Australie : recrudescence des crimes de haine visant la communauté musulmane
Selon les observateurs, le nombre d'incidents a augmenté depuis la fusillade meurtrière de Hanoukka ; des mosquées et d'autres institutions visées par des graffitis et des insultes
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Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La communauté musulmane d’Australie fait face à une forte augmentation des crimes de haine islamophobes depuis l’attentat perpétré à Bondi Beach lors d’un célébration de Hanoukka au début du mois. Un attentat qui, selon la police, a été commis par deux extrémistes islamiques.
Sajid Akram et son fils Naveed ont tué 15 personnes, dans une attaque inspirée par l’État islamique, prenant pour cible un allumage de bougies lors d’une célébration de Hanoukka, le 14 décembre.
Le Conseil national des imams australiens a annoncé avoir, depuis lors, enregistré une augmentation de près de 200 % des incidents motivés par la haine.
Par ailleurs, l’Islamophobia Register Australia, un organisme de surveillance indépendant, a rapporté que les signalements de crimes de haine contre la communauté étaient passés, depuis l’attentat de Bondi Beach, d’un ou deux par jour à environ 18.
Ces incidents vont des graffitis insultants aux actes de vandalisme, notamment dans un collège islamique de Melbourne.
Le président du Conseil islamique de Victoria, Mohamed Mohideen, a indiqué mercredi à l’Australian Broadcasting Corporation que le conseil avait reçu plusieurs dizaines d’appels téléphoniques de menaces. Une vague de commentaires et d’e-mails haineux a en outre contraint l’organisation à désactiver les commentaires sur ses réseaux sociaux.
A mosque in Brisbane’s Bald Hills in Australia has been vandalised with a Nazi hate symbol in the aftermath of the Bondi terror attack, prompting Muslim leaders to raise concerns about a growing rise in threats against mosques across the country.
Fund honest independent Muslim… pic.twitter.com/a7lMqiYHQT
— Islam Channel (@Islamchannel) December 19, 2025
La police fédérale australienne a fait savoir mardi que les auteurs de l’attentat de Bondi Beach semblaient avoir agi seuls.
Lundi, dans un communiqué, l’ANIC a fait part de sa profonde inquiétude quant aux « conséquences concrètes de l’attaque de Bondi Beach, en particulier quant à la manière dont les communautés musulmanes sont injustement scrutées et implicitement associées à des actes de violence qu’elles rejettent catégoriquement ».
« La plateforme d’assistance a reçu des appels bouleversants de victimes, de parents et d’employeurs de personnes musulmanes », a-t-elle expliqué. « Les appelants ont fait état d’une escalade des abus, de commentaires menaçants en ligne, d’une crainte accrue pour leur sécurité personnelle et d’une anxiété croissante quant à la dégradation de la situation dans les jours et les semaines à venir. »
Elle a ainsi enregistré 62 incidents en décembre, contre 19 en novembre, a indiqué mercredi le Sydney Morning Herald.
Aftab Malik, l’envoyé spécial nommé par le gouvernement fédéral pour lutter contre l’islamophobie, a déclaré au SMH : « Ce climat de peur et de méfiance affecte la vie quotidienne. Il érode la sécurité et la cohésion de notre société multiculturelle. »
Mardi, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a dénoncé « la montée effrayante du sentiment raciste et des attaques visant des membres de la communauté islamique », promettant qu’une telle situation et de tels agissements ne seraient pas tolérés.
Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a affirmé dans un communiqué à l’ABC : « Les citoyens Australiens ne devraient jamais être tenus responsables des actions d’autres personnes simplement en raison de leurs origines ou de leur foi. »
La présidente du Comité des femmes de l’Albanian Australian Islamic Society, Selima Ymer, a appelé à la mise en place d’un programme éducatif similaire à un projet récemment annoncé pour lutter contre l’antisémitisme, a rapporté l’ABC.
Le 18 décembre, le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé la création d’un groupe de travail sur l’éducation à la lutte contre l’antisémitisme, qui sera chargé, durant 12 mois, « d’étudier les mesures susceptibles d’aider le système éducatif australien à prévenir, combattre et répondre de manière appropriée à l’antisémitisme », selon le ministère australien de l’Éducation.
Sajid Akram, 50 ans, a été abattu par la police lors de l’attaque de Bondi Beach. De nationalité indienne, il était entré en Australie avec un visa en 1998.
Son fils Naveed, 24 ans, citoyen australien de naissance, se trouve toujours en détention. Il est accusé de 15 meurtres et d’une série d’autres infractions graves.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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