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Netanyahu : Israël ne cherche pas à occuper Gaza, mais à « la libérer du Hamas »

Le Premier ministre nie vouloir prolonger la guerre, affirme qu'une « administration civile » gouvernera Gaza et explique pourquoi les trois cas les plus « célèbres » de famine qu'Israël aurait imposée sont « tous faux »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a organisé dimanche une conférence de presse exceptionnelle devant les médias étrangers, au cours de laquelle il a présenté les plans d’Israël pour la poursuite de sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza et a cherché à dissiper la « campagne mondiale de mensonges » sur le comportement d’Israël, alors que les critiques continuent de s’intensifier après près de deux ans de conflit.

Il a ensuite donné une deuxième longue conférence de presse en hébreu aux médias israéliens, pendant laquelle il a dit vouloir mettre fin à la guerre à Gaza le plus vite possible, mais que son plan pour étendre le conflit et prendre Gaza-City était le seul moyen d’obtenir la libération des 50 otages toujours retenus dans la bande de Gaza.

Quelques jours après que son cabinet a approuvé une nouvelle offensive majeure à Gaza-City pour déloger les forces du Hamas, le Premier ministre a nié que l’Israël ait l’intention d’occuper Gaza. Il a décrit comment une future « administration civile » serait mise en place dans la bande de Gaza pour gouverner les Palestiniens d’une manière qui ne menace pas Israël.

« La guerre peut prendre fin demain »

En entamant la première conférence de presse en anglais dans son bureau de Jérusalem avec une déclaration préparée, Netanyahu a dit qu’il l’avait convoquée « pour dénoncer les mensonges et dire la vérité ».

« Notre objectif n’est pas d’occuper Gaza. Notre objectif est de libérer Gaza, de la libérer des terroristes du Hamas », a déclaré Netanyahu.

Décrivant sa vision de l’après-guerre dans la bande de Gaza, Netanyahu a indiqué que « Gaza sera démilitarisée. Israël aura la responsabilité première de la sécurité. Une zone de sécurité sera établie à la frontière entre Gaza et Israël, afin d’empêcher toute incursion terroriste à l’avenir. Une administration civile sera mise en place à Gaza, qui s’efforcera de vivre en paix avec Israël. Tel est notre plan pour l’après-Hamas. »

Netanyahu a rappelé les « cinq principes » auxquels il conditionne la fin à la guerre à Gaza : « Premièrement, le Hamas doit être désarmé. Deuxièmement, tous les otages doivent être libérés. Troisièmement, Gaza doit être démilitarisée. Quatrièmement, Israël doit avoir le contrôle total de la sécurité. Et cinquièmement, une administration civile pacifique non israélienne doit être mise en place. »

Il a souligné que l’Autorité palestinienne n’était pas une option acceptable, ainsi qu’il le soutient depuis le début de la guerre, accusant l’AP de promouvoir des activités terroristes contre Israël.

« C’est notre plan. Le Hamas refusant de déposer les armes, Israël n’a d’autre choix que de mener à bien sa mission et de défaire le Hamas », a précisé Netanyahu, faisant référence au nouveau plan opérationnel.

L’Autorité palestinienne n’est pas une option acceptable pour jouer un rôle dans Gaza après la guerre, a ajouté Netanyahu, l’accusant de promouvoir des activités terroristes contre Israël. Plus tard, lors de la conférence de presse en hébreu, il a déclaré que l’Autorité palestinienne partageait en fin de compte le même objectif que le Hamas, à savoir détruire Israël, mais qu’elle cherchait à y parvenir en utilisant d’abord des instances internationales telles que l’ONU et la Cour pénale internationale pour forcer Israël à se retirer vers des « frontières indéfendables », puis en attaquant.

Des bâtiments détruits lors des opérations terrestres et aériennes israéliennes dans le nord de la bande de Gaza, vus depuis le sud d’Israël, le 8 août 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)

Netanyahu a assuré que le plan militaire récemment approuvé pour prendre le contrôle de Gaza-City était le « meilleur moyen de mettre fin à la guerre ».

