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Au nom de la Torah, des Juifs du Minnesota se mobilisent contre les opérations de l’ICE

Des organisations juives de toutes obédiences, opposées à l'escalade des actions anti-immigration signent des lettres ouvertes, organisent des manifestations et tentent de faire revivre des partenariats interreligieux fragilisés

La rabbin Tamar Magill-Grimm, de la congrégation conservatrice Beth Jacob à Mendota Heights, dans le Minnesota, s'exprime avec d'autres responsables religieux contre les opérations des services de l'immigration et des douanes dans les Twin Cities lors d'une conférence de presse dans une église luthérienne à St. Paul, le 20 janvier 2026. Les chantres locaux Tamar Havilio et Rachel Stock Spilker se trouvent derrière Magill-Grimm, à droite. (Avec l'aimable autorisation de TC Jewfolk via la JTA)
La rabbin Tamar Magill-Grimm, de la congrégation conservatrice Beth Jacob à Mendota Heights, dans le Minnesota, s'exprime avec d'autres responsables religieux contre les opérations des services de l'immigration et des douanes dans les Twin Cities lors d'une conférence de presse dans une église luthérienne à St. Paul, le 20 janvier 2026. Les chantres locaux Tamar Havilio et Rachel Stock Spilker se trouvent derrière Magill-Grimm, à droite. (Avec l'aimable autorisation de TC Jewfolk via la JTA)

JTA — Pour nombre de Juifs, la question de la fuite des Hébreux d’Égypte est particulièrement d’actualité, au moment où les lectures de la Torah en sont au Livre de l’Exode. Et pour nombre de responsables juifs du Minnesota, elle est d’une acuité encore toute spéciale.

Au moment où les services de l’immigration et des douanes (ICE) déferlent sur les Twin Cities à la recherche d’immigrés sans papiers en semant la terreur sur leur passage, l’histoire d’Exodus — celle d’un roi qui tente de s’opposer aux nombreux « étrangers » qu’il voit autour de lui et de celui qui tente au contraire de les protéger — inspire de vastes actions anti-ICE.

« Dans nos lectures actuelles de la Torah, Moïse s’oppose à Pharaon en sachant que ce ne sera pas facile, pétri de doutes sur la question », explique à la Jewish Telegraphic Agency le rabbin Aaron Weininger, qui dirige la congrégation conservatrice Adath Jeshurun, dans la banlieue de Minnetonka. « Et malgré tout, les Israélites réduits en esclavage en Égypte réussissent à se libérer. Ils jouissent de la liberté. »

Contrairement aux expulsions mises en œuvre par l’ICE, le pharaon de l’Égypte ancienne voulait empêcher les esclaves hébreux de quitter le pays — mais la haine de l’étranger est la même.

Ce sont de tels enseignements, ainsi que les injonctions juives souvent invoquées comme celle qui invite à « accueillir l’étranger », qui inspirent les organisations juives à signer des lettres ouvertes et à s’impliquer dans des actions et plaidoyers en faveur des immigrés.

Les Juifs devraient venir en nombre à la manifestation inter-confessionnelle anti-ICE prévue cette semaine.

« Les membres de notre communauté, tout comme nos personnels, vivent et travaillent à tous les niveaux, dans toutes les strates de la société. On entend beaucoup trop d’histoires de vies bouleversées par ce que le gouvernement lui-même qualifie de montée en puissance de l’ICE », lit-on dans une lettre ouverte publiée lundi, à l’instigation des Jewish Federation (JFNA) et signée par une vingtaine d’organisations juives.

Des agents fédéraux américains montent la garde alors que des manifestants se rassemblent devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple à Saint Paul, dans le Minnesota, le 8 janvier 2026. (Octavio JONES / AFP)

Les organisations juives « sont très inquiètes de la situation actuelle dans les Twin Cities et le Minnesota », lit-on dans cette lettre qui, au moment de sa publication, comptait la signature de 13 congrégations locales allant des réformés à l’orthodoxie moderne, deux écoles juives, le Hillel du Minnesota, le Minnesota JCC, le groupe progressiste Jewish Community Action et Jewish Family and Children’s Service of Minnesota.

