Israël en guerre - Jour 237

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Le nucléaire civil saoudien, contrepartie de la normalisation des relations avec Israël

Un responsable du Moyen-Orient a souligné que l’accord restait « éloigné », car le Congrès s’oppose au renforcement de la relation de défense avec Ryad

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, à droite, saluant le président Joe Biden, par un check après son arrivée à Jeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane, à droite, saluant le président Joe Biden, par un check après son arrivée à Jeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)

L’Arabie saoudite a demandé aux Etats-Unis de donner le feu vert au développement d’un programme nucléaire civil en échange de la normalisation de ses relations avec Israël, a déclaré jeudi un haut diplomate du Moyen-Orient.

Le programme nucléaire civil est l’une des nombreuses demandes présentées par Ryad lors de pourparlers avec l’administration Biden, l’année passée, a déclaré le diplomate, confirmant une information du Wall Street Journal, tout en précisant qu’un tel accord demeurait « encore très éloigné ».

Le diplomate de haut rang a précisé que, bien que Washington souhaite la conclusion d’un accord de normalisation, Ryad ne se pressait pas, conscient de l’opposition du Congrès à ses demandes de coopération renforcée en matière de défense avec les Etats-Unis.

Le diplomate a également évoqué le regain de violence dans le conflit israélo-palestinien depuis que le gouvernement d’extrême droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu a pris ses fonctions, fin décembre, ce qui rend un tel accord avec Jérusalem moins acceptable en Arabie saoudite, et dans le monde musulman en général.

Compte tenu des craintes de l’administration Biden qu’un programme nucléaire saoudien favorise la course régionale à l’armement nucléaire, Ryad a suggéré de le développer en pleine coopération avec les États-Unis, avec une surveillance et des inspections américaines, a déclaré le diplomate.

Il a convenu que Washington n’était pas convaincu par cette idée.

Pour compliquer encore les choses, l’Arabie saoudite subordonne la normalisation avec Israël à un développement important de sa relation de défense avec les États-Unis, dont un système de garanties pour empêcher les gouvernements américains à venir de se retirer unilatéralement des contrats d’armement déjà conclus, a ajouté le diplomate.

Il a précisé que les responsables saoudiens n’avaient pas formulé de demande spécifique concernant la question palestinienne, dans leurs pourparlers avec les États-Unis, alors que les Émirats arabes unis l’avaient fait, en 2020, en subordonnant la normalisation à l’abandon par Netanyahu de son projet d’annexion de grandes parties de la Cisjordanie.

Des Palestiniens dans le camp de réfugiés de Jénine lors d’un raid de l’armée israélienne, le 7 mars 2023. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh / AFP)

Le diplomate pense qu’une demande liée aux Palestiniens sera probablement évoquée vers la fin des négociations.

Les responsables saoudiens ont en effet déclaré à plusieurs reprises qu’ils ne normaliseraient les relations avec Israël que lorsqu’un État palestinien serait créé, perspective à laquelle le gouvernement actuel de Netanyahu s’oppose avec véhémence.

Le royaume du Golfe a également émis une série de condamnations du gouvernement israélien ces derniers mois, notamment au moment du déplacement du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, au mont du Temple, lors de raids meurtriers de Tsahal en Cisjordanie ou encore au moment de la légalisation des avant-postes de Cisjordanie et de l’appel du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, à « anéantir » une ville palestinienne.

Ryad a toujours eu une plus ou moins grande influence sur le conflit israélo-palestinien par le passé, mais la fréquence et l’intensité des condamnations depuis la formation du dernier gouvernement de Netanyahu sont sans précédent, ce qui éloigne encore davantage la perspective d’une normalisation.

Le président américain Joe Biden participe à une séance de travail avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed bin Salman au palais royal d’Al Salam dans la ville côtière saoudienne de Jeddah, le 15 juillet 2022. (Crédit : Mandel NGAN / AFP)

Les analystes estiment que la normalisation avec Israël ne se fera pas du vivant du roi saoudien Salman.

Âgé de 87 ans et malade, le souverain est considéré comme un des piliers de la cause palestinienne.

Son fils, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, témoigne d’une volonté plus grande de parvenir à un accord, ne serait-ce qu’en raison de son désir de renforcer la coopération contre l’Iran.

En 2022, l’Arabie saoudite a ouvert son espace aérien aux avions de ligne israéliens dans un geste présenté par l’administration Biden comme un premier pas vers la normalisation avec Israël, même si Ryad a rapidement nié que cette décision soit un préalable à autre chose.

Un responsable, très au fait de la question, a déclaré au Times of Israel qu’un accord de normalisation serait plus probable avec une administration américaine républicaine, Ryad s’estimant en mesure d’obtenir davantage qu’avec un président démocrate.

Pourtant, au Capitole, l’opposition au réchauffement des liens avec Ryad s’est étendue aux deux partis, au vu du bilan désastreux de l’Arabie saoudite en matière de droits de l’homme et de sa politique énergétique. En effet, beaucoup avaient fulminé, l’an dernier, contre la baisse de la production de pétrole saoudien.

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