« Contrairement à ce que prétendent certains, c’est le meilleur moyen de mettre fin à la guerre, et le meilleur moyen d’y mettre fin rapidement », a déclaré le Premier ministre.

Présentant les grandes lignes de la stratégie du plan, M. Netanyahu a expliqué qu’Israël « contrôle environ 70 à 75 % [de Gaza], militairement. Mais il reste deux bastions [du Hamas]. Il s’agit de Gaza-City et des camps centraux de la zone humanitaire de Mawasi. »

L’armée israélienne a reçu l’ordre « de démanteler les deux derniers bastions du Hamas à Gaza-City et dans les camps centraux », ajoute-t-il.

Il a précisé qu’Israël commencera le plan « en permettant d’abord à la population civile de quitter en toute sécurité les zones de combat pour se rendre dans des zones de sécurité désignées. Dans ces zones de sécurité, elle recevra de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux en quantité suffisante ».

Plus tard, face aux journalistes israéliens, Netanyahu a déclaré que le Hamas « avait posé des conditions impossibles à accepter, non seulement à nos yeux, mais aussi à ceux des États-Unis », pour parvenir à un accord. « Elles comprennent, entre autres, un retrait complet de la bande de Gaza, y compris du corridor de Philadelphie, ce qui permettrait la libre contrebande d’armes ; la libération des terroristes emprisonnés, ces monstres ; et l’exigence de garanties internationales contraignantes qui empêcheraient l’armée israélienne de reprendre les combats. Ce sont là des conditions de capitulation qu’aucun gouvernement responsable n’accepterait, et je ne les accepterai certainement pas. »

« Le Hamas nous a dupés. C’est pourquoi je suis convaincu que la seule façon de récupérer tous nos otages est de battre le Hamas », a déclaré Netanyahu.

Il a toutefois ajouté vouloir « mettre fin à la guerre le plus vite possible. C’est pourquoi j’ai demandé à l’armée israélienne de raccourcir le calendrier pour prendre le contrôle de Gaza-City », a-t-il dit, sans donner plus de détails, ajoutant ne pas avoir «  l’intention de laisser le Hamas en place, j’ai l’intention de le battre… Je n’ai pas l’intention de laisser ces monstres là où ils sont. »

Il a expliqué que la décision du cabinet de conquérir Gaza-City la semaine dernière « est la première étape » dans la campagne pour battre le Hamas sur le champ de bataille.

« Dès que l’on aura détruit le centre de gravité [en prenant Gaza-City], la dernière vraie forteresse du Hamas à Gaza, le Hamas s’effondrera », a-t-il affirmé. « Je pense que le Hamas le sait aussi. »

Il a toutefois reconnu plus tard que même après la prise de Gaza-City, Israël devra mener une autre opération pour sécuriser les camps du centre de Gaza. Il a toutefois refusé de donner plus de détails, afin, selon lui, de ne pas alerter le Hamas.

Abordant les préoccupations humanitaires, Netanyahu a fait valoir que « notre politique tout au long de la guerre a été d’empêcher une crise humanitaire, tandis que celle du Hamas a été de la créer ».

Des Gazaouis se précipitent pour récupérer l’aide humanitaire larguée par parachute à Gaza-City, dans le nord de la bande de Gaza, le 7 août 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Il a rejeté les allégations selon lesquelles l’armée israélienne aurait imposé une politique de famine à Gaza, insistant sur le fait qu’Israël a autorisé l’acheminement d’une aide suffisante tout au long de la guerre, tandis que le Hamas a perturbé le flux de l’aide et que les Nations unies n’ont pas réussi à la distribuer correctement. Depuis le début de la guerre, Israël a laissé entrer « près de 2 millions de tonnes d’aide », a-t-il rappelé.

« Si nous avions mené une politique de famine, personne n’aurait survécu à Gaza après deux ans de guerre. Mais notre politique a été exactement le contraire ».

