A l’université Penn, les groupes juifs s’inquiètent d’une enquête fédérale
Tout en se félicitant de l'ouverture de l'enquête, les organisations affirment que « la vie privée, le consentement et la sécurité des étudiants, du personnel et des enseignants juifs ne peuvent être compromis »
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Les groupes juifs de l’université de Pennsylvanie ont exprimé leur inquiétude après que les autorités fédérales ont exercé des pressions, ces derniers jours, sur l’établissement d’enseignement supérieur, le sommant de fournir des informations personnelles sur les membres du personnel juifs dans le cadre d’une enquête qui vise à lutter contre l’antisémitisme sur le campus.
Un différend qui a mis en évidence les tensions, au sein de la communauté juive, qui entourent les efforts livrés par le gouvernement américain pour lutter contre les discriminations sur les campus – les groupes juifs apportant leur soutien au combat contre les discriminations, mais s’inquiétant de ce qu’ils perçoivent comme une atteinte aux libertés civiles dans le cadre de ces investigations.
La Commission fédérale pour l’égalité des chances dans l’emploi (EEOC) a porté plainte contre les administrateurs de Penn, la semaine dernière, affirmant que l’université avait refusé de se conformer à une assignation dans le cadre d’une enquête qui était consacrée à la haine anti-juive qui sévit au sein de l’université.
L’EEOC avait lancé des investigations qui visaient l’université au mois de décembre 2023, l’accusant d’avoir permis, semble-t-il, des discriminations à l’encontre d’employés juifs – notamment en favorisant un environnement de travail hostile, en violation de la loi fédérale. L’agence fédérale avait demandé à l’université les coordonnées des membres du personnel juifs, mais l’université a refusé de se conformer à cette demande, selon les documents judiciaires.
L’EEOC a annoncé qu’elle avait besoin de ces coordonnées « afin de déterminer si, et dans quelle mesure, les employés ont pu être soumis à un environnement de travail hostile ».
Parmi les incidents survenus sur le campus qui ont été mentionnés dans les documents de la justice, une personne a crié des « obscénités antisémites » et endommagé le bâtiment du groupe juif Hillel sur le campus ; une croix gammée a été peinte sur un bâtiment universitaire avec des « graffitis haineux », des employés de Penn ont reçu des « courriels antisémites inquiétants » qui contenaient des menaces de violence ; des messages antisémites ont été projetés sur les bâtiments du campus ; et des rassemblements glorifiant les atrocités commises par le Hamas ont été organisés.
L’enquête a été entravée par de l’université de communiquer les informations nécessaires pour la mener à bien, selon les documents.
« L’identification des personnes qui ont été témoins et/ou victimes de cet environnement est essentielle pour déterminer si l’environnement de travail s’est avéré être objectivement et subjectivement hostile », indique la plainte.
La plainte évoque des violations du Titre VII de la loi sur les droits civils de 1964, qui interdit les discriminations dans l’emploi.
L’agence a demandé à l’université de lui remettre les plaintes pour antisémitisme qui ont été déposées par des employés, y compris les noms des plaignants et une liste de toutes les organisations juives avec l’identité d’une personne de contact pour chaque groupe, en plus d’une liste de leurs membres. Elle a également réclamé les noms des employés du programme d’études juives ; l’identité des employés qui ont témoigné devant le groupe de travail sur l’antisémitisme qui avait été mis en place sur le campus ainsi qu’une liste des membres du personnel qui ont reçu un questionnaire sur l’antisémitisme de la part de ce groupe de travail.
L’université n’a fourni que trois plaintes qui ne mentionnaient pas l’identité des plaignants, sur un effectif de 20 000 employés, invoquant la confidentialité.
Les deux groupes juifs de Penn, Hillel et MEOR, ont diffusé un communiqué commun où ils se sont opposés aux assignations.
« Nous soutenons le sérieux des efforts livrés actuellement dans la lutte contre l’antisémitisme sur le campus, et nous reconnaissons et nous apprécions à sa juste valeur le souci de l’EEOC pour les droits civils », ont expliqué les groupes dans le communiqué. « Mais dans le même temps, nous sommes profondément préoccupés par le fait que l’EEOC cherche désormais à obtenir des listes de personnes identifiées comme juives ».
« Tout au long de l’histoire, le recensement forcé des Juifs a été une source de danger profond, et la collecte d’informations privées sur les Juifs fait écho aux schémas mêmes qui avaient rendu les communautés juives si vulnérables au cours des siècles », continuent les deux organisations dans leur déclaration.
Le communiqué fait part de son soutien au compromis qui a été proposé par l’université – compromis qui consiste à informer les employés de l’enquête et à leur proposer d’entrer directement en contact avec les enquêteurs.
« Nous saluons et nous soutenons le sens de la responsabilité et la transparence dans la lutte contre l’antisémitisme sur le campus. Mais la vie privée, le consentement et la sécurité des étudiants, du personnel et des enseignants juifs ne sauraient être compromis », continuent les deux groupes.
L’administration Trump a sévi contre les cas présumés d’antisémitisme sur les campus, en particulier dans les universités prestigieuses comme Penn.
Les étudiants juifs ont signalé avoir été victimes de discriminations généralisées sur les campus – mais l’approche agressive pour laquelle a opté l’administration a alarmé de nombreux Juifs, qui craignent que cette stratégie ne vienne éroder les protections civiles qui, aux États-Unis, avaient aidé les Juifs et d’autres minorités.
la Communauté du Times of Israël !







