Après le « cauchemar » des missiles iraniens, les évacués de Beit Shemesh accueillis à Jérusalem
Près de 300 habitants de la ville durement touchée tentent de reconstruire leur vie depuis l’hôtel Leonardo Plaza, après que la frappe a détruit leurs maisons
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La vie de Mor Buzaglo a basculé depuis qu’un missile balistique iranien a frappé sa maison à Beit Shemesh dimanche dernier, causant des dégâts sérieux.
« Notre maison a été gravement endommagée lors de l’attaque », raconte Buzaglo. « Le plafond s’est effondré sur ma fille et moi, et c’est un miracle que nous soyons encore en vie. Les fenêtres ont volé en éclats, les luminaires sont tombés et tout était brisé sur le sol. Et tout s’est arrêté là. »
Transportées à l’hôpital pour y être soignées, Buzaglo et sa fille ont ensuite rejoint son mari et leurs deux autres enfants chez leurs beaux-parents avant d’être envoyées à l’hôtel Leonardo Plaza à Jérusalem.
Aujourd’hui, elle et sa famille sont hébergées avec des centaines d’autres habitants évacués de la ville après la frappe iranienne qui a fait neuf morts et environ 65 blessés au deuxième jour de l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre la République islamique.
Environ 300 évacués sont hébergés dans cet hôtel, qui fait partie du groupe Fattal Hotels, indique Ortal Noah Moalem, directrice générale de la chaîne hôtelière à Jérusalem. Beaucoup d’entre eux y resteront probablement jusqu’à ce que leurs maisons soient reconstruites, indique un représentant du ministère de la Justice.
Dimanche après-midi, dans le hall de cet hôtel de luxe, des enfants en pyjama jouent à côté de piles de valises, tandis que des équipes de bénévoles, de travailleurs sociaux et de fonctionnaires sont assises à des tables pour leur offrir leur aide.
Bon nombre des évacués disent souffrir de crises d’angoisse et d’autres formes de détresse psychique. La plupart ne savent pas encore où ils seront hébergés dans les jours à venir, indique une employée des services sociaux de Beit Shemesh, qui a demandé à rester anonyme. Elle précise par ailleurs que les membres des familles des neuf personnes tuées dans l’attaque ont été relogés ailleurs.
Au fond du lobby de l’hôtel, des panneaux indiquent aux personnes où trouver des conseillers municipaux, des secouristes et des conseillers en assurance afin de les informer de leurs droits. Beaucoup de clients avaient auparavant été envoyés dans un autre hôtel à Jérusalem, n’arrivant que plus tard dans celui-là.
« Malheureusement, cet hôtel a déjà l’habitude de ce genre de situation », déclare Noah Moalem. « C’est la troisième fois que nous accueillons des évacués depuis le début de la guerre en 2023. Nous comprenons que c’est pour nous l’occasion de prendre part à cet effort d’urgence aux côtés de l’ensemble de l’État d’Israël. Aujourd’hui, notre rôle est d’ouvrir nos cœurs et d’offrir un lieu chaleureux ainsi que le meilleur accueil possible. »
Trouver un équilibre entre les besoins des évacués et l’atmosphère d’un hôtel de luxe est un défi délicat, dit Noah Moalem.
« Nous devons être très inclusifs et accueillir tout le monde, tout en préservant l’atmosphère de l’hôtel », explique-t-elle. « Nous sommes convaincus que si nous respectons nos clients, ils respecteront l’endroit, et nous essayons d’adopter cette approche même lorsque cela ne fonctionne pas. Si un enfant joue avec un ballon dans le hall, nous l’invitons poliment à aller jouer dehors, en gardant à l’esprit que ces personnes sont ici parce qu’elles ont perdu leur maison. »
Beaucoup d’évacués ne savent pas encore quand ils pourront rentrer chez eux ni quels défis les attendent dans les jours et les semaines à venir. Buzaglo estime qu’il faudra environ deux mois de travaux avant qu’elle puisse retourner chez elle.
Anastasia Kramar, une autre habitante de Beit Shemesh, a encore du mal à s’adapter à cette nouvelle réalité.
« Personne n’aurait jamais imaginé qu’une telle chose puisse se produire dans notre ville tranquille et familiale », s’exclame-t-elle. « Ma fille et moi étions dans un abri public lorsque cela s’est produit, mais la porte avait été laissée ouverte. Soudain, il y a eu une explosion et tout a été projeté dans les airs. Après un bref silence, les cris ont commencé. ‘Où est mon fils ?’, ‘Où est ma mère ?’. C’était un cauchemar. »
L’hôtel propose de nombreuses activités pour les enfants qui y séjournent, « mais les adultes sont actuellement en grande difficulté sur le plan mental et émotionnel », ajoute-t-elle.
Alors que la plupart des maisons de son quartier ont été endommagées, Kramar s’interroge sur ce que l’avenir lui réserve. Le gouvernement a affirmé qu’il prendrait en charge la reconstruction des habitations endommagées, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire entre ces déclarations et leur mise en œuvre sur le terrain.
« Cette situation est tout simplement horrible », dit-elle. « Les entrepreneurs nous ont dit qu’ils ne souhaitaient pas prendre en charge la réparation de notre maison, et le gouvernement nous indique que nous devons d’abord obtenir un devis pour les travaux avant d’être remboursés. Notre voiture a également été endommagée, et nous ne savons pas ce qui nous attend ensuite. »
Les propriétaires ont droit à différents types d’indemnisation du gouvernement en fonction du niveau de dommages subis par leur propriété, note un représentant du ministère de la Justice présent à l’hôtel pour informer les évacués de leurs droits légaux. Sans répondre directement aux accusations de Kramar, le représentant fait remarquer que, dans certains cas, l’indemnisation n’est versée qu’après présentation d’un reçu aux autorités.
Yael, une habitante de Beit Shemesh qui suit un programme de formation militaire après le lycée, fait partie des bénévoles venus prêter main-forte aux évacués à l’hôtel, aux côtés de son amie Yaela.
Yael nous confie être « venue ici pour faire du bénévolat et aider là où c’est nécessaire, que ce soit pour la logistique, le tri des dons ou s’occuper des enfants ».
« Certains enfants aiment être à l’hôtel, car cela ressemble un peu à des vacances, mais les adultes semblent complètement dépassés ; ils ne comprennent pas ce qui se passe ni ce qui va se passer ensuite. »
Buzaglo a trouvé un peu de réconfort lorsque la fête d’anniversaire qu’elle avait initialement prévue chez elle pour son fils de cinq ans a malgré tout pu être célébrée à l’hôtel, où des bénévoles ont organisé un spectacle de magie et servi du pop-corn et de la barbe à papa.
« C’était très émouvant et réconfortant », a déclaré Buzaglo. « C’est réconfortant de voir autant de personnes ici qui essaient d’aider et d’apporter leur soutien. »
la Communauté du Times of Israël !