Il a affirmé que le Hamas a « violemment pillé les camions d’aide » et créé délibérément des pénuries. Selon lui, comme l’ONU n’était pas disposée à tout livrer, des tonnes et des tonnes d’aide humanitaire ont pourri du côté gazaoui de la frontière. Aujourd’hui, Israël désigne des couloirs sécurisés pour la distribution de l’aide, renforce les points de distribution sécurisés gérés par la Fondation humanitaire de Gaza et procède à des largages aériens avec d’autres pays. « Il en a résulté une vague humanitaire… et des centaines de camions sont entrés ces derniers jours.

Des soldats de l’armée israélienne, dans la bande de Gaza, sur une image publiée le 8 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Campagne mensongère mondiale »

Netanyahu a accusé le Hamas et les médias internationaux de diffuser de fausses allégations, selon lesquelles Israël imposerait une famine à Gaza. Il a évoqué une « campagne mondiale de mensonges » et affirmé que les faits qu’il a exposés jusqu’à présent durant sa conférence de presse peuvent être « facilement vérifiés ».

Alors que 2 millions de personnes à Gaza ont désormais accès à l’aide humanitaire, « les seuls qui sont délibérément affamés à Gaza sont nos otages », a-t-il souligné.

Il a montré une image de l’otage israélien Evyatar David, très amaigri, tel qu’il apparaît dans une récente vidéo de propagande du Hamas. « Regardez sa main, son bras. Il est délibérément affamé par ces monstres du Hamas », s’est indigné Netanyahu, en désignant également le bras potelé de l’un des ravisseurs qui, selon lui, « mangent tous correctement ».

C’est une réalité déformée de Gaza qui « a été diffusée à travers le monde, presque de la même manière que les calomnies visant le peuple juif au Moyen Âge ».

« Chaque massacre visant le peuple juif a été précédé d’une campagne de diffamation massive », a-t-il noté. « On nous accusait de répandre la vermine dans la société chrétienne. On nous accusait d’empoisonner les puits. On nous accusait d’égorger des enfants chrétiens pour leur sang. Et à mesure que ces mensonges se répandaient à travers le monde, se produisaient d’abominables massacres, pogroms, déplacements, pour finalement aboutir au pire de tous : la Shoah. »

« Aujourd’hui, l’État juif est calomnié de la même manière », a-t-il déploré.

Netanyahu a en outre accusé la presse internationale d’avoir « gobé tout rond » la propagande du Hamas.

Il a décrit les images devenues virales de trois enfants souffrant de malnutrition comme étant des photos « truquées », publiées dans l’ignorance totale de l’état de santé préexistant des enfants.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu explique en détail, lors d’une conférence de presse le 10 août 2025, les cas de trois enfants de Gaza dont l’état de santé, selon lui, a été présenté à tort à l’échelle internationale comme étant dû à la famine imposée par Israël. (Capture d’écran/GPO)

Il a d’abord fait référence à Osama al-Rakab, âgé de 5 ans, qui souffre d’une grave « maladie génétique qui endommage les poumons et le système digestif, rendant difficile l’absorption des nutriments et la prise de poids », et qui a suivi un traitement en Italie « parce qu’Israël l’a évacué (…) Israël a facilité le voyage d’Osama en Italie, où il a reçu les soins médicaux » dont il avait besoin, a expliqué Netanyahu.

Il a ensuite cité le cas d’Abdul Qader al-Fayoumi, qui serait mort de faim à Gaza, affirmant que l’adolescent souffrait d’un « trouble neurologique génétique, l’amyotrophie spinale, une maladie dégénérative qui provoque une faiblesse musculaire et une perte de poids importante sans rapport avec l’alimentation. Telle était – et non la malnutrition – la véritable cause de son apparence », a affirmé Netanyahu. L’enfant a été soigné en Israël en 2018, mais sa maladie résiste à la plupart des traitements, a ajouté le Premier ministre.

Pour terminer, il a abordé le cas qu’il a qualifié de « plus célèbre » : une photo publiée en première page du New York Times montrant Muhammad Zakaria Ayoub al-Mutawaq et sa mère. Il a expliqué que Muhammad souffre de paralysie cérébrale, et souligné que « sa mère est bien nourrie et son frère, en bonne santé ».

