Baisse des actions d’ICL après la révision à la baisse de l’accord sur l’abandon des droits en mer Morte
Sur les 6 milliards de dollars demandés pour céder ses droits de bail minier jusqu'en 2030, la filiale d'Israel Corporation en a obtenu 2,5 et le remboursement de ses investissements pour les réparations liées à l'accumulation de sel
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Cette semaine, ICL Group s’est dit prêt à accepter les 2,54 milliards de dollars offerts par l’État pour la concession du lucratif droit de traitement préférentiel sur la mer Morte, susceptible de donner lieu à un processus d’appel d’offres plus compétitif.
Jeudi, les actions de la société minière ont chuté de 15 % à la Bourse de Tel Aviv, signe du mécontentement des actionnaires suite à la décision de la société d’accepter un peu moins de la moitié des 6 milliards de dollars qu’elle demandait initialement.
ICL détient actuellement les droits d’exploitation de la mer Morte pour des minéraux tels que la potasse, le phosphate et le brome.
Le bail expire le 31 mars 2030 mais le contrat d’ICL lui garantit de remporter la concession suivante pour autant qu’elle s’aligne sur une offre concurrente. Cette clause, qui n’est pas sans poser problème en termes d’équitabilité et compétitivité des appels d’offres, a eu pour effet de dissuader de nouveaux entrants sur le marché de la concession.
Dans un document déposé mercredi auprès de la TASE, ICL a détaillé son accord de renonciation à ses droits, en vertu du protocole d’accord conclu avec le ministère des Finances, par l’entremise du comptable général.
En vertu de ce protocole, l’État s’engage à verser 2,54 milliards de dollars à ICL pour annuler la clause problématique, soit bien moins que les 6 milliards de dollars revendiqués par la société.
Par ailleurs, l’État remboursera à ICL tous les investissements réalisés depuis janvier 2025 pour gérer les montagnes de sel puisées du fond de son principal bassin d’évaporation, au sud de la mer Morte.
Souvent confondue avec la véritable mer Morte, cette accumulation de sel à cet endroit, à proximité des hôtels, a provoqué une montée des eaux qui met en péril les hôtels et autres infrastructures touristiques d’Ein Bokek.
En 2021, ICL avait reçu l’ordre de retirer tout ce sel, empilé pour l’heure autour de la retenue d’eau, et de trouver le moyen de le remettre dans la mer Morte.
Dans sa notice boursière, ICL dit estimer le montant du remboursement à plusieurs centaines de millions de dollars.
ICL a par ailleurs accepté des mesures complémentaires, parmi lesquelles le maintien des investissements au niveau moyen des dix dernières années jusqu’à la fin de la concession actuelle, la communication de toute informations nécessaire aux autorités et soumissionnaires à l’appel d’offres, sans oublier la fourniture au nouveau concessionnaire des provisions financières pour les retraites et avantages sociaux des employés.
La société est une filiale de la société israélienne de la famille Ofer, la plus grande société holding du pays.
Dans sa notice boursière, ICL souhaite que les dispositions du protocole d’accord « lèvent les incertitudes et risques liés à la résiliation de la concession et donnent à la société des assurances sur la valeur des actifs de la concession et le calendrier de paiement, afin de lui permettre de se préparer à la fin de la concession ».
La société a fait savoir qu’elle ferait très certainement une offre pour renouveler son bail, une fois les termes de la concession arrêtés et publiés.
« Sous réserve de conditions économiques viables, la société sera sans doute le candidat le plus approprié pour exploiter cette future concession, compte tenu notamment de son expérience et de son expertise. Elle a tout du moins l’intention de participer à l’appel d’offres », peut-on lire dans la notice.
Ce protocole d’accord est le fruit de mois de négociations entre le ministère des Finances et ICL. D’ici 90 jours, les deux parties sont supposées signer l’accord final.
L’État devrait apporter des changements importants à la concession, notamment en réduisant les surfaces dédiées, en facturant l’utilisation de l’eau et en imposant à l’entreprise choisie au terme de l’appel d’offres des normes, notamment en matière de planification, de construction et d’environnement.
La part publique des bénéfices d’exploitation passera de 34 % à 50 %, conformément à la loi Sheshinksy sur la taxation de l’extraction des ressources naturelles. Les fonds iront au fonds souverain du pays et au budget de l’État, selon une clef de répartition encore peu claire.
La loi requise pour entériner la création de cette nouvelle concession devrait être soumise à la Knesset dans les semaines à venir, le gouvernement annonçant la sélection des soumissionnaires avant le milieu de l’année prochaine.
la Communauté du Times of Israël !







