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La police n’est pas venue aux débats sur les violences sexistes à la Knesset

Les députés de l'opposition qui avaient organisé des réunions à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes ont critiqué Ben Gvir, qui a brillé par son absence

Une femme porte des gants de boxe  au milieu de mains rouges symbolisant les femmes assassinées lors d'un happening organisé à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes devant la Her Academy, un établissement de formation pour les survivantes de la prostitution et des violences sexuelles, à Tel Aviv, le 24 novembre 2025. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Une femme porte des gants de boxe au milieu de mains rouges symbolisant les femmes assassinées lors d'un happening organisé à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes devant la Her Academy, un établissement de formation pour les survivantes de la prostitution et des violences sexuelles, à Tel Aviv, le 24 novembre 2025. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les représentants du ministère de la Sécurité nationale, du Service israélien des prisons (IPS) et de la police ne se sont pas présentés à deux discussions organisées à la Knesset – des débats auxquels ils avaient pourtant été invités, mardi, pour marquer la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.

Un porte-parole des forces de l’ordre a confirmé devant les caméras de la chaîne publique Kan que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir – dont le mandat a été marqué par une recrudescence des violences sexistes – avait refusé d’approuver la participation de représentants de la police à l’audience de la commission sur le Statut des femmes et sur l’égalité des sexes qui devait avoir lieu à la Knesset.

Selon les médias israéliens,un message qui a été transmis par Ben Gvir aux membres de la commission – ainsi qu’à l’organisateur d’une autre conférence sur les violences faites aux femmes – a indiqué que le ministère de la Sécurité nationale devait prendre part à une visite au sein de l’unité Misgav, qui dépend du Service des prisons et qui est chargée de la lutte contre les violences conjugales, en compagnie de femmes religieuses.

« Toutes les ressources ont été allouées à cet événement important et nous ne serons pas en mesure d’envoyer des représentants à l’événement que vous nous avez présenté », précisait le message.

La visite au sein de l’unité avait été organisée par le Caucus des femmes religieuses de la Knesset, présidé par la députée Limor Son Har-Melech, élue sous l’étiquette du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir. Ben Gvir lui-même était présent, aux côtés de Son Har-Melech et du chef de l’IPS, Kobi Yaakobi.

La députée Merav Ben-Ari, du parti d’opposition Yesh Atid, a dit à Haaretz que le ministère avait refusé toutes les demandes qu’elle avait envoyées au cours des deux dernières semaines concernant sa participation à la conférence qu’elle avait organisée. Elle a accusé Otzma Yehudit « d’exploiter illégalement les ressources du service pénitentiaire pour promouvoir le parti et pour promouvoir le ministre lui-même ».

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à gauche, et la députée Limor Son Har-Melech arrivent à une audience devant la Cour suprême à Jérusalem, à la demande de l’organisation de défense des droits humains Adalah et du député Ahmad Tibi, qui demandent d’autoriser la visite de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, le 11 septembre 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La conférence a porté sur « les défis liés à la mise en œuvre de la loi sur la surveillance électronique », une loi qui s’applique aux auteurs de violences conjugales. Un projet de loi sur le sujet avait été saboté par Ben Gvir au mois de mars 2023, peu après son entrée en fonction. Une nouvelle version qu’il a contribué à faire adopter, au mois de juillet dernier, contient des restrictions plus importantes an matière de surveillance des conjoints violents.

Des dizaines d’organisations issues de la société civile, des députés et des représentants du gouvernement devaient assister à cette conférence – tout comme David et Anat Pachima, dont la fille Avishag avait été assassinée par son partenaire en 2022.

Par ailleurs, Meirav Cohen, qui est membre du parti Yesh Atid et qui préside la commission de la Knesset sur le Statut des femmes et l’égalité des sexes, a partagé sur X la photo d’une chaise vide avec une pancarte indiquant « réservée au ministre Ben Gvir » lors de l’audience de la commission, dans la journée de mardi.

« C’est le pire gouvernement, pour les femmes, de toute l’Histoire du pays », a-t-elle écrit. « Constater un niveau record de violences sexistes et ne pas agir pour augmenter les fonds ou les ressources destinés à lutter contre ce problème, c’est une sorte de négligence. Et c’est une négligence encore plus grave que de ne pas se donner la peine de se présenter aux audiences sur la question, alors que vous êtes vous-même le ministre responsable de ce dossier », a-t-elle noté.

« Mais interdire aux représentants de la police de se présenter ou de participer à une discussion prévue sur le sujet ? Le jour où le monde tout entier marque la lutte contre les violences faites aux femmes ?, a continué Cohen. « Ce n’est pas seulement une négligence criminelle, c’est tout simplement malveillant et obtus. Et cela coûte la vie à des femmes ».

Répondant sur X aux « médias de gauche et alarmistes », Ben Gvir a vanté sa visite de l’unité Misgav et les « centaines de millions de shekels » qu’il lui a alloués, les présentant comme les exemples de son dévouement à « la protection des femmes – sans paroles creuses ».

« Il ne s’agit pas de discussions creuses comme c’est le cas dans les commissions, des discussions qui sont destinées à faire de l’IPS et des représentants de la police les souffre-douleur de l’opposition, mais ce sont des actions concrètes qui visent à protéger les femmes », a écrit Ben Gvir.

Il a accusé Cohen et Ben-Ari de fermer les yeux sur les cas de harcèlement des femmes appartenant à la droite de l’échiquier politique, notamment quand « des femmes juives ont été harcelées en raison de leur nationalité », et il a critiqué leur opposition « alarmiste » aux réformes sur la possession d’armes à feu – des réformes qui, selon Ben Gvir, ont permis à « des dizaines de milliers de femmes » de se procurer des armes, renforçant ainsi leur sécurité.

« Les droits des femmes ne les intéressent pas », a commenté Ben Gvir, évoquant les députés de l’opposition. « Ce ne sont que des manœuvres politiques mesquines, avec ce désir de porter atteinte au gouvernement de droite et de me nuire ».

Cette année, 45 femmes ont été tuées dans des incidents violents à ce jour – dont une femme qui a été abattue lundi dans la ville de Jatt, une localité arabe du centre d’Israël.

42 femmes avaient perdu la vie dans les mêmes conditions en 2024.

Selon l’Observatoire israélien sur les féminicides, au moins 32 des femmes qui ont été tuées cette année l’ont été dans le cadre de violences sexistes. Il y avait eu 20 cas de féminicides qui avaient été signalés par le centre pour l’ensemble de l’année 2024, année où Ben Gvir avait réduit le budget gouvernemental alloué à un programme de protection des femmes exposées à des risques de violences conjugales.

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