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Baisse de 22 % des nouveaux cas de VIH en 2024 en Israël – rapport

Israël a enregistré 317 nouveaux cas l'an dernier, mais selon le chef de la Task Force israélienne sur le sida, les porteurs du virus ne se font pas tester de peur de la "stigmatisation"

Des écolières posent avec des pancartes en formant un ruban rouge pour sensibiliser à la « Journée mondiale du sida » à Amritsar, en Inde, le 1er décembre 2025. (Narinder NANU / AFP)
Des écolières posent avec des pancartes en formant un ruban rouge pour sensibiliser à la « Journée mondiale du sida » à Amritsar, en Inde, le 1er décembre 2025. (Narinder NANU / AFP)

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le ministère de la Santé a rapporté qu’Israël avait enregistré 317 nouveaux cas de VIH en 2024, en baisse de 22 % par rapport aux chiffres de 2023.

Pourtant, la stigmatisation liée au virus dissuade certaines personnes de se faire tester, ce qui explique qu’il pourrait en fait y avoir plus de cas non signalés, souligne George Avni, PDG de la Task Force Israélienne contre le SIDA, pour le Times of Israel.

« Les gens pensent encore que cette maladie ne concerne que les homosexuels, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, les personnes qui travaillent dans l’industrie du sexe ou encore celles qui se piquent », ajoute Avni. « Nous savons que ce n’est pas vrai. C’est un virus. Un virus humain. Qui peut se transmettre à n’importe quel être humain. »

Il rappelle que le groupe de travail, qui a eu 40 ans cette année, fait de son mieux pour sensibiliser et réduire le nombre de cas non diagnostiqués.

« Notre principal objectif est d’encourager la pratique du dépistage », poursuit-il. « C’est le premier maillon de la chaîne. Si les gens se font tester, ils sont diagnostiqués et traités, ce qui empêche de nouvelles infections. »

Le sida, ou syndrome de déficience immunitaire acquise, est un ensemble de symptômes cliniques qui affaiblissent le système immunitaire et l’empêchent de se protéger contre les infections.

Le sida est d’abord causé par le VIH – virus de l’immuno-déficience humaine – qui se transmet entre humains.

Le VIH se transmet lorsque des fluides corporels infectés pénètrent dans la circulation sanguine d’une autre personne, le plus souvent lors de rapports sexuels non protégés ou du partage de seringues usagées ou bien encore de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.

Sur son site Internet, la Talk Force Israélienne sur le sida explique qu’il n’y a aucune chance de transmettre l’infection par le VIH par la « sueur, les larmes ou la salive ».

L’importance du dépistage du VIH

« La surveillance médicale et la prise régulière des médicaments empêchent la détérioration de l’état de santé des porteurs du VIH », explique le Dr Or Krieger, chef adjoint de la division de santé publique du ministère de la Santé.

« Et en même temps, cela contribue à empêcher la transmission du virus à d’autres personnes », ajoute-t-il.

George Avni, PDG de la Task Force Israélienne sur le sida. (Avec l’aimable autorisation de Dadi Elias)

Le ministère recommande le dépistage du VIH des personnes ayant des relations sexuelles avec de nouveaux partenaires, de celles qui ont plusieurs partenaires sexuels, des olim venant de régions où la prévalence du VIH est élevée et des femmes enceintes.

Le ministère souligne que le test sanguin, gratuit, peut être effectué dans les cliniques de santé, les cliniques VIH et les sites de dépistage tels que le centre de dépistage de la Task Force sur le SIDA.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,3 million de personnes dans le monde ont été diagnostiquées avec le VIH en 2024, soit le même chiffre qu’en 2023, rappelle le ministère de la Santé.

Près de 630 000 personnes sont décédées de maladies liées au VIH, dont la tuberculose, la pneumonie ou le lymphome. Fin 2024, 40,8 millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH.

« Nous avons de très bons traitements pour le SIDA/VIH », précise Avni.

La thérapie anti-rétrovirale est capable de réduire les niveaux de VIH et de maintenir le système immunitaire en bonne santé.

Toutes les personnes porteuses du VIH ne développent pas le sida, qui est le stade le plus grave de l’infection par le VIH. La progression dépend de plusieurs facteurs, dont l’accès aux soins, l’observance du traitement ou l’existence d’autres pathologies.

Selon les Caisses de Santé, la thérapie anti-rétrovirale ne guérit pas le VIH mais peut affaiblir le virus à des niveaux indétectables, ce qui réduit très significativement le risque de transmission.

Un personnel de santé vérifie les résultats d’un test rapide du SIDA effectué sur des passants, place Morelos à Caracas, au Vénézuéla, le 3 décembre 2021. (Yuri CORTEZ / AFP)

« On n’a plus besoin de prendre un cocktail de médicaments comme par le passé », poursuit Avni. « La thérapie maintient les gens en si bonne santé que la maladie devient indétectable, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas infecter leurs partenaires. »

« L’Organisation mondiale de la santé déclare désormais que ‘indétectable équivaut à intransmissible’ », souligne Avni.

Qu’entend-on vraiment par SIDA ?

Le traitement a eu tellement de succès que le sida est désormais qualifié de « condition clinique ».

« On n’appelle même plus ça une maladie », explique Avni. « On peut vivre avec le VIH sans être malade. On a une maladie qui implique de prendre un comprimé sans trop d’effets secondaires, que ce soit pour le cœur ou la tension artérielle. »

Il ajoute que puisque le traitement permet aux gens de vivre avec le VIH, ils vivent plus longtemps.

« Ce n’est pas comme dans les années 80 et 90 où les personnes atteintes du sida mouraient très jeunes, quelques années après l’infection », résume-t-il. « De nos jours, ils peuvent vivre avec le VIH pendant 30, 40 ou 50 ans. »

Mais, ajoute-t-il, on continue de penser que l’âge biologique — une mesure de la fonction des organes, du vieillissement cellulaire et de la santé globale — est supérieur à l’âge chronologique réel chez les porteurs du VIH.

L’organisation milite pour davantage de recherches sur l’impact du VIH/SIDA sur le vieillissement.

« Les membres de la communauté médicale ne savent pas encore ce qu’il en est de vieillir avec le sida », conclut Avni. « Jusque-là, la question ne se posait tout simplement pas. »

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