Alex Witkoff aurait proposé un investissement au Qatar alors que son père négociait une trêve
Selon le New York Times, parmi les pays du Golfe sollicités, le Qatar aurait refusé d'investir dans le Witkoff Group ; la Maison Blanche et le fonds immobilier démentent
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Alors que Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, négociait un cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas au début de l’année, son fils, Alex Witkoff, cherchait en privé à obtenir des milliards de dollars auprès des pays impliqués dans ces négociations, a rapporté le New York Times vendredi.
Steve Witkoff, qui a mené les négociations diplomatiques du président américain Donald Trump à travers le monde depuis son investiture en janvier, dirigeait auparavant le Witkoff Group, une société de promotion immobilière basée à New York. Son fils, Alex, lui a depuis succédé en tant que PDG.
Selon le New York Times, Alex Witkoff a proposé un fonds de développement immobilier de plusieurs milliards de dollars à des fonds souverains du Qatar, des Émirats arabes unis et du Koweït.
Le Qatar, allié des États-Unis et médiateur clé dans les pourparlers sur Gaza, a confirmé que le jeune Witkoff les avait approchés, mais un porte-parole de la Qatar Investment Authority (QIA) a déclaré qu’après des discussions internes, celle-ci avait décidé de ne pas investir.
Le fonds proposé, le Special Situations Real Estate Credit Fund, devait se concentrer sur l’immobilier commercial américain, selon un document de collecte de fonds détaillé dans l’article.
Selon le New York Times, le Witkoff Group visait à lever 4 milliards de dollars, avec la possibilité de générer des centaines de millions de dollars en commissions et en participations aux bénéfices.
Cette levée de fonds a eu lieu alors que son père, Steve Witkoff, fondateur du Witkoff Group, représentait les États-Unis dans des négociations délicates avec les pays du Golfe, notamment le Qatar, ce qui a soulevé des questions quant à un éventuel conflit d’intérêts.
Interrogée par le New York Times à propos de cet article, Anna LaPorte, porte-parole du Witkoff Group, a déclaré que le fonds était « préliminaire » et que la société « n’allait pas donner suite à ce projet ».
Elle a également affirmé que Steve Witkoff n’avait « aucune implication dans notre entreprise depuis 2024 » et a rejeté toute suggestion de conflit d’intérêts en la qualifiant de « catégoriquement fausse ».
Les relations entre les Witkoff et le Qatar remontent au premier mandat de Trump. En 2017, alors que le Qatar était frappé par un blocus imposé par les pays du Golfe, le pays avait cherché à nouer des relations avec les États-Unis, notamment avec des personnalités juives proches de Trump.
Une note de lobbying datant de 2017 et incluse dans l’article décrivait Steve Witkoff comme un « confident » et un « conseiller officieux » de Trump, et laissait entendre qu’investir dans ses projets immobiliers pourrait aider le Qatar à se forger une bonne réputation politique auprès de l’administration.
Depuis, poursuit l’article, des fonds liés au Qatar ont discrètement soutenu au moins deux grands projets de Witkoff, dont The Brook, une tour d’appartements de luxe à Brooklyn, développée grâce au financement d’Apollo Trust, un fonds détenu en partie par le Qatar.
En 2023, le Qatar a racheté l’hôtel Park Lane, un établissement en difficulté qui appartenait auparavant à Steve Witkoff, pour 623 millions de dollars, lui permettant ainsi de se désengager d’un investissement lourdement endetté.
Selon le New York Times, depuis que Steve Witkoff a rejoint la deuxième administration Trump, le Witkoff Group a reçu 100 millions de dollars supplémentaires de la fiducie Apollo, cette fois pour un projet à Palm Beach.
En réponse à cet article, un porte-parole de la Maison Blanche a évoqué une « nouvelle calomnie mensongère », sans toutefois identifier les inexactitudes factuelles. David Warrington, le conseiller juridique de la Maison Blanche, a déclaré au New York Times que Steve Witkoff « prenait très au sérieux le respect des règles éthiques du gouvernement ».
Répondant également à l’article du New York Times, un porte-parole du Witkoff Group a déclaré : « Bon nombre des déclarations rapportées dans cet article sont manifestement fausses, et le New York Times a délibérément choisi de ne pas inclure notre déclaration complète, ce qui n’est pas surprenant étant donné que la journaliste Debra Kamin, qui l’a rédigé, n’a pas divulgué ses conflits d’intérêts évidents, notamment son passé de militante de gauche radicale, avec des publications anti-Trump et des dons à des démocrates comme Elizabeth Warren for President. »
« Nous n’avons jamais dépassé le stade des discussions préliminaires concernant la création de ce fonds, nous n’avons jamais dit aux investisseurs potentiels que les fonds provenant de ces sociétés étaient ‘bloqués’, et nous n’avons même jamais parlé à certains des investisseurs potentiels mentionnés », a ajouté le porte-parole du Witkoff Group.
« Bien que le Witkoff Group explore régulièrement des opportunités immobilières, nous avons choisi de ne pas donner suite à ce projet, uniquement pour des raisons économiques. Nous avons conclu que la baisse des taux de la Fed, dans un marché du crédit privé de plus en plus saturé, rendait la rentabilité difficile. L’idée que nous ayons abandonné ce projet à cause d’une enquête des médias est vraiment risible. »
« Notre fondateur, Steve Witkoff, n’est plus impliqué dans notre entreprise depuis 2024. Par conséquent, malgré les insinuations malhonnêtes, l’idée selon laquelle il existerait un quelconque « conflit d’intérêts » est catégoriquement fausse. Le Witkoff Group est actif dans les domaines de l’immobilier et du crédit (y compris les fonds) depuis les années 1990, et nous ne nous laisserons pas intimider par une campagne de dénigrement menée par les médias de gauche pour nous forcer à cesser notre activité, simplement parce que notre fondateur, qui n’a plus aucun lien avec notre entreprise, travaille aujourd’hui pour l’administration actuelle », conclut le communiqué.
Statement from the International Media Office of the State of Qatar in response to false accusations in The New York Times pic.twitter.com/Z7TPAJ2QCt
— Qatar's International Media Office (@IMO_Qatar) September 27, 2025
Le Qatar a également publié un communiqué démentant les allégations contenues dans l’article, qu’il a qualifiées de « totalement fausses et tellement peu crédibles qu’elles ne peuvent être qualifiées que d’absurdes ».
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