Mohammed al-Mutawaq, enfant âgé d’un an et demi et originaire de la ville de Gaza, à Gaza, serait atteint d’une maladie musculaire mortelle et de malnutrition, le 21 juillet 2025. (Ahmed Jihad Ibrahim Al-arini / Anadolu, via Reuters)

« J’étudie actuellement la possibilité d’une action en justice contre le New York Times, car cette histoire est scandaleuse », a fait savoir Netanyahu. Il a indiqué que le New York Times avait publié un rectificatif concernant cet article, un rectificatif jugé insignifiant et que le journal avait de plus « enterré ».

« Ce sont les trois photos les plus célèbres, et elles sont toutes fausses », s’est-il indigné. « Nous ne laisserons pas passer cela sans réagir, et c’est la raison d’être de cette conférence de presse », a-t-il annoncé. « J’espère que vous ouvrirez bientôt les yeux sur cette simple réalité : le Hamas ment. »

Si les photos d’al-Mutawaq ne mentionnent pas la grave maladie dont il souffre, des médecins israéliens de haut rang ont rapporté que son état de maigreur extrême n’était pas uniquement dû à son état de santé préexistant, mais probablement à l’impossibilité d’accéder à des compléments alimentaires adaptés.

Même si le Premier ministre a nié qu’Israël affame volontairement les civils de Gaza, il a reconnu que les gens de la bande de Gaza ont souffert de « privations » et a dit que la nouvelle vague d’aide était là pour y remédier.

« Il y avait un problème de privation », a continué le Premier ministre. « Cela ne fait aucun doute. Et nous avons donc dû le résoudre. »

Des centaines de camions entrent maintenant dans Gaza, a-t-il ajouté.

« Maintenant, nous voulons augmenter le nombre de sites de distribution, nous résoudrons ce problème par la loi de l’offre et de la demande », a-t-il explique. « S’il y a beaucoup d’approvisionnement, si on inonde Gaza de nourriture », une partie sera pillée par le Hamas.

« Mais si suffisamment de nourriture arrive sur le marché, pour ainsi dire, alors on verra une différence. »

Netanyahu a fait valoir que le prix de la nourriture à Gaza a « chuté depuis qu’on a décidé de lancer l’opération humanitaire. Il va encore baisser si d’autres pays se joignent à nous ».

C’est le Hamas qui a « créé ce problème » d’insuffisance de l’aide, puis Israël a été accusé d’avoir « une politique de famine, ce qui est complètement faux, tout comme nous n’avons pas de politique de génocide, ce qui est tout aussi faux. Nous n’avons ni l’un ni l’autre », a-t-il souligné.

« Je ne connais aucun pays qui envoie des millions de SMS aux civils pour leur dire de se mettre à l’abri, renonçant ainsi à l’effet de surprise, ou qui les appelle individuellement sur leur téléphone portable », a-t-il poursuivi.

« Pourtant, Israël est accusé de génocide. C’est absurde. »

Réagissant aux informations quasi quotidiennes faisant état de victimes civiles près des sites d’aide humanitaire, Netanyahu a allégué que « beaucoup de tirs [près des sites du GHF] ont été effectués par le Hamas, qui cherchait à provoquer une réponse de nos forces », dit-il. Et « très souvent », les forces de l’armée israélienne n’ont pas répondu : « Elles sont restées en retrait, elles ont retenu leurs tirs, même si leur propre vie était en danger ».

Les Nations Unies ont indiqué que plus de 1 300 personnes ont été tuées en essayant d’obtenir de l’aide humanitaire dans l’enclave depuis que la Fondation humanitaire de Gaza a commencé à bosser en mai, la plupart d’entre elles ayant été abattues par les forces israéliennes opérant près des sites de la GHF.

