » ont été entendus mais aucun débordement notable n’a eu lieu, hormis « quelques jets de pierres et l’incendie de quelques poubelles ».
Toujours d’après Fars, cette situation « contraste avec une intensification des violences et des attaques organisées dans d’autres régions, notamment dans l’ouest du pays ».
A Malekshahi, un comté d’environ 20.000 habitants où vit une importante population kurde, des affrontements ont coûté la vie samedi à un membre des forces de sécurité, selon les médias iraniens.
Selon Fars, « des émeutiers (avaient) tenté de pénétrer dans un commissariat ». « Deux assaillants ont été abattus », a ajouté l’agence.
Les médias iraniens ont rapporté ces derniers jours des violences et dégradations, principalement localisées dans l’ouest du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran.
Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement et en détail sur tous les incidents, ce qui complique l’appréciation des événements. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.
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