Budget 2026 : Smotrich fustige les dépenses de la défense, envisage des baisses d’impôts
Le ministère de la Défense est critiqué pour ses pratiques budgétaires inefficaces au détriment des affaires sociales et de l'éducation ; le ministre des Finances veut imposer une nouvelle taxe aux banques
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a sévèrement critiqué mardi les autorités de la défense pour leur gestion inefficace des dépenses, tout en s’engageant à réduire l’impôt sur le revenu et à imposer une nouvelle taxe aux banques, alors qu’il dévoilait les grandes lignes du budget de l’État israélien pour 2026, après deux années de flambée des dépenses liées à la guerre.
« L’establishment de la défense ne peut pas continuer à jouer sur les deux tableaux », a déclaré Smotrich.
« D’une part, c’est un système qui a un grand appétit et un grand besoin de fonds, et d’autre part, il devra faire un travail difficile pour gérer cette ressource. »
Smotrich a appelé à la mise en place de mesures d’efficacité pour lutter contre les dépenses militaires excessives, alors qu’il présentait un premier projet de budget national basé sur un objectif de déficit de 3,2 % du produit intérieur brut (PIB), afin de permettre à l’économie de passer de la guerre à la croissance.
Le déficit budgétaire de 2024 a atteint 6,9 % du PIB, en raison de l’augmentation des dépenses de défense et civiles, consécutive à la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, qui a éclaté en octobre 2023, ainsi qu’aux conflits qui ont suivi contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, au Liban, et contre la République islamique d’Iran. Il s’est depuis réduit à 4,7 % en septembre.
À ce jour, le conflit de deux ans a coûté 250 milliards de shekels à l’économie, dont 180 milliards pour les besoins directs de la défense et de la sécurité, a déclaré Smotrich.
« Il est très important de maintenir la sécurité d’Israël tout en soutenant l’économie civile », a affirmé le ministre des Finances.
« Nous avons accordé aux forces de sécurité le budget dont elles avaient besoin, sans limite. »
Le budget de la défense sera nettement plus important qu’avant la guerre, mais il ne pourra pas rester au niveau actuel… Nous sommes parvenus à des accords à ce sujet et je pense qu’ils seront respectés », a-t-il averti.
Lors de la conférence de presse, le directeur général du ministère des Finances, Ilan Rom, a également pris la parole pour critiquer le système de défense, qu’il a qualifié de « gaspilleur », et a appelé à des changements structurels dans la gestion des dépenses militaires pour plus d’efficacité.
Il a accusé le système de défense de mauvaise gestion, citant en exemple le « gaspillage » de fonds pour des rappels inutiles dans le cadre du service de réserve.
« On nous raconte des histoires sur les tâches ménagères dans les réserves, les tâches de garde dans les réserves, une semaine de travail suivie d’une semaine de repos… Ce ne sont pas des combattants », a-t-il déclaré.
« Chaque shekel qui n’est pas gaspillé est un shekel investi dans les affaires sociales et l’éducation », a fait remarquer Rom.
« Le budget de la défense est la pierre angulaire du budget, et il déterminera la forme que prendra ce dernier », a-t-il averti.
En réponse, le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, a déclaré que le ministre des Finances « exploitait une fois de plus cyniquement la force de réserve, à laquelle nous sommes tous redevables, dans le seul but de créer un écran de fumée et d’inciter à la discussion sur des questions fondamentales : la nécessité, pour des raisons de sécurité, d’investir dans le rétablissement des capacités et le renforcement des forces de Tsahal et des institutions de défense face aux menaces émergentes, notamment les tentatives accélérées de reconstruction de l’Iran ».
Le budget de la défense pour cette année s’élève déjà à 163 milliards de shekels, et devrait atteindre 90 milliards de shekels en 2026, soit 4,5 % du PIB, selon Smotrich.
Lors de la conférence de presse, Shmuel Abramzon, économiste en chef du ministère des Finances, a révisé à la baisse les prévisions de croissance du pays pour 2025, les ramenant de 3,1 % à 2,8 %. Cette prévision reste toutefois supérieure à celle de la Banque centrale israélienne, qui table sur 2,5 %. Pour 2026, le ministère prévoit une accélération de la croissance économique, qui devrait atteindre 5,1 %.
Parallèlement, Smotrich s’est dit confiant dans la résilience économique du pays pendant la période de guerre, soulignant qu’il dispose « des outils et du potentiel nécessaires pour passer rapidement de la guerre à la croissance ».
Smotrich a annoncé que le gouvernement travaillait sur un plan visant à réduire l’impôt sur le revenu, ce qui, selon lui, encouragera les gens à rejoindre le marché du travail et augmentera le revenu disponible des ménages.
« Nous allons également renforcer la concurrence dans le secteur bancaire et réduire le coût du crédit pour les petites entreprises en ouvrant le marché financier à de nouveaux acteurs dans le domaine des dépôts », a-t-il ajouté.
Smotrich a fustigé les banques du pays pour avoir engrangé d’énormes profits tout en versant de faibles intérêts sur les comptes de dépôt et en augmentant les taux d’intérêt sur les découverts.
« C’est un comportement intolérable », a-t-il souligné.
« Nous travaillons sur un modèle fixe pour imposer une nouvelle taxe aux banques qui sera fonction du taux d’intérêt. »
Selon le calendrier présenté par le ministère des Finances, le budget 2026 sera soumis à l’approbation du gouvernement le 4 décembre. Il sera ensuite soumis à la Knesset pour une première lecture début janvier, puis pour une deuxième et une troisième lecture en mars. Conformément à la loi, il doit être adopté avant la fin du mois de mars, faute de quoi des élections législatives anticipées seront déclenchées.
la Communauté du Times of Israël !







