Accord américano-saoudien sur l’énergie : Trump va demander l’approbation du Congrès – sources
L'accord sur la construction de réacteurs ne serait plus lié à une normalisation avec Israël, comme l'exigeait l'administration Biden, et laisserait subsister un risque de prolifération nucléaire
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L’administration Trump prévoit de soumettre au Congrès un accord avec l’Arabie saoudite relatif au partage de technologies nucléaires. Celui-ci ne comprendrait pas les garanties dont les États-Unis ont longtemps affirmé qu’elles empêcheraient l’utilisation de ces matières dans des programmes d’armement nucléaire, ont indiqué des sources mercredi.
Cet accord, en cours de négociation, ne subordonnerait pas non plus cette initiative à une normalisation des relations avec Israël, exigence que Washington avait formulée par le passé. Le gouvernement israélien n’a pas encore réagi, mais un ministre a déclaré qu’Israël s’opposerait à cet accord et deux anciens ministres de la Défense ont vivement critiqué ces informations, affirmant qu’elles conduiraient à une course aux armements nucléaires incontrôlée au Moyen-Orient.
Selon ces sources, l’administration devrait soumettre au Congrès d’ici quelques jours un document connu sous le nom de la « Section 123 », qui sera signé par le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l’Énergie, Abdulaziz ben Salmane.
Les deux hommes avaient signé un accord préliminaire à Ryad l’an dernier.
Selon un article du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump aurait officiellement approuvé cet accord, qui pourrait permettre à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium. D’autres médias ont également indiqué que Trump avait approuvé cet accord.
Le Wall Street Journal et le New York Times ont tous deux souligné que, contrairement à son prédécesseur Joe Biden, Trump ne conditionnerait pas la coopération nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie saoudite à la normalisation des relations entre le Royaume et Israël.
L’administration Biden avait cherché à inclure un accord nucléaire civil avec l’Arabie saoudite dans le cadre d’un accord plus large qui permettrait au Royaume de normaliser ses relations avec Israël.
Cependant, la perspective d’une normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite semble de plus en plus improbable, dans un contexte marqué par la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et par le refus d’Israël de reconnaître la création d’un État palestinien, exigence clé de l’Arabie saoudite.
La Maison Blanche et le ministère américain de l’Énergie n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires.
Des parlementaires israéliens ont immédiatement fait part de leur opposition.
Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), a déclaré à la chaîne publique Kan qu’Israël agirait pour empêcher la conclusion de cet accord, affirmant qu’il n’était pas possible de garantir que l’Arabie saoudite ne deviendrait pas hostile à l’avenir.
« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, sur la scène internationale et dans le cadre de notre politique étrangère, pour empêcher qu’un certain pays du Moyen-Orient, sur lequel nous ne pouvons pas compter à long terme, ne se dote de l’arme nucléaire. »
Il a ajouté que même si « l’Arabie saoudite est aujourd’hui sur la bonne voie, elle pourrait nous tourner le dos demain ».
Avigdor Liberman, député de l’opposition et ancien ministre de la Défense à la tête du parti Yisrael Beytenu, a publié sur le réseau social X : « Tout le monde doit comprendre que le programme nucléaire civil saoudien aboutira à la fabrication d’armes nucléaires et entraînera une course effrénée à l’armement dans tout le Moyen-Orient. »
« Israël doit se montrer clair et sans équivoque : nous nous y opposerons par tous les moyens. Le gouvernement israélien doit agir avec détermination face au Congrès américain pour mettre un terme à ce processus. »
Il a ensuite déclaré à la chaîne publique Kan qu’un tel accord serait « totalement inacceptable ».
« Tout programme nucléaire militaire commence par un programme civil », a-t-il souligné, faisant référence aux activités d’enrichissement nucléaire de l’Iran.
« L’accord autorisant l’enrichissement sur le sol saoudien franchit une ligne rouge », a-t-il ajouté.
« Cela plongerait l’ensemble du Moyen-Orient dans une course aux armements nucléaires insensée. »
Liberman a également exprimé sa crainte qu’une installation nucléaire saoudienne ne devienne la cible d’attaques iraniennes.
Soulignant que les intérêts américains et israéliens ne coïncident pas toujours, il a appelé Jérusalem et les groupes pro-Israël, tels que l’AIPAC, entre autres, à s’opposer à cet accord et à convaincre le Congrès de voter contre, même si cela implique de se mettre en travers du chemin du président américain.
« Nous devons faire preuve de fermeté et ne pas tergiverser », a-t-il déclaré.