Les familles d’Israéliens pris en otage à Gaza, d’anciens otages et des sympathisants tiennent une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 août 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Lors de la conférence de presse, Netanyahu a été interrogé sur le rapport de l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification) concernant le spectre de la famine à Gaza, sur le blocus israélien de l’aide humanitaire pendant 11 semaines entre mars et mai, et sur la manière dont il peut garantir qu’« une catastrophe ne se produira pas alors qu’un million de personnes supplémentaires ont été déplacées » dans le cadre de l’opération à Gaza-City.

« Nous avons tenté de faire deux choses simultanément : arrêter les camions et faire entrer les camions par les points de distribution [de la Fondation humanitaire de Gaza] », a répondu Netanyahu.

Cependant, ces deux mesures n’ont pas été prises simultanément. Israël a maintenu un blocus total de l’aide humanitaire sur Gaza pendant 78 jours, du 2 mars au 19 mai. Ce n’est qu’alors qu’il a commencé à autoriser l’entrée d’une petite quantité d’aide à Gaza par le biais de mécanismes existants, largement facilités par l’ONU, avant que la GHF ne commence progressivement à faire fonctionner jusqu’à trois sites de distribution dans le sud et le centre de Gaza.

« Cela n’a pas fonctionné… entre autres parce que le Hamas a également intercepté le programme de la GHF, le point de distribution », a-t-il déclaré.

Mais la GHF affirme depuis longtemps que ni le Hamas ni aucun autre organisme n’a pu s’emparer de son aide. En juin, l’armée israélienne a publié des images montrant, selon elle, un membre du Hamas tirant sur des personnes venues chercher de l’aide à Gaza. Mais cette vidéo n’a pas été filmée près d’un site de la GHF.

Lors de sa conférence de presse en hébreu qui a suivi, Netanyahu a ajouté que l’autre problème qui entravait le déploiement du GHF était le manque de sites de distribution. Le GHF affirme depuis des mois qu’il exhorte Israël à lui permettre d’établir un site supplémentaire dans le nord de Gaza, mais ces appels sont apparemment restés sans réponse.

« Le Hamas a utilisé [l’aide volée] comme un outil de recrutement pour de nouveaux terroristes, en disant à une Palestinienne : « Vous voulez cette farine ?Donnez-moi votre fils de 15 ans. C’est ainsi qu’ils alimentent leur machine de guerre », a-t-il déclaré aux journalistes israéliens. « Nous ne voulions pas provoquer la famine ; au contraire, nous voulons contourner le pillage et les vols du Hamas », a-t-il poursuivi, tout en reconnaissant que le cadre du GHF « n’a pas fonctionné comme nous le souhaitions ».

« Il n’y a pas eu de famine », a déclaré Netanyahu. « Il y avait une pénurie, mais il n’y avait certainement pas de politique de famine ».

Netanyahu a néanmoins osé critiquer la politique choisie par lui-même et son gouvernement, déclarant : « Nous pouvons discuter pour savoir si [le changement de politique] était trop tardif, mais nous n’aurions certainement pas dû nous laisser prendre dans cette situation ».

Des méthodes « créatives » pour rapatrier les otages

Netanyahu a assuré que son plan militaire pour prendre le contrôle de Gaza-City pourrait aider à récupérer les otages encore en vie ou morts dans la bande de Gaza – dont la plupart seraient détenus dans le centre de la bande – grâce à des méthodes « variées » et « créatives ».

Les hauts responsables de la sécurité israéliens, dont le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, le chef du Mossad, David Barnea, et le conseiller à la sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, seraient tous convaincus que la conquête de Gaza-City mettrait en danger les otages.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’exprime lors d’une évaluation de la sécurité le 7 août 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Netanyahu a par ailleurs insisté sur le fait qu’il « ne veut pas prolonger la guerre »

« Je veux mettre fin à la guerre. Je pense que les autres suggestions [pour de futures actions à Gaza] l’auraient prolongée », a-t-il fait valoir.

