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Alors que la guerre se poursuit, l’anxiété et le manque de confiance s’accentuent chez les enfants

Une ONG signale une réapparition marquée d’énurésie, cauchemars et repli chez des enfants déjà suivis, révélant un stress durable et une érosion de la confiance envers les adultes

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Sur cette photo non datée, un thérapeute de Mashabim travaille avec une jeune fille. (Crédit : Mashabim)
Sur cette photo non datée, un thérapeute de Mashabim travaille avec une jeune fille. (Crédit : Mashabim)

Une organisation spécialisée dans la résilience, active de longue date dans le nord d’Israël, a indiqué mercredi que les symptômes d’anxiété chez les enfants, tels que l’énurésie, l’encoprésie, les crises de panique, les cauchemars et les comportements obsessionnels compulsifs, ont augmenté depuis le début de la guerre actuelle contre la République islamique d’Iran.

Yiftach Benbenishti, directeur général du Centre Mashabim à Kiryat Shmona, près de la frontière libanaise, a précisé que ces symptômes avaient nettement réapparu chez des enfants qui avaient déjà suivi un traitement contre l’anxiété et montraient des signes d’amélioration.

Les communautés situées le long de la frontière nord souffrent depuis longtemps des tirs de roquettes en provenance du Liban, une situation qui a contraint des dizaines de milliers de civils à se déplacer.

Dès le 8 octobre 2023, soit un jour après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées, en majorité des civils, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par le régime iranien, a commencé à lancer ses frappes sur Israël depuis le Liban en soutien au Hamas.

Le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 a volé en éclats le 2 mars, lorsque le Hezbollah a repris ses tirs de roquettes contre Israël depuis le Liban, invoquant la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans les frappes conjointes américaines et israéliennes contre le régime de Téhéran.

Depuis le début de l’opération Lion rugissant, le 28 février, les lignes d’assistance de Mashabim ont enregistré 264 demandes de thérapie individuelle, dont 144 concernaient des enfants de moins de 18 ans. Parmi celles-ci, 80 portaient sur des enfants de moins de six ans et 53 sur des enfants âgés de sept à douze ans.

Par ailleurs, 75 couples ont sollicité un accompagnement parental.

Les symptômes signalés comprennent l’énurésie et l’incontinence fécale chez des enfants auparavant propres, l’anxiété et les crises de panique, les cauchemars et les troubles du sommeil, l’angoisse de séparation, l’apathie et le repli émotionnel, des maux de tête et de ventre sans cause médicale identifiée, ainsi qu’une baisse de la concentration et des performances scolaires, dans un contexte où l’enseignement se déroule principalement sur Zoom.

« Certains des symptômes que nous observons reflètent une régression liée au stress et à l’anxiété », a déclaré le professeur Mooli Lahad, président et fondateur du Centre Mashabim.

« Il s’agit d’une érosion psychologique, non pas d’une faiblesse, mais d’une réponse naturelle à un stress prolongé. Les gens, et en particulier les enfants, ne sont pas épuisés par un seul événement difficile, mais par une réalité difficile qui perdure. »

Le professeur Mooli Lahad, fondateur et président du Centre communautaire de prévention du stress (Mashabim) situé dans la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays. (Crédit : Mashabim)

Shahar Habar, directeur clinique de Mashabim, a indiqué que « la plupart des demandes proviennent de parents d’enfants âgés de 7 à 12 ans. Les adolescents et les enfants plus jeunes expriment leur détresse différemment, notamment par le repli sur soi et l’évitement, et eux aussi ont besoin d’attention ».

Il a ajouté que « les parents eux-mêmes sont soumis à un stress important et font de leur mieux dans des circonstances extrêmes. Les symptômes et les régressions observés chez les enfants sont la manière dont l’enfant exprime son état émotionnel. Il est important de ne pas lui faire honte ni de paniquer. Si nécessaire, il est recommandé de consulter un professionnel ».

Les thérapeutes de Mashabim ont également signalé une baisse préoccupante de la confiance des enfants envers les adultes qui les entourent. Dans certains cas, les enfants ont du mal à croire qu’il est sûr de quitter leurs espaces protégés. Dans d’autres, les parents eux-mêmes peinent à transmettre un sentiment de sécurité en raison de leur propre incertitude.

Sur cette photo non datée, de jeunes enfants participent à une activité organisée par Mashabim. (Crédit : Mashabim)

Benbenishti a ajouté que « les enfants ne mesurent pas la sécurité à l’aune des déclarations officielles, mais à travers le sentiment de sécurité que leur transmettent les adultes qui les entourent. Lorsque la réalité devient prolongée et déstabilisante, même les enfants qui s’étaient remis de leur anxiété peuvent voir leurs symptômes réapparaître. Aujourd’hui, nous constatons non seulement une augmentation du nombre d’enfants anxieux, mais aussi un sentiment croissant que le monde est moins prévisible et moins sûr ».

Mashabim, qui gère deux centres de résilience financés par l’État dans le nord d’Israël, recommande aux parents de reconnaître la peur de leurs enfants comme une réaction naturelle ; de maintenir autant que possible une routine – notamment les repas en famille, les moments de jeu et les rituels du coucher ; de limiter l’exposition aux informations ; de fournir des explications adaptées à l’âge de l’enfant sur les consignes à suivre en cas d’alerte afin de réduire le sentiment d’impuissance ; et de solliciter un soutien professionnel si les symptômes persistent.

Les lignes d’assistance de Mashabim sont disponibles en hébreu, en arabe, en russe et en anglais.

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