« Tout a disparu » : les habitants sous le choc après la frappe meurtrière sur Beit Shemesh
Neuf personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans une ville après qu'un missile balistique a semé le chaos et la destruction dans une paisible rue résidentielle
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

« Nous étions dans la pièce sécurisée lorsqu’une explosion massive s’est produite, et que des éclats d’obus ont pénétré dans la maison », a raconté Yarin, debout au milieu d’une rue autrefois paisible mais désormais jonchée de débris en tous genres, de morceaux de tuiles ou de ciment, de bouts de bois ou d’éclats de verre.
Au Times of Israel, cet habitant de Beit Shemesh a décrit le moment où un missile iranien, après avoir échappé aux défenses aériennes, s’est abattu sur son quartier à Beit Shemesh, tuant neuf personnes et en blessant des dizaines d’autres, détruisant une synagogue et causant d’importants dégâts à un abri anti-bombes public, ainsi qu’aux maisons environnantes.
Le petit immeuble qui abritait cet abri public a été pulvérisé par l’impact, qui a projeté des blocs de béton assez gros pour détruire des voitures stationnées à 50 mètres de là.
Quand le missile s’est abattu à Bet Shemesh, la porte de l’abri était encore ouverte pour laisser entrer les gens, ont raconté à l’AFP Ilana Malka et d’autres habitants. Ilana Malka ne sait pas si ses trois petits-neveux sont encore en vie. « J’ai entendu dire que mes trois petits-neveux, les petits-enfants de mon frère, étaient dans l’abri, et qu’ils ne les ont pas retrouvés », raconte, émue, cette femme de 65 ans.
Sa propre maison, à une centaine de mètres de l’abri, a eu la plupart de ses fenêtres explosées. Des morceaux du plafond se sont effondrés et le jardin est jonché d’oranges, arrachées par le souffle. Ilana Malka, pourtant, s’estime chanceuse parce que, raconte-t-elle, elle a l’habitude de se rendre à l’abri lorsque les sirènes résonnent. Épuisée par la journée de samedi, la première de la guerre, elle a décidé cette fois de descendre au sous-sol, dans son propre abri, qui n’est pas aux normes et dont la porte a été soufflée par l’explosion survenue dimanche à la mi-journée.
« Dieu m’a aidée. C’est sûr, il nous aime », dit-elle.
Ce quartier de « Bet Shemesh est un petit village, donc tout le monde connaît tout le monde », souligne Moshé Levy, un entrepreneur de 52 ans.
Il raconte que seulement deux heures avant la frappe, sa soeur avait emmené leur mère, âgée de 88 ans, de l’appartement qu’il venait de rénover.
Bien qu’un peu éloigné du point d’impact, l’appartement a subi des dégâts considérables, avec notamment des fenêtres arrachées de leur cadre et des trous dans le toit.
« Là, ce ne sont que des dégâts matériels, l’argent peut réparer tout cela. Mais là-bas, l’argent ne peut réparer des vies », dit-il en pensant aux membres de sa communauté qui ont perdu des proches.
Le toit de l’immeuble de sa mère, comme tant d’autres dans le quartier, porte des traces de l’explosion, des tuiles brisées ou soufflées.
« Tous les murs ont volé en éclats. Les vitres, toutes les cloisons, la porte d’entrée se sont effondrées », a-t-il expliqué.
Ce tir de missile sur Beit Shemesh est le plus meurtrier qu’Israël a enregistré depuis le début du conflit avec l’Iran. Au cours de la guerre de 12 jours qui a opposé Israël à l’Iran en juin 2025, c’est un impact de missile sur un immeuble résidentiel de Bat Yam qui avait fait le plus de victimes, avec neuf morts.
Dimanche, loin du théâtre de l’attaque et en dépit des directives du Commandement du front intérieur, la vie a semblé reprendre son cours à Beit Shemesh. Les enfants déambulaient, déguisés pour la fête de Pourim, et de nombreux magasins ont ouvert leurs portes comme à l’accoutumée.
Cependant, près du site de la frappe, une atmosphère différente se fait sentir. L’air est submergé par la poussière tandis que des hélicoptères et des drones survolent la zone.