L’omniprésence de l’ICE — dont des agents interviennent masqués et lourdement armés pour procéder à des contrôles routiers agressifs ou des descentes dans certains quartiers quand ce ne sont pas des patrouilles dans les rues — fait que de nombreux soignants qui normalement aident des personnes âgées juives manquent à l’appel, explique la lettre.

Une précédente lettre ouverte signée par 49 membres du clergé juif du Minnesota, et distribuée vendredi dernier, évoquait le « chagrin » et « l’horreur » face à l’ICE qui « sème la désolation dans tout notre État ».

Citant le Deutéronome — « Aimez l’étranger, vous qui avez été étrangers en terre d’Égypte » —, les rabbins et chantres évoquent la « mort tragique » de l’automobiliste Renee Good, tuée par un membre de l’ICE le 7 janvier dernier, et prient pour « étendre un auvent de paix et de protection sur tous ceux qui sont, en ce moment, injustement pris pour cibles par l’ICE. »

Ces deux lettres ont été aux avant-postes de ce qui s’est mué en réaction institutionnelle juive face à l’ICE. Mercredi dernier, les dirigeants des mouvements réformé, conservateur et reconstructionniste ont publié une déclaration conjointe pour « condamner avec une extrême vigueur la violence avec laquelle le Service de la Sécurité intérieure applique la loi américaine sur l’immigration — particulièrement à Minneapolis, dans le Minnesota, comme dans d’autres villes et villages du pays. »

Le rabbin Aaron Weininger, de la congrégation Adath Jeshurun de Minnetonka, dans le Minnesota. (Autorisation)

« Nos sages nous ont enseigné que la directive du Livre du Deutéronome, ‘Justice, justice vous poursuivrez’ [16:20], impliquait que la loi soit appliquée avec équité, et qu’il fallait rechercher la justice, qu’elle soit à notre avantage ou non », lit-on dans cette déclaration qui presse le ministère de la Justice à enquêter sur la mort de Good.

Selon la rabbin Jill Avrin, responsable du campus du Jewish Community Relations Council du Minnesota et des Dakotas, cette convergence d’organisations juives est « sans précédent ».

« Nous avons ici une communauté juive très diverse, mais ce qui se passe nous touche tous », explique à la JTA Avrin, co-autrice de ces lettres.

Ces nombreuses lettres ouvertes tentent d’en appeler à des valeurs spirituelles partagées alors que les face à face entre manifestants et agents de l’ICE sont de plus en plus tendus.

Plusieurs personnalités — comme dernièrement Bruce Springsteen — ont comparé les manières de l’ICE à celles de la Gestapo.

Ce week-end, une manifestation anti-ICE a perturbé un office religieux, ce qui a suscité de l’inquiétude au sein de la communauté inter-confessionnelle et conduit un élu Républicain à comparer les manifestants aux terroristes palestiniens du Hamas.

Les dirigeants juifs affirment que rien ne les empêchera de s’élever contre ce qu’ils considèrent comme un impératif juif, celui de réagir.

« Le judaïsme ne consiste pas à fermer les yeux sur les moments difficiles », affirme Weininger. « Il consiste à avoir présentes à l’esprit les luttes séculaires qui nous ont menés jusqu’ici : esclavage, persécutions, destructions, exil, retour à la maison. »

La rabbin Jill Avrin. (Avec l’aimable autorisation de la JCRC)

Les rabbins se montrent très actifs dans la mobilisation locale contre l’ICE. Ils ont ainsi assisté à une veillée communautaire pour le Bien et Weininger a abordé la question lors du sermon de Shabbat. Il a également co-écrit la lettre ouverte rabbinique, et cette semaine il fait partie des 80 à 90 rabbins — dont beaucoup viennent de l’extérieur — qui prendront part à une marche inter-confessionnelle à Minneapolis avec plus de 600 membres du clergé. Une cinquantaine de ces rabbins font partie de T’ruah, un réseau juif de justice sociale, qui s’est mobilisé à la demande du clergé local.

