Le NYT admet que le petit gazaoui décharné en Une avait des « problèmes de santé préexistants »
Dans une note, le journal indique que Mohammad al-Mutawaq, 18 mois, souffre de troubles "affectant son développement cérébral et musculaire" ; il avait initialement déclaré qu'il "était né en bonne santé"
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Après avoir publié en première page, la semaine dernière, l’image d’un enfant au corps décharné – sans préciser qu’il était atteint d’une maladie préexistante – pour illustrer la faim généralisée à Gaza, le New York Times a fait paraître une note de correction, dans la journée de mardi.
« Les enfants de Gaza souffrent de malnutrition et ils ont faim, comme l’ont montré les journalistes du New York Times et d’autres personnes », a déclaré le journal dans un communiqué. « Nous avons récemment publié un article sur les civils les plus vulnérables de Gaza et notamment sur Mohammad Zakaria el-Mutawaq, qui est âgé d’environ 18 mois et qui souffre de malnutrition sévère ».
« Depuis, nous avons obtenu de nouvelles informations et son dossier médical – des informations qui ont notamment été transmises par l’hôpital qui l’a soigné – et nous avons réactualisé notre article afin d’y ajouter le contexte de ses problèmes de santé préexistants. Ces détails supplémentaires permettront aux lecteurs de mieux comprendre sa situation ».
Une correction a été ajoutée à l’article qui accompagnait la photo sur l’édition en ligne du quotidien. Le communiqué a été diffusé sur le compte de relations publiques du New York Times, qui compte quelque 89 000 abonnés ; elle ne figure pas sur le compte principal du New York Times sur le réseau social X, un compte qui est suivi par 55 millions d’internautes.
La photo, qui avait fait la Une du Times dans la journée de vendredi, montrait le garçon, visiblement sous-alimenté, dans les bras de sa mère, Hidaya. Cette dernière avait expliqué, selon la légende, que Mohammed « est né en bonne santé mais qu’on lui a récemment diagnostiqué un état de malnutrition sévère ».
Des images d’al-Mutawaq ont également été reprises par Sky News, le Guardian, le Daily Mail et le Times of London avec des légendes similaires. Certaines – y compris dans l’édition en ligne du New York Times – affirmaient également, sans apporter clairement de preuves, que « le père de Mohammed a été tué l’année dernière alors qu’il allait chercher de quoi manger pour sa famille ».
La semaine dernière, une image de l’enfant dans les bras de sa mère avait également occupé toute la première page du journal britannique Daily Express, avec le titre suivant : « PAR PITIÉ, ARRÊTEZ CELA MAINTENANT : La souffrance du petit Muhammad qui s’accroche à la vie dans l’enfer de Gaza nous fait honte à tous ».
Le New York Times a reconnu dans son article remis à jour, mardi, que « Mohammed, selon son médecin, a des problèmes de santé préexistants qui affectent son cerveau et son développement musculaire ».
« Mais », note le journal, « sa santé s’est rapidement détériorée au cours des derniers mois alors qu’il devenait de plus en plus difficile de trouver des denrées alimentaires et des soins médicaux, et la clinique qui l’a pris en charge a estimé qu’il souffrait de malnutrition sévère ».
Today's front page:
(Article contains distressing content)https://t.co/uHW1KQCXxa @ExpressGilo #DailyExpress #Gaza pic.twitter.com/ykKGEaTaV2
— Daily Express (@Daily_Express) July 23, 2025
La correction est intervenue après que le journaliste d’investigation indépendant David Collier a rapporté sur son site internet, lundi, qu’un dossier médical de Gaza, qui datait du mois de mai 2025, indiquait que Mohammed souffrait d’infirmité motrice cérébrale et d’hypoxémie – peut-être en raison d’une maladie génétique.
Collier a également fait remarquer, dans son article, que d’autres photos provenant des mêmes plateaux, utilisées par les principaux médias, montraient la mère de Mohammed et son frère aîné, qui semblaient avoir un poids normal.
Unlike his brother standing by his side, Muhammad Zakariya Ayyoub al-Matouq suffers from cerebral palsy.
But BBC, CNN, Daily Express, and The New York Times spread a misleading story using a picture of a sick, disabled child to promote a narrative of mass starvation in Gaza —… pic.twitter.com/dfkwQKS13i
— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) July 29, 2025
Collier a toutefois reconnu que Mohammed « a besoin de compléments médicaux spécialisés depuis sa naissance », ce qui indique qu’il souffre probablement encore plus du fait de l’insuffisance de l’aide apportée à Gaza, de la pénurie de matériel médical et de l’effondrement du système de santé au sein de la bande.