En réponse à une question posée lors de la conférence de presse destinée aux médias israéliens, qui lui demandait s’il accepterait un accord de libération partielle des otages si le Hamas y consentait après le début de l’opération, Netanyahu n’a pas répondu directement, déclarant plutôt qu’il était « déterminé à obtenir la libération de l’ensemble des 20 otages, et que la défaite du Hamas est l’opération décisive qui, selon moi, permettra d’y parvenir ». À plusieurs reprises au cours de cette conférence de presse en hébreu, le Premier ministre a évoqué la nécessité impérative d’obtenir la libération des « 20 » otages, plutôt que des 50.

Cinquante otages des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023 sont encore détenus par des groupes terroristes à Gaza. Vingt d’entre eux seraient encore en vie

Autorité transitoire

Au sujet de l’après-guerre à Gaza, le Premier ministre a ensuite indiqué qu’Israël avait trouvé « plusieurs candidats » pour une « autorité de transition » qui dirigerait Gaza après la guerre, en insistant sur le fait que le désarmement du Hamas serait la priorité dans tout plan d’après-guerre et qu’Israël ne cherchait pas à rester dans la bande de Gaza.

Netanyahu a fait savoir que plusieurs pays arabes étaient d’accord avec Israël sur la nécessité du désarmement du Hamas : « Il est intéressant de noter que certains pays arabes, et ils sont nombreux, ont déclaré que le Hamas devait être désarmé. Je pense que c’est le point de départ. »

« Nous discutons de plusieurs candidats, de plusieurs structures. Il s’agit d’une période de transition, d’une autorité de transition », a-t-il poursuivi, réaffirmant que « nous ne voulons pas rester à Gaza, ce n’est pas notre objectif. »

Il a ajouté qu’il le dit clairement même « à ceux qui ne sont pas d’accord avec moi – et il y en a », faisant probablement référence aux membres d’extrême droite de sa coalition qui réclament ouvertement l’occupation permanente de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse pour les médias étrangers, le 10 août 2025. (Crédit : capture d’écran GPO)

Israël combattra « avec ou sans le soutien des autres »

Interrogé sur la décision de Berlin de suspendre certaines livraisons d’armes à Israël, Netanyahu a fait valoir que le chancelier allemand a « cédé » à la pression de groupes étrangers et nationaux opposés à Israël, et a promis qu’Israël combattra le Hamas « avec ou sans le soutien des autres ».

« Je pense que [Merz] a été un bon ami d’Israël, mais je pense qu’il a cédé à la pression de faux reportages télévisés et à la pression interne de divers groupes », a déclaré Netanyahu, en réponse à une question sur l’embargo.

Lors de la conférence de presse en hébreu qui a suivi, Netanyahu a adressé des remarques similaires non seulement aux dirigeants étrangers, mais également à ceux qui, dans son pays, s’opposent à l’extension de la guerre à Gaza, en déclarant : « Peut-être que certains ont oublié le 7 octobre, en Europe et même ici, en Israël. Je n’ai pas oublié. Je ne suis pas disposé à laisser ces meurtriers, ces monstres… rester là-bas. »

Le chancelier allemand Friedrich Merz faisant une déclaration à Berlin avant de se rendre au sommet du G7, à Kananaskis, au Canada, le 15 juin 2025. (Crédit : John MacDougall/AFP)

Passant à ce qu’il a appelé « une autre question », Netanyahu dit que de nombreux dirigeants, « surtout européens », lui ont dit : « Écoute, on sait que tu as raison, mais on peut pas aller à l’encontre de l’opinion publique dans notre pays… Ils me le répètent sans arrêt. »

« Et je leur réponds que c’est leur problème. Ce n’est pas le nôtre », a-t-il poursuivi.

Reconnaissance d’un Etat palestinien ? Absurde

Pour la dernière question de sa conférence de presse en anglais, Netanyahu a été interrogé sur sa description virulente des pays qui se préparent à reconnaître l’État palestinien comme une récompense pour le terrorisme. Il a fait valoir que les «  Palestiniens ne veulent pas créer un État. Ils veulent détruire un État ».