« Ce qui fait peur, c’est que des actions pourtant légales sont réprimées », explique Weininger à propos de la situation sur le terrain. « Nous parlons là de manifestations, de prières et d’actions en communauté, et même là, nous faisons l’objet d’attaques. »

Rappelant que les Juifs de Minneapolis s’étaient déjà mobilisés en 2020 pour manifester contre le meurtre insoutenable de George Floyd par la police de Minneapolis, le rabbin a évoqué le « vrai sens de la société civile qu’il y a ici. »

Une femme tient un drapeau sur lequel est écrit « Jésus » tout en parlant avec un homme juif près d’un mémorial improvisé dédié à George Floyd, près du lieu où il est décédé en garde à vue, à Minneapolis, dans le Minnesota, le 20 juin 2020. (Photo de Kerem Yucel / AFP)

Les rabbins se sont également exprimés lors d’une conférence de presse inter-confessionnelle, mardi dernier, pour dénoncer l’ICE et parler de leurs projets de marche pour cette semaine.

« En tant que personnes de foi, en tant que leaders de communautés de foi, il est de notre devoir de dire : ‘Ça suffit. Nous ne laisserons pas les choses se faire’ » » explique la rabbin Tamar Magill-Grimm, à la tête de la congrégation conservatrice Beth Jacob de Mendota Heights, aux côtés d’un imam.

Cela fait des mois que certaines organisations juives américaines font part de leurs inquiétudes au sujet de l’ICE et de ses activités, certaines synagogues allant jusqu’à afficher des messages disant qu’elles sont des lieux de culte dans lesquels les agents n’ont pas le droit de pénétrer. Des rabbins affiliés à T’ruah ont participé à des actions « ICE watch » dans d’autres villes.

Mais cette fois, les Juifs du Minnesota sont les témoins directs des conséquences de la présence constante et ciblée de l’ICE vis-à-vis de leur communauté. Les synagogues locales ont organisé des séminaires de formation « pour les fidèles » afin qu’ils apprennent à réagir en cas de contact avec l’ICE. Pour de nombreux fidèles, cette expérience les a poussés à agir — mais elle a aussi suscité une sensation étrange, qui n’est pas sans rappeler les souvenirs d’un passé dangereux.

« En tant que Juif à Minneapolis, je me sens rattrapé par l’histoire en ce moment », confie un habitant des Twin Cities à Daci Platt, un autre habitant du Minnesota qui travaille chez Kveller, une publication sœur de la JTA. « Le sentiment de sécurité qui est normalement le nôtre est plus fragile que jamais en ce moment. »

Les organisations communautaires juives sont particulièrement préoccupées par la menace que représentent les descentes de l’ICE, qui se concentrent pour l’essentiel sur les habitants non blancs des Twin Cities, et notamment les immigrés, lesquels comptent pour une grande partie de la main-d’œuvre d’aidants.

Des gaz lacrymogènes ont été répandus alors que des agents fédéraux procèdent à des interpellations, le 21 janvier 2026 à Minneapolis. (Photo AP/Angelina Katsanis)

« Les Juifs âgés sont abandonnés car leurs aidants ont trop peur de venir travailler », lit-on dans la lettre rédigée par la Jewish Federation.

Amy Weiss, présidente du Jewish Family and Children’s Service of Minnesota, explique à la JTA que l’ICE a aussi un effet sur la manière dont son organisation vient en aide à la population, dans son ensemble. En effet, une grande partie de ses personnels est originaire de communautés immigrées, et Weiss craint d’attirer l’attention sur eux en les envoyant aider leurs clients.

« Les gens ont peur d’aller travailler. Ils ont peur de sortir de chez eux », affirme Weiss. « Notre action n’a rien de politique. Notre mission, qui consiste à aider les personnes dans le besoin, est on ne peut plus basique. Ce sont là les besoins les plus fondamentaux de la communauté. »

La lettre ouverte note également que certains Juifs « sont eux-mêmes immigrés, ont des membres de leur famille qui ont immigré ou qui pourraient être considérés comme tels. Nombre d’entre eux craignent de quitter leur domicile de crainte d’être arrêtés et expulsés. »

La lettre soutenue par la Fédération prend soin de ne pas dénigrer toutes les forces de l’ordre, déclarant ainsi : « Nous affirmons notre engagement envers l’État de droit, la mise en œuvre légale des lois et les milliers d’agents chargés de nous protéger, dont nous apprécions grandement le travail. »