Les pare-brise des voitures garées le long de la rue ont été brisés, voire ont complètement disparu. À mesure que l’on se rapproche de l’épicentre de l’explosion, les dégâts causés aux maisons se font plus importants. Bon nombre d’entre elles ont perdu de larges pans de leur toiture, les tuiles ayant été soufflées par la force de l’explosion.
Tandis que les habitants, dont beaucoup portaient encore leur pyjama, déambulaient en état de choc, la police, les secours et les soldats du Commandement du front intérieur de l’armée israélienne se sont précipités vers les maisons détruites ou endommagées, apposant des panneaux devant les portes pour informer les autres sauveteurs de ce qu’ils pouvaient s’attendre à trouver à l’intérieur — une scène semblable à celle qui s’était déroulée dans les communautés frontalières de Gaza, comme Kfar Aza, au lendemain de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023.
Plusieurs femmes âgées, emmitouflées dans des couvertures et entourées de bagages, attendaient leur évacuation à un arrêt de bus, observant la scène. Un peu plus loin, des employés municipaux s’affairaient à mettre en place un centre d’hébergement provisoire dans une tente.
De l’autre côté de la rue, un homme âgé se tenait devant les décombres de sa maison, un bandage appliqué à la hâte laissant apparaître du sang sur la manche longue de son t-shirt blanc.
Interrogé par le Times of Israel, l’homme, se présentant sous le nom de Yaakov, a fait mine de ne pas être blessé, mais s’est montré très inquiet pour sa maison et sa femme.
« Tout a disparu, tout a disparu. On ne peut même plus entrer », a-t-il lancé, alors qu’une femme en treillis de l’armée israélienne arrivait en courant.
« Papa ? Papa ! Que se passe-t-il ? Où est maman ? », a crié la femme, avant de demander au journaliste de veiller sur son père, tandis qu’elle partait à la recherche de sa mère. L’homme a expliqué que sa femme se trouvait dans la pièce sécurisée, alors que sa fille s’apprêtait à entrer dans la maison.
Après avoir installé l’homme sur un banc, un secouriste ultra-orthodoxe à la longue barbe blanche a pris le journaliste à part, lui confiant que la femme de cet homme était probablement morte, plusieurs corps ayant été retrouvés dans sa maison. Les premiers secours avaient décidé d’attendre l’arrivée d’une équipe spécialisée dans les traumatismes psychologiques avant d’informer Yaakov.
Marchant dans la rue voisine, un bénévole de ZAKA transportait un seau et du matériel, semble-t-il pour aider à rassembler les corps et les restes des victimes afin de leur offrir une sépulture digne.
« À notre arrivée, nous avons constaté des dégâts considérables. Plusieurs bâtiments ont été directement frappés. Toutes les rues avoisinantes ont également subi des dommages, causés par l’explosion et les éclats d’obus. L’agitation et la panique se font sentir », a confié Eli Eisenbach, secouriste du Magen David Adom, au Times of Israel.
Debout à côté de l’une des nombreuses ambulances stationnées dans la rue, Eisenbach a ajouté que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
« Des recherches sont menées sur tous les sites touchés, et on nous amène encore davantage de blessés », a-t-il expliqué.
À l’heure de publication de cet article, le bilan est de 9 morts, 50 blessés et 11 personnes portées disparues.
A la tombée de la nuit, les équipes de secours ont allumé de puissants projecteurs pour poursuivre les recherches, tandis que policiers et militaires dispersaient les centaines de curieux massés autour du site, par crainte d’une nouvelle frappe.
Ricki Ben David, infirmière de 56 ans, a d’abord eu peur pour ses petits-enfants, qui vivent en-dessous de chez elle.
« Je n’ai pas eu peur pour moi autant que je m’inquiétais pour les membres de ma famille », dit-elle.
« Je connais ces gens-là », ajoute-t-elle en parlant des victimes. « Nous vivons ensemble. Nous prions ensemble à la synagogue ». « Des gens que nous connaissons, des voisins, comme si c’était de la famille. C’est tout simplement une journée terrible ».
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







