Bennett: l’image d’Israël aux États-Unis « plus mauvaise que jamais », le pays presque « pestiféré »
Dans un long message, l'ex-Premier ministre, qui devrait se représenter aux prochaines élections, fustige la diplomatie publique de l'actuel gouvernement
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Dans un long message publié mardi sur les réseaux sociaux, l’ex-Premier ministre Naftali Bennett explique que l’image d’Israël aux États-Unis « est plus mauvaise que jamais » et que le pays est considéré comme un « pestiféré ».
Ce message, qui critique la communication de l’actuel gouvernement, est le fruit d’un déplacement de 10 jours aux États-Unis par ailleurs nourri du projet de se présenter aux élections de l’an prochain. Plusieurs sondages et indicateurs attestent en effet d’une baisse des soutiens à Israël et à sa guerre contre le Hamas à Gaza, et ce au sein des deux principaux partis politiques américains.
« Cela fait déjà un certain temps que le parti démocrate n’est plus de notre côté. Nous sommes également en train de perdre le parti républicain, sur lequel on pouvait autrefois compter », écrit-il tout en accordant au président américain Donald Trump le bénéfice d’avoir maintenu le soutien à Israël au sein de son administration.
« Même ceux qui étaient nos amis ont du mal à défendre l’État d’Israël », poursuit Bennett. « Israël est de plus en plus considéré comme un problème pour les États-Unis et les Américains. »
Bennett explique que le gouvernement actuel, dont il est un ardent critique, est responsable de cette situation. Il lui reproche son manque d’organisation et des tendances autodestructrices dans son plaidoyer en faveur d’Israël, ailleurs dans le le monde, estimant que le gouvernement fait de « terribles dégâts » et « n’a toujours pas pris la mesure du désastre ».
Certains des responsables de cette politique ont d’ailleurs « perçu des salaires de la part du Qatar », ajoute-t-il.
En début d’année, deux assistants du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir commis de multiples infractions liées à une mission pour une société de lobbying pro-qatarie, tout en continuant de travailler pour le Premier ministre. Le Qatar est un bailleur de fonds du Hamas, et les dirigeants du groupe terroriste y sont installés.
Bennett s’en est également pris à deux de ses anciens alliés, le ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ainsi qu’au ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu et au député Nissim Vaturi, qui ont suscité des tollés suite à leurs éclarations sur la guerre.
Eliyahu a ainsi déclaré qu’Israël « fondait sur Gaza pour l’anéantir », Smotrich que la majeure partie de l’enclave, selon lui partie « intégrante » d’Israël, serait « entièrement détruite, Chikli que l’expert britannique Piers Morgan était antisémite et enfin Vaturi, qu’il fallait « brûler Gaza ».
Bennett estime que les quatre députés « parlent trop et nous causent des torts insoupçonnables avec leurs propos dévastateurs qui mettent nos soldats dans une situation inconfortable au moment de présenter leur passeport un peu partout dans le monde. »
« Pensez-vous vraiment que ce que vous dites dans des interviews en Israël ne sort pas ailleurs ?! Cela ne vous inquiète pas de nuire à nos soldats ? interroge Bennett. « Si les personnes chargées de la propagande dans les services de Netanyahu travaillaient contre les ennemis extérieurs d’Israël avec un dixième du talent, de la rapidité et du dévouement avec lesquels ils exploitent la machine de propagande contre leurs adversaires politiques à l’intérieur d’Israël, nous serions dans une bien meilleure situation. »
Ancien allié de droite de Netanyahu, Bennett a rompu avec lui en 2021 et lui a brièvement ravi le pouvoir en devenant Premier ministre pendant une petite année. Dans la perspective des élections de l’an prochain, Bennett a créé un parti politique du nom de Bennett 2026, que les sondages positionnent au coude à coude avec le Likud de Netanyahu pour s’imposer comme le plus grand parti à la Knesset.
Selon Bennett, les accusations d’une famine à Gaza qui serait orchestrée par Israël ne cessent de gagner du terrain aux États-Unis. Plusieurs organisations spécialisées dans la défense des droits de l’homme estiment que la faim et la malnutrition se sont aggravées au sein de l’enclave.
Israël nie l’existence de famine généralisée mais, sous la pression internationale, a récemment augmenté les quantités d’aide humanitaire admises à Gaza.
« La ‘famine’ à Gaza a pris des proportions énormes, et pour la plupart des Américains et des influenceurs, c’est presque un fait désormais », écrit-il.
Cette montée du sentiment anti-israélien, ajoute-t-il, a conduit à un pic d’antisémitisme aux États-Unis. Depuis le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a donné le départ à la guerre en 2023, organisations américaines et forces de l’ordre attestent d’une forte hausse des actes antisémites.
« Les Juifs américains font face à une ignoble vague antisémite, comme jamais je n’en avais vu », écrit Bennett. « Cela faisait des années que je pensais qu’il n’y avait pas vraiment d’antisémitisme aux États-Unis. Maintenant, si. »
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