Il a ensuite rejeté « l’hypothèse dominante… selon laquelle le problème que nous avons avec les Palestiniens est l’absence d’un État palestinien » et que s’ils « obtenaient un État palestinien, ils cesseraient leurs efforts pour détruire l’État juif. Mais les Palestiniens se sont vu offrir un État à plusieurs reprises, notamment dans la résolution sur le partage, et ils l’ont refusé », a-t-il rappelé.

« Mes prédécesseurs leur ont offert un État, avec des concessions généreuses, très généreuses. Ils l’ont refusé. »

Selon lui, c’est « parce que les Palestiniens ne veulent pas créer un État. Ils veulent détruire un État. C’est pourquoi ils se sont opposés au mouvement national juif pour créer un État. C’est ce qu’on appelle le sionisme. Ils s’y sont opposés avant la création de l’État juif, et ils s’y opposent depuis. Ils s’y sont opposés lorsqu’ils contrôlaient la Judée-Samarie, la Cisjordanie et Gaza. Ils n’ont pas dit : ‘Commençons. Créons un État là-bas.’ Ils n’ont pas dit ça. Parce que, encore une fois, leur but, c’est de détruire un État. »

« C’est dur d’imaginer ou de comprendre comment des gens intelligents dans le monde entier, y compris des diplomates chevronnés, des chefs de gouvernement et des journalistes respectés, peuvent croire à cette absurdité », s’est-il étonné.

« C’est tellement facile à vérifier. »

Il a ajouté que le Hamas avait un État de factoà Gaza, qu’il a utilisé « pour lancer une guerre terroriste contre Israël », et qu’il le refera dès qu’il en aura la possibilité.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une conférence de presse depuis le bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 10 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Quant à l’Autorité palestinienne, a-t-il poursuivi, elle cherche d’abord à réduire Israël à des « frontières indéfendables » par le biais d’organismes comme la CPI et l’ONU, « puis à porter le coup fatal. Parce qu’Israël est trop fort dans sa configuration actuelle ».

L’Autorité palestinienne et le Hamas « n’ont aucune différence quant à leur objectif ».

« La vraie raison pour laquelle ce conflit persiste n’est pas l’absence d’un État palestinien, mais le refus persistant des Palestiniens de reconnaître l’État juif dans quelque frontière que ce soit », a-t-il martelé.

Donner un État aux Palestiniens, dit-il, ne les ferait pas abandonner « leur objectif de détruire l’État juif. Tout ce que vous feriez, c’est rapprocher la prochaine guerre ».

« Encore une fois, le Hamas avait un État. Ça n’a fait que rapprocher la guerre. Si l’on faisait la même chose en Judée-Samarie, juste au-dessus de Tel-Aviv, encerclant Jérusalem, certains disent en coupant Jérusalem en deux… tu vas voir les radicaux reprendre le pouvoir, l’Iran prendre le contrôle et déclencher une guerre à partir de frontières améliorées ».

Les Palestiniens devraient avoir « tous les pouvoirs pour se gouverner là où ils vivent et aucun pouvoir pour menacer Israël », a-t-il dit. « Ils devraient évidemment réformer tout leur système éducatif. Ils devraient… accepter qu’Israël est là pour rester, pas comme un fait, comme un fait physique ou géographique, mais comme un fait d’équité historique. S’ils veulent vivre ici, à côté de nous, ils doivent cesser de chercher à nous détruire. Leur donner un État indépendant avec tout ce que ça implique, c’est inviter une guerre future, et une guerre certaine.

C’est quelque chose à quoi le public israélien s’oppose fermement aujourd’hui », a-t-il ajouté.

La plupart des Juifs et la grande majorité des élus au pouvoir en Israël s’opposent à un État palestinien « pour la simple raison qu’ils savent que ça n’apportera pas la paix, mais la guerre. Voir les pays européens et l’Australie s’engager dans cette voie… et gober ce canard, c’est décevant. Et je pense que c’est même honteux. »

Mais, a-t-il promis, « ça ne changera pas notre position. On ne va pas se suicider en tant que nation pour avoir un bon article pendant deux minutes », a-t-il conclu.

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