Avrin rend par ailleurs hommage aux forces de l’ordre locales, qu’elle qualifie d’« incroyables » « sans commune mesure avec les agents de l’ICE déployés sur le terrain ». Elle souligne que tous les leaders communautaires juifs n’adhèrent pas aux objectifs de la marche de cette semaine, que d’autres dirigeants juifs ont planifiée et dont les revendications disent par exemple « L’ICE doit immédiatement quitter le Minnesota » ou encore « L’ICE doit faire l’objet d’une enquête pour violation des droits humains et constitutionnels des Américains et de nos voisins. »

« Ce moment exige une alliance », assure-t-elle. « Nous sommes prêts à faire cause commune avec des personnes avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord sur d’autres points. »

Des personnes manifestent devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple, le 20 janvier 2026, à Minneapolis. (Photo AP/Angelina Katsanis)

Ce malaise est également palpable dans les mots employés dans les rangs de l’opposition à l’ICE. A mesure que les actions de l’ICE dans le Minnesota attirent de plus en plus l’attention au niveau national, les comparaisons avec les nazis et la Gestapo se multiplient. Ce qu’Avrin et le JCRC invitent à ne pas faire.

Lors d’un concert dans le New Jersey le week-end dernier, Springsteen a dénoncé « des troupes fédérales lourdement armées et masquées qui envahissent des villes américaines et utilisent les méthodes de la Gestapo contre nos concitoyens ». Il a ensuite répété une des phrases fétiches de Jacob Frey, le maire juif de Minneapolis : « Il faut que l’ICE f… le camp de Minneapolis. » (Mardi, Frey, avec d’autres responsables de l’État, a été assigné à comparaître par le ministère de la Justice pour obstruction présumée à des agents de l’immigration. Certains de ses détracteurs ont attiré l’attention sur le fait qu’il était juif.)

Des manifestations confessionnelles ont été perturbées par des manifestants anti-ICE, comme par exemple à St. Paul. Les manifestants, qui comptaient dans leurs rangs la branche des Black Lives Matter du Minnesota, ont affirmé qu’un de ses pasteurs était par ailleurs chef du bureau local de l’ICE. L’administration Trump a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette manifestation, dans laquelle les autorités voient une infraction à la loi fédérale sur l’accès libre aux lieux de culte.

Cities Church, où des militants ont mis fin à un service e affirmant que le pasteur était par ailleurs agent de l’ICE, le 19 janvier 2026 à St. Paul, dans le Minnesota. (Photo AP/Angelina Katsanis)

Après la manifestation, Cities Church, dans le Minnesota, a publié un communiqué affirmant que les manifestants avaient « abordé des membres de notre congrégation, effrayé des enfants et agi en intimidant et en agitant des menaces. Un tel comportement est honteux, illégal, et ne sera pas toléré. »

Le communiqué ajoute : « Le fait d’envahir un office religieux pour perturber le culte de Jésus — ou tout autre acte de culte — n’est protégé ni par les Écritures chrétiennes ni par les lois de ce pays. » Un des pasteurs fondateurs de l’église est un proche de Pete Hegseth, le Secrétaire à la Défense de Trump.

Selon le Représentant Républicain du Texas, Will Self, les manifestants — qui se sont filmés en direct depuis l’intérieur de l’église — lui ont fait penser au Hamas qui s’est filmé en train de commettre des atrocités le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.

Des manifestants anti-ICE perturbent un service religieux à St. Paul, dans le Minnesota, accusant l’un de ses pasteurs de travailler pour l’ICE, le 18 janvier 2026. (Capture d’écran via YouTube/via la JTA)

« Quand vous diffusez quelque chose en direct, vous voulez provoquer la terreur au sein de la population », a déclaré Self à la chaîne d’extrême droite Newsmax. « A cause de leur diffusion en direct, je les compare au Hamas, qui a retransmis en direct l’attaque en Israël qui a tué des milliers de personnes. »

Plus de 1 200 personnes ont été massacrées lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7-octobre, auxquelles s’ajoutent 251 otages enlevés et séquestrés dans la bande de Gaza et des milliers de blessés.

Les dirigeants juifs américains, pour lesquels la liberté de culte en Amérique est un des piliers de la politique, se disent en désaccord avec les manifestations dans un lieu de culte. La rabbin Jill Jacobs, qui dirige T’ruah, a déclaré à la JTA que son groupe « n’organiserait pas de manifestation contre une église. »

Le CRCJ local a lui aussi critiqué la manifestation dans l’église, qui n’est pas sans faire écho aux récentes manifestations pro-Hamas dans des synagogues de New York, largement condamnées par les dirigeants juifs.

