Blinken : L’Occident a moralement raison de reconnaître un État palestinien, mais il agit précipitamment
L'ex-secrétaire d'État propose de démilitariser Gaza et renverser le Hamas en 3 ans, donnant une chance aux Gazaouis de montrer qu'ils veulent vraiment vivre en paix avec Israël
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L’ancien secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré lundi que les pays occidentaux, de plus en plus nombreux à envisager de reconnaître un État palestinien en septembre, étaient bien intentionnés, mais qu’ils s’y prenaient mal.
« Alors que la crise à Gaza continue de s’aggraver, cette focalisation sur la reconnaissance semble totalement déconnectée des réalités les plus urgentes. Au milieu des souffrances des civils palestiniens et des otages israéliens, et alors qu’Israël a annoncé son intention d’occuper tout ou partie de l’enclave, les priorités sont d’éviter la famine, de libérer les otages et de mettre fin au conflit à Gaza. Les discussions sur la solution à deux États peuvent attendre », a-t-il écrit dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal.
Blinken a estimé qu’Israël a atteint deux de ses trois objectifs militaires à Gaza, à savoir détruire militairement le groupe terroriste palestinien du Hamas et éliminer les responsables du pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023. Cependant, le troisième objectif, celui de libérer les otages, « ne pourra probablement pas être atteint par une occupation totale de Gaza », et Israël « n’a pas élaboré de plan pour se retirer de Gaza et empêcher le Hamas de reprendre le pouvoir ».
Selon Blinken, un plan visant à reconnaître un État palestinien est donc « nécessaire » pour obtenir le soutien des États arabes afin de fournir des forces de sécurité et une aide destinées à aider les Gazaouis à gouverner l’enclave, tout en excluant le Hamas.
« Cependant, reconnaître sans condition la Palestine ne suffira pas à créer un État palestinien ni à mettre fin aux souffrances à Gaza. Ne pas exiger des Palestiniens qu’ils s’engagent à prendre des mesures pour garantir la sécurité d’Israël en échange de leur reconnaissance renforcerait les partisans du terrorisme du côté palestinien et les opposants à la création d’un État palestinien du côté israélien », a-t-il fait valoir.
« Il existe une meilleure voie à suivre. La France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie devraient adopter une feuille de route assortie de conditions et d’un calendrier précis en vue de la reconnaissance d’un État palestinien, que les États-Unis pourraient ensuite soutenir. Il est indispensable de fixer un point de départ et une date butoir, car personne n’acceptera un processus sans fin. Les Palestiniens ont besoin d’un horizon clair et proche pour leur autodétermination politique », a poursuivi Blinken.
« La reconnaissance doit également être assortie de conditions. Si les Palestiniens ont droit à l’autodétermination, ce droit s’accompagne de responsabilités. Personne ne devrait s’attendre à ce qu’Israël accepte un État palestinien dirigé par le Hamas ou d’autres terroristes, militarisé ou doté de milices armées indépendantes, aligné sur l’Iran ou d’autres pays qui rejettent le droit d’Israël à exister, qui enseigne et prêche la haine des Juifs ou d’Israël, ou qui, sans réforme, devient un État défaillant », a-t-il ajouté.
Blinken a suggéré que ces questions soient traitées sur une période de trois ans, ce qui permettrait de montrer « qu’une Palestine indépendante se concentrera sur la construction d’un État et non sur la destruction d’Israël ».
Les propos de Blinken ont été formulés après que l’Australie a annoncé lundi qu’elle reconnaîtrait un État palestinien en septembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette annonce fait suite à celles de plusieurs pays occidentaux envisageant de faire de même.
Israël a condamné ces annonces, les qualifiant de « récompense pour le terrorisme ». Dimanche, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que « l’idée dominante » selon laquelle la création d’un État palestinien résoudrait tous les problèmes était « absurde ».
L’administration Trump s’y oppose également. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que les négociations entre le Hamas et Israël en vue d’un cessez-le-feu et de la libération d’otages avaient échoué le jour où le président français, Emmanuel Macron, a annoncé son intention de reconnaître un État palestinien. Selon le chef de la diplomatie américaine, cette annonce a enhardi le groupe terroriste. L’annonce française a été la première d’une série récente de pays déclarant leur intention de reconnaître un État palestinien.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
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