Un journaliste conteste l’affirmation selon laquelle le père de l’enfant est mort en cherchant de la nourriture
Collier a également contesté le fait que, comme l’ont dit les journaux, le père de Mohammed avait été tué, l’année dernière, alors qu’il était allé chercher de quoi manger pour sa famille.
Collier a annoncé avoir identifié le père du garçon qui s’appelait, semble-t-il, Zakaria Ayoub al-Mutawaq. L’homme aurait trouvé la mort lors d’une frappe de Tsahal, aux côtés de trois autres personnes, alors qu’il se trouvait dans la rue Al-Qassabeeb à Jabalia, dans le nord de Gaza, en date du 28 octobre 2024.
La mort d’al-Mutawaq avait eu lieu quelques jours après la diffusion, par le Hamas, d’une vidéo qui avait montré des terroristes du groupe qui prenaient pour cible des soldats israéliens dans cette même rue. Six soldats israéliens avaient été tués dans ce secteur en l’espace de quatre jours, à ce moment-là.
Il n’a pas été possible de déterminer s’il existait des preuves permettant de relier de manière définitive al-Mutawaq au petit garçon, au-delà du simple fait qu’ils partagent le même nom de famille.
Des incidents quasi-quotidiens ont été signalés, ces derniers mois, concernant des civils palestiniens qui ont été abattus alors qu’ils venaient chercher des aides humanitaires – parfois suite à des tirs israéliens. L’armée a indiqué que ces morts étaient intervenues alors que les soldats tentaient de maintenir l’ordre face à la foule de Gazaouis venus chercher de l’assistance. Les troupes israéliennes au sol n’ont commencé à mener des opérations à proximité des sites qui distribuent des aides humanitaires qu’au mois de mai 2025.
Lundi, le Times of London a publié un article sur les recherches menées par Collier, sans toutefois approuver ni rejeter ses conclusions.
Ni Sky News, ni le Guardian, ni le Daily Mail n’avaient ajouté de correctif à leurs articles, mercredi à la mi-journée.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a accusé mercredi le New York Times de s’être livré à « une accusation de meurtre rituel » .
« C’est tout simplement incroyable », a réagi Bennett. « Après avoir engendré un tsunami de haine à l’égard d’Israël avec cette photo terrifiante, le NYT admet maintenant, en toute tranquillité, que ce petit garçon avait des problèmes de santé préexistants. Au NYT : vous saviez que le Hamas utilise des petits enfants atteints de maladies préexistantes. Cela fait des moins que nous le disons. Vous saviez pertinemment ce que cette photo allait provoquer. Il s’agit d’une accusation de meurtre rituel en 2025 ».
« N’avez-vous pas honte ? », a interrogé l’ex-Premier ministre.
L’article de Collier a été publié alors qu’Israël accusait une autre image, largement diffusée, montrant un enfant palestinien émacié d’avoir été utilisée pour accuser de manière mensongère Israël d’affamer les enfants de Gaza.
La photo en question est celle d’Osama al-Rakab, âgé de cinq ans, qui souffre d’une grave maladie génétique et qui a quitté Gaza, en date du 12 juin, pour recevoir un traitement à l’étranger, avec l’accord d’Israël.
Le Cadre intégré de classification de sécurité alimentaire, une initiative prise par les Nations unies, a indiqué mardi que « le pire scénario de famine se déroule actuellement dans la bande de Gaza ». Il a prédit « des morts généralisées » en l’absence d’action immédiate.
Deux jours plus tôt, au vu de la situation, Israël a commencé à mettre en place des pauses humanitaires quotidiennes de dix heures dans de vastes secteurs de la bande de Gaza, facilitant également l’acheminement de l’assistance par voie terrestre et aérienne.
Du mois de mars au mois de mai, cette année, Israël avait empêché toutes les aides humanitaires d’entrer dans la bande de Gaza, y-compris l’entrée des denrées alimentaires et des médicaments.
À l’époque, Jérusalem avait estimé que les aides qui s’étaient accumulées étaient suffisantes pour durer plusieurs mois, ajoutant qu’en envoyer davantage renforcerait le groupe terroriste du Hamas.
Depuis la fin de ce blocus, Israël s’appuie fortement sur la Fondation humanitaire pour Gaza, basée aux États-Unis et en Israël. Les autorités du Hamas affirment que les fusillades quasi-quotidiennes qui ont eu lieu aux abords des sites de distribution de la GHF ont fait plus d’un millier de morts. Tsahal, pour sa part, affirme que ce chiffre est exagéré.
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