Michel Kichka : Un roman graphique sur le rêve sioniste présenté à Docaviv
À travers ses dessins, l'artiste belgo-israélien, qui a marqué la scène du dessin politique, explore les désenchantements du rêve sioniste et la mémoire de la Shoah
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Michel Kichka, venu de Belgique en Israël pour participer à la guerre du Kippour, a finalement dû céder sa place à l’Académie Bezalel au profit d’une nouvelle génération de créateurs. C’est à ce moment qu’il a décidé de documenter, à travers ses dessins, le rêve sioniste et ses désenchantements.
L’évolution de ses œuvres révèle une dégradation progressive des valeurs morales dans la société israélienne. Ses illustrations exposent crûment cette vérité, engageant un dialogue avec la jeunesse qu’il a formée, pour lui rappeler à la fois les horreurs de la Shoah et les idéaux originels du rêve sioniste.
Son livre graphique a d’ailleurs été adapté en long-métrage, qui sera présenté lors du festival Docaviv les 23, 29 et 31 mai prochains.
À 65 ans, Kichka reste une figure active de la caricature, ayant œuvré pendant des décennies dans divers domaines : caricatures politiques en hébreu et en français, romans graphiques, bandes dessinées, et illustrations pour d’autres auteurs. En parallèle, il a été professeur principal au département de Communication visuelle de l’école des arts et du design de Bezalel à Jérusalem, où il a formé une génération de dessinateurs israéliens de renom, tels que Rutu Modan, Assaf Hannukah et David Polonsky.
« Je me partage entre ces quatre domaines », confiait Kichka au Times of Israel en 2019.
Au cours des 20 dernières années, il a également participé activement à des conférences et à des expositions abordant des sujets comme la liberté d’expression et la mondialisation.
« Nous en parlons tous, mes collègues et moi, car les gens se posent des questions », déclarait-il. « Y a-t-il des limites à l’expression ? Que se passe-t-il dans notre société ? Il y a la censure, les fake news, et le monde change. On nous demande désormais de nous exprimer, d’écrire des articles, et pas seulement de dessiner derrière nos tables. »
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