Boulder – Depuis l’attentat, la menace persiste et force la manifestation pro-otages à changer d’itinéraire
Selon les participants à la marche de sensibilisation au sort des otages du Hamas, des manifestants pro-palestiniens ont crié des injures antisémites et fait allusion à leurs enfants
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JTA — Aux Etats-Unis, dans le Colorado, la branche de Boulder de Run For Their Lives, l’événement de sensibilisation au sort des otages israéliens, cible d’un attentat en juin dernier, va cesser d’annoncer ses activités, résultat de semaines de menaces – notamment de la part d’un politicien local.
« Nos participants font face à un niveau de harcèlement qui nous empêche de poursuivre nos activités publiques en toute sécurité », a regretté Brandon Rattiner, directeur principal du Jewish Community Relations Council, par voie de communiqué.
La marche organisée à Boulder est l’une des 230 activités de cet ordre qui sont organisées chaque semaine un peu partout dans le monde pour appeler l’attention sur les otages israéliens aux mains du Hamas à Gaza. Le 1er juin dernier, elle avait été attaquée par un homme qui avait lancé des cocktails Molotov en direction des participants. Treize personnes avaient été blessées et une femme de 82 ans avait succombé à ses blessures.
L’homme accusé de l’attaque, Mohamed Sabry Soliman, avait été arrêté sur les lieux de l’attentat. Il devra répondre devant la justice de 12 chefs d’accusation de crimes de haine.
Depuis lors, des contre-manifestants anti-Israël s’en prennent régulièrement à ce groupe, expliquent des dirigeants juifs locaux. Ces contre-manifestants ont qualifié les participants à Run For Their Lives de « génocidaires », de « racistes » et de « nazis » tout en faisant allusion aux enfants du principal organisateur de la marche, a appris le Jewish Community Relations Council en examinant des vidéos.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par un contre-manifestant pro-palestinien a notamment donné à voir des affrontements.
Sur l’une de ces vidéos, datée du 17 août, on entend le contre-manifestant, Eric Gross, crier : « Un millier d’enfants de moins d’un an ont été assassinés par l’armée israélienne », ce à quoi une membre du groupe Run For Their Lives semble rétorquer : « Ce n’est pas assez ». Gross suit ensuite le groupe le long du centre commercial Pearl Street de Boulder, où les marches sont organisées, pour se rapprocher de la femme qui, selon lui, lui a répondu – et qui a ensuite été exfiltrée sous protection policière.
Dans un communiqué diffusé cette semaine, les organisateurs de la Marche ont désavoué la réponse faite par cette femme en disant : « Nous avons eu connaissance d’une publication sur les réseaux sociaux issue de notre marche du 17 août dans laquelle on entend des propos inappropriés et offensants, tenus par l’un de nos marcheurs. L’opinion de cette personne ne reflète en aucun cas celle de Run For Their Lives. »
Le groupe a par ailleurs signalé que la femme accusée d’avoir tenu ces propos n’en était en fait pas l’auteure et qu’elle avait malgré tout fait l’objet de menaces à la suite de la diffusion des images.
Aaron Stone, qui se présente au conseil municipal de Boulder, a été l’un des contre-manifestants les plus virulents. Il aurait traité Rachel Amaru, la fondatrice de la branche de Boulder de Run for Their Lives, de « nazie », selon CBS Colorado.
Amaru a déclaré à 9News : « Si on m’attaque, c’est à 100 % parce que je suis juive », ajoutant que « Traiter un Juif en ce moment de ‘nazi’ à Boulder est totalement exagéré ».
Lorsqu’on lui a demandé s’il regrettait d’avoir traité Amaru de « nazie », Stone a déclaré à CBS Colorado qu’il concédait que c’était « un mot très fort » mais qu’il assumait en revanche ses contre-manifestations face au groupe.
« Ce n’est pas le Juif que je vois », a déclaré Stone. « Je vois une personne qui descend dans la rue pour parler de 20 otages alors qu’il y a 2 millions d’otages palestiniens à Gaza. »
A l’avenir, le groupe ne fera plus l’annonce publique du lieu choisi pour sa marche et renforcera son dispositif de sécurité, a expliqué le Jewish Community Relations Council. D’autres organisateurs d’événements juifs et israéliens ont pris semblable décision pour échapper aux manifestations pro-palestiniennes depuis le début de la guerre à Gaza.
« Il est réellement regrettable qu’après avoir été victimes de cette effroyable attaque à la bombe incendiaire, le 1er juin dernier, qui a entraîné la mort d’un membre de la communauté, nos participants fassent l’objet d’un tel harcèlement qu’ils doivent taire leurs activités pour des raisons de sécurité », a écrit sur X l’Anti-Defamation League of the Mountain States.
Tara Winer, membre du conseil municipal de Boulder, qui est juive, a déclaré à 9News qu’elle avait défilé avec le groupe il y a de cela plusieurs semaines, mais qu’elle avait décidé de partir après avoir entendu des chants antisémites.
« Je fais face à des agitateurs toutes les deux semaines, sinon plus, mais là j’étais en week-end, je ne voulais pas rester là à les écouter encore et encore », a déclaré Winer à 9News en faisant allusion aux commentaires susceptibles d’être tenus lors des réunions du conseil municipal. « Je pense que j’ai été prise pour cible. Oui, sans aucun doute. »
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