Boycott d’Israël : Des collectifs mobilisés pour une grève internationale de dockers
Plus de vingt ports méditerranéens sont en grève pour dénoncer l'acheminement d'armes vers Israël, l'armateur Zim et ce qu'ils appellent la militarisation des infrastructures portuaires
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Ce vendredi 6 février, une dizaine de collectifs se sont rassemblés sur un rond-point menant au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos. Officiellement, il s’agissait d’apporter leur soutien aux dockers de plus de vingt ports méditerranéens engagés dans une journée de grève internationale pour Gaza. Dans les faits, la mobilisation a surtout mis en avant une revendication centrale et controversée : le boycott économique d’Israël.
Aux alentours de midi, alors que le trafic s’intensifiait sur la départementale 268 en direction de Port-Saint-Louis-du-Rhône, drapeaux palestiniens et banderoles ont été déployés pour dénoncer la guerre à Gaza et la militarisation des infrastructures portuaires. Les manifestants ont pointé du doigt ce qu’ils considèrent comme la responsabilité directe des ports, des armateurs et des gouvernements occidentaux dans la poursuite du conflit.
Les dockers mobilisés dans plus de vingt ports, notamment en Italie, en Grèce, au Pays basque, en Turquie ou encore au Maroc, entendent ainsi peser sur les flux commerciaux internationaux. Une stratégie revendiquée par les collectifs présents, qui voient dans les ports un maillon clé de l’économie de guerre.
« La lutte contre ce qui se passe à Gaza passe aussi par le désarmement des chaînes logistiques », déclare au journal La Marseillaise une représentante du collectif Stop Arming Israel, qui a souhaité conserver l’anonymat. « De la fabrication au transport routier, jusqu’au fret maritime qui concentre l’essentiel du commerce mondial, tout ce système doit être interrogé et stoppé », affirme-t-elle.
À Fos-sur-Mer, cette logique se traduit par des appels explicites au boycott de l’armateur israélien Zim. « Cet armateur affrète de manière hebdomadaire des navires à destination de Haïfa, avec des cargaisons qui peuvent inclure du matériel militaire », déclare à La Marseillaise Juliette Simon, membre du collectif violament anti-israélien, BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), qui milite pour une pression économique accrue contre Israël.
Pour Thierry Louchon, président du collectif Solidarité Palestine, également cité par La Marseillaise, cette stratégie s’inscrit dans une approche assumée de boycott économique. « L’isolement diplomatique et économique est un levier essentiel. En Afrique du Sud, c’est d’abord la mobilisation populaire qui a fait tomber l’apartheid, mais le boycott, qu’il soit économique, culturel ou sportif, a aussi joué un rôle déterminant », dit-il.
Cette stratégie de boycott et de perturbation des livraisons n’est pas nouvelle : en août 2025, les dockers de Marseille-Fos avaient déjà fouillé des milliers de conteneurs pour tenter de localiser des caisses contenant des maillons destinés à des bandes de munitions pour armes automatiques, destinées au navire Contship Era à Haïfa. L’opération avait été coordonnée avec leurs homologues italiens à Gênes, prêts à empêcher le navire de poursuivre sa route. Après plusieurs jours d’immobilisation et l’intervention de l’association de juristes JURDI (Juristes pour le respect du droit international), le navire avait finalement appareillé sans les caisses, renvoyées à l’expéditeur, la société marseillaise Eurolinks.
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