Après l’affaire Fuentes, Tucker Carlson interroge le fils de Nikki Haley sur la « question israélienne »
Pour Nalin Haley, 24 ans, invité à un podcast pour parler des opinions des jeunes hommes de droite, Israël n'est pas "mauvais", mais "doit cesser de s'ingérer dans notre politique"
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Mercredi, à la suite de la controverse suscitée par un précédent épisode avec l’extrémiste Nick Fuentes, le commentateur américain de droite Tucker Carlson a publié une interview de Nalin Haley, 24 ans, dans laquelle les deux hommes ont critiqué la double nationalité, l’immigration légale et le prétendu « contrôle » israélien sur la politique américaine.
Dans cette interview, Carlson et Haley — dont la mère, Nikki Haley, ancienne gouverneure et ambassadrice auprès des Nations unies, s’est présentée contre le président américain Donald Trump en 2024 — ont fustigé ce qu’ils ont décrit comme une « obsession » pour Israël dans la politique américaine, la qualifiant de « étrange » et « malsaine ».
Ces derniers mois, Carlson, qui a soulevé le sujet, a été critiqué et accusé d’antisémitisme pour avoir suggéré dans des vidéos qu’il existait des liens cachés entre Israël, les attentats du 11 septembre et les activités de Jeffrey Epstein, pour avoir accusé Israël de mener une guerre à Gaza sur la base d’une croyance en une « diffamation du sang », ainsi que pour avoir attaqué Jérusalem qui aurait maltraité les chrétiens dans le cadre de son conflit avec les Palestiniens.
Faisant écho aux tropes antisémites classiques, il a également, à plusieurs reprises, affirmé que le commentateur politique conservateur Ben Shapiro, juif orthodoxe et ouvertement pro-Israël, se montrait loyal envers l’État juif et déloyal envers les États-Unis. Il l’a en outre récemment accusé de ne pas s’opposer à « l’usure ».
La discussion avec Haley au sujet d’Israël a eu lieu après un échange sur la politique étrangère, au cours duquel Carlson a demandé au jeune homme de 24 ans ce qu’il pensait de la pression en faveur d’une « nouvelle guerre visant à changer le régime, dans n’importe quel pays » – faisant vraisemblablement allusion à une éventuelle deuxième guerre avec l’Iran, après que le président américain Donald Trump a soutenu et même rejoint la campagne menée par Israël contre le programme nucléaire de la république islamique. Carlson avait alors sévèrement critiqué les frappes américaines, poussant Trump à le qualifier de « farfelu ».
« Je ne pense pas qu’ils préconisent cela simplement parce qu’il s’agit de leur intention. Je suis convaincu qu’ils sont poussés à le faire par des groupes d’intérêt », a déclaré Haley. Et Carlson de lui répondre : « Il est évident qu’il y en a. Nous avons beaucoup appris à ce sujet récemment. »
C’est alors que Carlson a soulevé ce qu’il a appelé « la question israélienne », que Haley a à son tour qualifiée de « question que personne ne veut poser », incitant Carlson à poursuivre : « Je n’ai jamais pensé que cette question était aussi centrale qu’elle s’est avérée l’être. »
Évoquant Nick Fuentes, Carlson a décrit le podcasteur d’extrême droite, « célèbre pour ses propos provocateurs, mais aussi pour ses critiques assez directes du contrôle qu’Israël exerce sur les États-Unis. Pensez-vous que ce point de vue soit largement partagé ? ».
Fuentes, interviewé par Carlson au début du mois, est ouvertement agnostique quant à la réalité de la Shoah, qu’il désigne néanmoins comme un élément central de l’identité juive, qu’il a à son tour qualifiée d’anti-blanche. Au début de l’épisode, Carlson a attribué la popularité de Fuentes au racisme et à la discrimination envers les Blancs.
Haley a refusé tout commentaire des opinions de Fuentes en particulier, approuvant toutefois la description faite par Carlson de l’attitude des jeunes envers Israël comme « de plus en plus sceptique, voire hostile ».
« Je ne pense pas que cette attitude soit due à quelque chose que nous aurions fait. Je suis convaincu que tout dépend d’Israël. C’est leur responsabilité, pas la nôtre », a souligné Haley.
« En réalité, ce n’est qu’un pays comme les autres », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il ne pensait pas qu’Israël était « malfaisant », mais que si l’État juif « veut améliorer ses relations avec les États-Unis, il doit cesser d’interférer dans notre politique ».
Le jeune homme de 24 ans a ensuite précisé ne pas parler exclusivement d’Israël. Il a ajouté qu’il souhaitait que toute aide et tout lobbying étrangers cessent, affirmant : « Nombre d’autres pays agissent de la même manière. Et c’est tout aussi problématique. »
Si Israël a toujours bénéficié d’un large soutien aux États-Unis, notamment de la part de groupes de pression nationaux prônant une alliance entre les États-Unis et Israël, d’autres pays dépensent plus d’argent à Washington. Parmi eux figure le Qatar, qui soutient le Hamas. Le pays a enregistré des lobbyistes entretenant des liens étroits avec des hauts responsables des deux partis, notamment la société qui a organisé l’interview de Carlson avec le Premier ministre qatari au début de l’année, selon un document déposé auprès du ministère américain de la Justice en vertu de la loi sur l’enregistrement des étrangers.
Carlson a ensuite interrogé Haley sur l’immigration, incitant le jeune homme à faire part de son opposition à la double nationalité et aux citoyens américains servant dans des armées étrangères. Les citoyens naturalisés ne devraient pas être autorisés à occuper des fonctions publiques, a-t-il également estimé.
C’est, selon les propres dires du commentateur,dans le cadre d’une initiative visant à comprendre pourquoi tant de jeunes hommes aux États-Unis étaient attirés par Fuentes que Carlson a reçu Haley. La précédente interview de Carlson a entraîné une série de démissions de membres indignés de la Heritage Foundation, un think tank conservateur, après que son dirigeant ait refusé de condamner les propos alors tenus. Une controverse qui a mis en évidence la profonde fracture qui divise la droite américaine sur les questions relatives à Israël et à l’antisémitisme.
la Communauté du Times of Israël !