Selon l’ancien Premier ministre et ancien ministre de la Défense, Ehud Barak, le fait que l’accord ne prévoie pas la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël « témoigne d’une perte de confiance entre Netanyahu et Trump ».
« Les tensions entre eux signifient que Trump agit sans tenir compte de la position de Netanyahu », a-t-il déclaré à la radio de l’armée, Galei Tsahal. Il a ajouté que l’enrichissement saoudien aurait pu être acceptable s’il avait fait partie d’un accord de normalisation, assorti d’une étroite surveillance des États-Unis.
Pas d’interdiction de l’enrichissement, pas d’inspections de l’AIEA
L’accord fait référence à la section 123 de la loi américaine sur l’énergie atomique de 1954. Il est nécessaire pour permettre au gouvernement américain et aux entreprises américaines de collaborer avec des entités du Royaume afin de développer une industrie nucléaire civile de plusieurs milliards de dollars.
L’accord, qui devrait durer 30 ans, impliquerait des entreprises américaines dans le développement du programme. Il pourrait permettre la construction d’une installation d’enrichissement de l’uranium en Arabie saoudite, à l’issue d’une étude conjointe américano-saoudienne, ont indiqué des sources.
Il ne comprendrait pas la « norme d’excellence » qui empêcherait le Royaume d’enrichir l’uranium et de retraiter du combustible nucléaire usé, deux voies potentielles menant à l’arme nucléaire, ont précisé des sources proches du dossier.
L’accord ne comprendrait pas non plus le « protocole additionnel », qui confère à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des droits de contrôle étendus et plus intrusifs sur les activités nucléaires d’un pays, tels que le pouvoir de mener des inspections inopinées sur des sites non déclarés, ont indiqué à Reuters des sources s’exprimant sous couvert d’anonymat pour pouvoir aborder des questions sensibles.
L’une des sources a indiqué que l’administration soumettrait l’accord dès mercredi, tandis qu’une autre a précisé qu’il le serait d’ici environ une semaine. Une troisième source, qui n’a pas précisé si l’accord ne comportait pas de garanties, a déclaré qu’il serait prochainement soumis. Deux responsables américains ont déclaré au New York Times que Washington signerait officiellement l’accord avec les Saoudiens mercredi, puis en annoncerait les détails au Congrès.
Selon le New York Times, l’accord avec les Saoudiens comprendrait deux annexes confidentielles. Certains membres du Congrès pourraient refuser de voter tant que ces annexes ne seront pas rendues publiques, a précisé le quotidien, mais l’administration devrait faire valoir qu’elles concernent des détails commerciaux confidentiels et des questions de sécurité nationale.
Pour bloquer l’accord, le Congrès devrait adopter une résolution commune et obtenir une majorité des deux tiers pour passer outre un éventuel veto présidentiel.
De nombreux démocrates et certains républicains, dont le secrétaire d’État de Trump, Marco Rubio, lorsqu’il siégeait au Sénat, ont insisté pour que tout accord comporte des garde-fous.
Préoccupations en matière de prolifération
Wright avait déclaré que l’accord préliminaire ne portait pas sur l’enrichissement et qu’il reprenait l’ensemble des normes de non-prolifération prévues par la loi sur l’énergie atomique, qui comptent parmi les plus strictes au monde.
L’une des sources a déclaré à Reuters que l’accord ouvrait une voie juridique à la coopération sur le cycle du combustible nucléaire, qui comprend l’enrichissement de l’uranium, mais n’obligeait pas les États-Unis à transférer des capacités ou des technologies connexes à l’Arabie saoudite.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane affirme depuis longtemps que si l’Iran développait une arme nucléaire, l’Arabie saoudite ferait de même, ce qui alimente les inquiétudes des défenseurs du contrôle des armements et de certains législateurs américains quant à un accord sur le nucléaire civil.
En 2018, le prince héritier avait déclaré à CBS : « L’Arabie saoudite ne souhaite pas se doter d’une bombe nucléaire, mais il ne fait aucun doute que si l’Iran développait une bombe nucléaire, nous emboîterions le pas dès que possible. »
Le Royaume a également déclaré vouloir se réserver le droit d’enrichir l’uranium.
En 2009, les Émirats arabes unis avaient accepté la « norme d’excellence » lorsqu’ils avaient signé la section 123 avec Washington, qui n’incluait pas l’autorisation d’enrichissement.
Une fois soumis au Congrès, les sections 123 font l’objet d’une période d’examen d’environ 90 jours de sessions parlementaires continues, durant laquelle les législateurs peuvent s’y opposer ; à défaut, ils entrent en vigueur.
la Communauté du Times of Israël !