« C’est une chose à laquelle nous sommes totalement opposés. Nous n’encouragerons jamais les gens à perturber un office religieux. Cela n’est en aucun cas en accord avec nos valeurs », a déclaré Avrin. « À mon avis, cela ne reflète pas ce qui se passe sur le terrain. Ce sont des choses qui arrivent quand il y a un grand mouvement. »

Le sénateur démocrate américain de Géorgie, Jon Ossoff, comparaît devant la commission des crédits du Sénat au Capitole, le 20 novembre 2024, à Washington. (Photo AP/Mark Schiefelbein)

Les Juifs de ce mouvement se concentrent sur des injonctions tirées de la Bible. S’exprimant depuis New Birth, église baptiste noire de Géorgie liée à la famille de Martin Luther King Jr., le sénateur Démocrate de Géorgie Jon Ossoff, qui est juif, a délivré un message anti-ICE inspiré de la Bible.

« Comment se fait-il que des agents fédéraux masqués installent des points de contrôle dans les villes américaines, contrôlent des papiers, tirent des Américains de leur véhicule et les jettent au sol ? Ou les tuent ? Les tuent ? Sur des ordres manifestement venus d’en haut », a expliqué Ossoff à la congrégation. « Il y a quelque chose de fondamentalement méchant dans ce programme. Je ne sais pas, pasteur, où il est écrit dans les Écritures : ‘Refusez les soins aux malades, prenez à ceux qui ont le moins pour donner à ceux qui en ont le plus, violez les lieux de culte pour traquer les réfugiés.’ Où trouve-t-on cela dans les Écritures ? »

Ossoff, qui s’est lancé dans une campagne difficile pour conserver son siège, a ajouté que le pasteur de l’église et lui avaient « envoyé des textos » au sujet du voyage d’Exode de Moïse, et de la façon dont il utilisait son bâton pour rallier les Israélites.

Face à l’agitation dans le Minnesota, le président américain Donald Trump a de nouveau réprimandé les manifestants et défendu l’ICE.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d’un point presse à la Maison-Blanche à Washington, le 20 janvier 2026. (Crédit : AP/Mark Schiefelbein)

« Ils arrêtent des meurtriers, des trafiquants de drogue et tout un tas de mauvaises personnes », a déclaré le président à propos des agents lors d’une conférence de presse organisée pour marquer sa première année au pouvoir.

Brandissant des images qu’il a qualifiées de criminels immigrés appréhendés par l’ICE, dont un qu’il a dit lié au Hezbollah, Trump a demandé à la presse de la Maison-Blanche : « Pourquoi ne parlez-vous pas davantage de cela ? … Vous voudriez vivre avec ces gens-là ? »

Le président a également fait allusion à la manifestation à l’église. « J’ai un profond respect pour ce pasteur. Il s’est montré très calme. Très gentil. Alors qu’on venait de l’interrompre », a déclaré Trump à propos du pasteur dont le sermon a été interrompu. (Il ne s’agit pas du pasteur évoqué par les manifestants.) « Ce qu’ils ont fait dans cette église est affreux. »

Trump a aussi été une force de mobilisation pour les Juifs du Minnesota.

Suite aux propos désobligeants du président, le mois dernier, envers la population somalienne de cet État — Trump avait dit qu’ils méritaient les raids de l’ICE —, de nombreux dirigeants juifs avaient tenu des réunions de coalition avec des partenaires inter-confessionnels.

Pour certains d’entre eux, se rappelle Avrin, c’était la première fois qu’ils se retrouvaient face à face avec ces partenaires depuis le pogrom du 7-Octobre qui avait déclenché la guerre à Gaza et défait nombre de coalitions juives-libérales au moment où des organisations communautaires dénonçaient Israël et les « sionistes ».

Ces partenaires « avaient cessé de nous parler », rappelle-t-elle.

Mais pour les dirigeants juifs présents, l’impératif talmudique d’aimer l’étranger est allé au-delà des doutes sur la reconfiguration de ces coalitions : « Nous ne pouvons pas leur tourner le dos parce que nous avons été blessés », conclut-elle.

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