Al-Qard Al-Hassan, banque du Hezbollah, visée par Israël et les États-Unis
AQAH, qui est frappée depuis de longues années de sanctions par le Trésor US, cherchant à assécher les sources de financement du groupe terroriste chiite, a été visée lundi par Tsahal
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Considérée comme la banque du Hezbollah, l’association de crédit non agréée Al-Qard Al-Hassan (AQAH) constitue l’un des organes de puissance financière du groupe terroriste chiite libanais pro-République islamique.
Elle continue de fonctionner malgré les frappes israéliennes de lundi sur des succursales et les tentatives américaines de l’asphyxier.
Dans un Liban en proie à une crise économique, cette société remplace les banques avec des crédits et des services qui jouissent d’une grande popularité, notamment auprès de la communauté chiite.
Lundi, l’aviation israélienne a mené des frappes sur des succursales d’Al-Qard al-Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion historique du Hezbollah connu sous le nom de Dahiyeh, après avoir renouvelé son appel à la population à évacuer la zone.
La société « constitue un élément central du financement des activités terroristes du Hezbollah », a expliqué un porte-parole de Tsahal.
AQAH est frappée depuis de longues années de sanctions par les États-Unis, qui cherchent à assécher les sources de financement du groupe terroriste chiite.
Les États-Unis ont accentué leurs pressions ces derniers mois sur les autorités libanaises pour qu’elles ferment cette institution.
Un responsable du Trésor américain avait exigé lors d’une visite au Liban en novembre que l’État « lutte contre le blanchiment d’argent, la ‘cash economy’ [transactions en liquide, NDLR] et qu’il ferme Al-Qard Al-Hassan ».
En février, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre la société d’échange d’or Jood SARL, qui dépend d’AQAH.
Selon des experts, l’économie du Hezbollah repose grandement sur des flux en espèces, parfois acheminés par des vols commerciaux.
Popularité
Sous la pression des États-Unis, les autorités libanaises ont également pris des mesures pour resserrer l’étau autour d’Al-Qard Al-Hassan.
En juillet, la Banque centrale a interdit toute transaction avec cette société, qui possède une trentaine de succursales à Beyrouth et dans plusieurs autres régions, dont certaines ne sont pas des bastions du Hezbollah.
La compagnie, enregistrée auprès des autorités depuis les années 1980, continue cependant de fonctionner.
Le secret de sa popularité ?
L’application des principes de la finance islamique, qui favorise l’octroi de prêts sans intérêts. Et surtout, dans un pays en pleine crise économique depuis 2019, elle profite de la déliquescence des banques traditionnelles, qui ne fonctionnent presque plus et ont retenu l’argent des Libanais.
Concrètement, Al-Qard Al-Hassan fournit des microcrédits aux artisans ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises agricoles ou industrielles. L’institution octroie des prêts en devises à ses clients, garantis par leurs dépôts en or.
Alors que les banques avaient suspendu les crédits en raison de l’effondrement économique, AQAH se targuait d’avoir octroyé 212 000 prêts d’une valeur totale de 553 millions de dollars entre 2020 et 2021.
Lors de la précédente guerre entre le Hezbollah et Israël, d’octobre 2023 à novembre 2024, ses succursales à travers le territoire libanais avaient déjà été la cible de frappes. Certaines d’entre elles ont depuis été reconstruites.
AQAH fait partie d’un réseau d’associations, d’écoles, d’hôpitaux et de coopératives au service des partisans du Hezbollah, ce qui a contribué à sa popularité au sein de la communauté chiite.
Mais elle dit offrir ses prêts « à tous les Libanais ».
Des clients issus des communautés chrétienne et musulmane sunnite ont indiqué par le passé à l’AFP avoir recours à ses services.
Si l’Iran a aidé à la création de l’organisation dans les années 1980, elle est désormais autofinancée, principalement par la communauté chiite du Liban, selon des experts.
Les détracteurs du groupe terroriste chiite libanais fustigent cette institution, car elle se soustrait aux régulations et aux contrôles du secteur bancaire.
Dès 2007, le Trésor américain avait gelé ses avoirs, et avait imposé en 2021 des sanctions contre plusieurs personnalités liées à l’institution.
Selon le Trésor américain, Al-Qard al-Hassan « est utilisée par le Hezbollah comme couverture pour gérer les activités financières du groupe terroriste et avoir accès au système financier international ».
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