Belgique : un double hommage pour faire vivre la mémoire de la Shoah
Une rue et un pavé de mémoire honorent le dessinateur Henri Kichka, survivant des camps, et Jojna Lederhandler, résistant assassiné par les nazis
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Dans la commune belge de Forest, ce 14 avril, la journée a été marquée par deux hommages aux victimes de la Shoah : Henri Kichka et Jojna Lederhandler. Le premier, juif et survivant des camps de la mort ; le second, résistant, tué par les nazis.
Pour leur rendre hommage, une rue Henri Kichka verra le jour, tandis qu’un pavé de mémoire a été posé devant la maison de Jojna Lederhandler.
Né à Bruxelles en 1926, Henri Kichka est le fils aîné d’immigrants polonais. Après l’invasion allemande, la famille fuit la Belgique pour la France et trouve refuge en Haute-Garonne. Les Kichka sont ensuite arrêtés, parviennent à se libérer, puis rentrent à Bruxelles. La guerre n’est cependant pas terminée. Arrêté par la Gestapo, Henri Kichka est transféré de camp en camp. À la fin de la guerre, il est rapatrié. Souffrant de la tuberculose, du typhus et de la gale, il est le seul survivant de sa famille. À son retour, il fait le choix de témoigner devant des milliers d’élèves, devenant une figure majeure de la transmission. Son fils Michel est dessinateur.
Charles Spapens, bourgmestre de Forest, a salué « un homme de paix » ainsi qu’« un passeur de mémoire qui appelait toujours au dialogue pour que chacun et chacune puissent mieux se comprendre ».
La petite-fille de Jojna Lederhandler a, de son côté, partagé « une très grande émotion pour ce grand-père qui est toujours resté imaginaire ». « Une boucle est bouclée », a-t-elle conclu.
Cet hommage est à l’initiative de la famille de Jojna Lederhandler et de l’Association pour la mémoire de la Shoah, dont une représentante explique la démarche : « Poser des pavés, c’est rappeler que ces gens ont existé, qu’ils ont vécu là et qu’ils ont été déportés et assassinés pour ce qu’ils étaient. »
À travers ces initiatives, la commune de Forest souhaite faire vivre la mémoire dans l’espace public. Elle entend aussi rappeler les noms et les parcours des victimes de la Shoah. Pour le bourgmestre, « face à la montée des crimes de haine et de toutes les formes de racisme et d’antisémitisme, se souvenir n’est pas un exercice tourné vers le passé : c’est rappeler que “plus jamais ça” est un combat de chaque instant ».
la Communauté du Times of Israël !







