Einav Zangauker, mère de l’otage récemment libéré Matan Zangauker, a remercié les milliers de personnes rassemblées sur la place des Otages à Tel-Aviv pour leur soutien, rappelant toutefois que « notre combat ne sera pas terminé tant que le dernier otage assassiné ne nous aura pas été rendu ».
Dans un discours passant de sa gratitude envers le public pour son soutien à sa colère envers les dirigeants israéliens, Einav Zangauker a dénoncé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement pour les défaillances du 7 octobre 2023 et pour celles « qui se poursuivent encore aujourd’hui », exigeant qu’ils « rentrent chez eux » et « répondent [de leurs actes] devant la justice » à l’issue d’une commission d’enquête nationale.
Elle a d’abord rendu un hommage particulier aux soldats et aux familles dont les proches ont perdu la vie au combat à Gaza.
Selon elle, le 7 octobre 2023, lorsque Matan et sa compagne Ilana Gritzewsky ont été enlevés par le Hamas, « il n’y avait pas de gouvernement opérationnel ».
Ce sont les Israéliens « de tous bords et de toute la société » qui « se sont mobilisés, et ont répondu à tous les besoins pendant deux longues années », a-t-elle ajouté.
« Le gouvernement et son chef, Benjamin Netanyahu, sont responsables de la débâcle du 7 octobre. Ils sont responsables du fait que des enfants ont été tirés hors de leur lit en pyjama, que des familles, de longues heures durant, ont dû se terrer dans des pièces sécurisés, et même parmi des cadavres, jusqu’à l’arrivée des secours – qui sont d’ailleurs arrivés tardivement », a-t-elle poursuivi.
« Ils sont responsables du fait que des soldats ont été tués en combattant dans des lieux [de Gaza] que nous étions censés avoir conquis à maintes reprises. »
Evoquant le projet de Netanyahu de renommer la guerre « Guerre de la renaissance », elle a affirmé : « Ils peuvent changer le nom de la guerre autant qu’ils le veulent, ils n’échapperont jamais à leurs responsabilités. »
« Le retour des otages tués et la fin de la guerre ne sont que la première étape pour réparer les dégâts et guérir le pays », a souligné Einav Zangauker. « La réhabilitation ne sera complète que lorsque tous les responsables de cette débâcle rentreront chez eux et devront répondre de leurs actes devant la justice. »
Elle a salué les militants qui sont restés aux côtés des familles des otages, ainsi que l’ensemble de la nation pour son soutien. « Que chaque mère israélienne sache que toute une nation se tient derrière elle », a-t-elle dit, paraphrasant une citation du premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gurion. Et d’ajouter que la nation exigeait le retour de tous les otages tombés au combat, et le retour de tous les soldats de Gaza.
« Aujourd’hui, et pour la première fois depuis deux ans, je peux enfin réaliser mon rêve : redevenir la maman de Matan, Natali et Shani », a-t-elle conclu.
Matan Zangauker a été relâché lundi, avec les 19 derniers otages encore en vie détenus à Gaza. Les corps des 18 otages décédés sont toujours retenus là-bas.